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Grand maître
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  • Grand maître Demandé le 2 mars 2018 dans Question de langue

    Cette méthode du préfixe accolé simplement à une racine reste une grande pourvoyeuse de néologismes et l’on ne peut pas trouver grand-chose à y redire sur le principe . À ce jour, par exemple, le CNRTL compte environ 400 mots (dits vedettes, ensuite déclinables) commençant par anti.  Il existe par ailleurs des dizaines de préfixes similaires, courants ou plus techniques.

    Pour être recevable et simple, l’utilisation d’un préfixe n’en pose pas moins des problèmes d’application :
    1. Il faut éviter les confusions de graphies et de sens : anti- (contre) n’est pas ante- (avant) ni anto- (à la place). Aussi ancien soit-il, le mot antidater est une mauvaise déformation de antedater.
    2. Il faut qu’il reste prononçable et conforme à certaines pratiques de base (rapport entre deux voyelles consécutives et usage ciblé du trait d’union notamment).
    3. Il faut qu’il évite les confusions sémantiques : antichiens signifie-t-il « qui n’aime pas les chiens » (ce serait plutôt caniphobe), « qui a une idéologie orientée contre la race canine » (modèle anticommuniste), « qui s’oppose à la consommation de la chair de toutou » (modèle antiviande), qui éloigne les chiens (collier antipuces) ou permet de lutter contre eux (antichar) ?
    4. Ne pas entrer un conflit avec un mot déjà implanté désignant la même réalité.

    Moyennant quoi, chacun est libre de se fabriquer son lexique s’il a la politesse de prévenir son lecteur de ses créations avec une bonne paire de guillemets et encore mieux en définissant le terme en cas de risque de confusion (parenthèses, note de bas de page).

    Mon avis propre est qu’il s’agit là d’une méthode assez rudimentaire dont on a vite fait d’abuser et qui ne saurait remplacer des tournures bien construites et des phrases claires à partir de mots précis. Malgré les apparences, cette manière de faire traduit de nos jours un manque de vocabulaire et entraine un appauvrissement de la langue.

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  • Grand maître Demandé le 1 mars 2018 dans Conjugaison

    Une campagne d’affichage a récemment  déchainé des torrents de commentaires. Vous pouvez la découvrir ci-dessous. Il a été difficile dans l’agitation de se faire une opinion et il a fallu attendre pour avoir une analyse sereine.  Je vous propose de la découvrir ici, riche d’exemples commentés et d’avis des grammairiens (tous d’accord pour une fois !)
    La lecture est un peu ardue, mais on ne saurait mieux démontrer que les si et les -rais peuvent faire bon ménage sous réserve qu’ils n’expriment pas le  couple — certes le plus courant — d’une hypothèse et de sa réalisation.
    Votre exemple me semble relever de ce cas de figure : « Comme si tu m’aurais écouté ! » n’exprime pas une condition mais une des nuances mentionnées au début du second paragraphe (l’emphase dirais-je).
    Malgré les apparences, rien de plus normal donc…

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  • Grand maître Demandé le 28 février 2018 dans Accords

    Les accords par syllepse sont finalement très nombreux en français : compléments de noms, noms en apposition, etc.  Sur les 4 631 questions posées à ce jour sur ce site, très nombreuses sont celles qui y font référence, engendrant beaucoup de tergiversations et de litiges inutiles.
    Cela souligne à mon sens, une fois de plus, la vanité de certaines règles de graphie. De nombreux grammairiens modernes proposent l’invariabilité des participes après avoir. L’accord est une nuance inaudible pour la plupart des verbes (premier et deuxième groupes)  et souvent peu porteuse de sens à l’écrit, mais consomme une énergie disproportionnée pour être comprise et correctement appliquée.
    Il y a là matière à réflexion…

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  • Grand maître Demandé le 27 février 2018 dans Accords

    De mémoire, cette question n’a pas effectivement été traitée comme telle depuis la création du site.
    Il s’agit à mon sens d’un accord par syllepse, c’est-à-dire non strictement grammatical mais dépendant du sens. Je me baserai sur votre phrase légèrement modifiée :
    c’est une femme que j’ai vu cette nuit-là : ce que j’ai vu (neutre) est bien une femme.
    — c’est la femme que j’ai vue cette nuit-là : la femme que j’ai vue (féminin) est bien celle-là.
    Il faut donc accepter la difficulté consistant à ne pas avoir un accord « mécanique » mais dépendant de l’ensemble de la phrase et du contexte. 

    P.S. On entend la différence avec un verbe du 3e  groupe :
     c’est une bombe que j’ai découvert ;
     c’est la bombe que j’ai découverte  dans le sac.

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  • Grand maître Demandé le 26 février 2018 dans Général

    Depuis 1990, l’élément formant anti-  fait partie de la cinquantaine de préfixes que l’Académie préconise de souder dans l’immense majorité des cas. Cela règle donc le cas général et vous risquez peu à souder systématiquement. Voir ici.
    Les exceptions proviennent essentiellement des risques de prononciation défectueuses mais ne concernent pas anti-. Si la racine du mot qui suit commence aussi par un i, on garde le trait d’union (cas rare, anti-intellectuel par exemple).
    De toute façon, vous pouvez toujours garder le trait d’union si cela vous chante : cela règle au moins le problème de se déplacer avec trois dictionnaires pour savoir ce qu’il faut faire !

    P.S. Suite à un commentaire :
    – Cette réponse ne cautionne pas la création de néologismes, par définition question de pratique et d’usage ;
    – Les règles relatives à la soudure des rectifications de 1990 portent les numéros A1 à A5, notamment la A3 : Le trait d’union est remplacé par la soudure dans les composés d’éléments savants […]. Il ne s’agit pas de listes fermées de mots modifiés, mais de recommendations générales, incluant donc aussi les mots nouveaux et à venir ;
    – Il ne s’agit là que de codifier l’évolution continue de la langue écrite qui engrange depuis des siècles des mots soudés au détriment des traits d’union initiaux.

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  • Grand maître Demandé le 22 février 2018 dans Accords

    Cette question est récurrente : voir ici la dernière conversation  sur ce site et ma propre réponse utilisable pour votre question.
    L’accord du participe passé avec le verbe avoir n’a pas fini d’empoisonner – à mon sens un peu inutilement – la vie de ceux qui se préoccupent de bien écrire. On comprend qu’un groupe de grammairiens planche actuellement sur le sujet de sa rationalisation…

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  • Grand maître Demandé le 20 février 2018 dans Accords

    Le sujet est intéressant mais demanderait des développements trop longs. Il y a certes de nombreux enchainements de temps recommandés et à connaitre pour la vie courante, mais les approches littéraires mènent souvent à l’ensablement.  On trouve dans la littérature classique des exemples discordants selon les époques et ce que l’on peut qualifier de modes.
    Pour ce qui est des deux exemples que vous citez, il ne me semblent en revanche pas relever de structures syntaxiques complexes : il faudrait aligner les passés composés ou les plus-que-parfaits entre eux. Il ne s’agit pas là de faire concorder le temps d’une subordonnée avec celui de la principale, mais d’avoir un temps de narration cohérent, les propositions étant simplement juxtaposées par « et ».
    Je ne vois par ailleurs aucun effet de style mais une simple maladresse comme j’en corrige tant dans les ouvrages que je révise…

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  • Grand maître Demandé le 18 février 2018 dans Accords

    Je ne réponds qu’au point 4 de votre question.
    À partir du moment où un mot d’origine étrangère est francisé et lexicalisé (reconnu par les dictionnaires de références), il doit prendre les attributs des autres mots de la langue : accents, trait d’union et marque du pluriel régulier. Or seuls les mots se terminant par s, x ou z ne sont pas suivis par un s pour former le pluriel.
    Je découvre que Le Robert comme Le Larousse donnent pourtant « cool » et « sexy » comme invariables. Cela n’a pas de sens et introduit de nouvelles exceptions injustifiées : ces deux mots supportent fort bien le s comme tant d’autres mots.
    Passant outre ces préconisations, et m’exposant une fois de plus à être critiqué pour défendre des règles contre des exceptions (surtout contemporaines), je conseille donc l’écriture avec accord en nombre : sexys et cools. Ces graphies se rencontrent d’ailleurs de plus en plus.

    Il n’y a en revanche pas de contrindication à considérer ces mots comme épicènes, donc sans marque du féminin. Aucune règle par défaut n’existe pour la formation du féminin et seul l’usage tranchera éventuellement.

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  • Grand maître Demandé le 17 février 2018 dans Question de langue

    Aucun des usages reconnus de « constituer » ne s’applique dans une telle phrase. Il s’agit banalement d’une dérive sémantique, d’un « équivalent pompeux » comme le souligne le CNRTL.
    On ne peut en vouloir aux correcteurs de Wikipédia qui abattent une tâche colossale de contrôle des contributions sans pouvoir entrer dans toutes les nuances de sens. Le mieux est de corriger comme suit : « Ce téléfilm,  le 20e épisode de la série, … « 

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  • Grand maître Demandé le 10 février 2018 dans Général

    Vous trouverez  ici une analyse fouillée montrant que ni l’usage ni la grammaire n’ont pu trancher entre les deux formes, et ce quel que soit le sens.
    Une analyse de fréquence dans les ouvrages publiés le confirme : Ngram.
    Vous pouvez donc vraiment utiliser singulier ou pluriel sans état d’âme.

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