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Le classement par le TLF de savoir comme « nom » ou « verbe » dans ces noms composés n’a pas grande importance. C’est l’ensemble qui est substantivé par le trait d’union et un article, et la marque du pluriel au premier des mots n’a pas de sens, qu’il soit verbe ou verbe substantivé. Le laisser-faire, le faire-savoir ou d’autres composés similaires l’illustrent bien. Pour certains de ces mots, on peut d’ailleurs s’interroger sur l’utilité autre qu’académique d’un pluriel : on peut concevoir des savoir-faire pour des métiers différents, mais que signifie vraiment des savoir-être ?
Au-delà des arguties orthographiques, il faut savoir faire jouer la logique, c’est le meilleur arbitrage qui soit. Malheureusement les autorités linguistiques, l’Académie en tête, ne cessent de protéger des exceptions arbitraires dans tous les domaines et sèment le doute en permanence. Il faut faire avec hélas…- 73244 vues
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C’est un sujet de réflexion : certains noms s’emploient effectivement au pluriel avec une acception plus ou moins différente du singulier : des aides (publiques, les subventions) ne sont pas le pluriel direct d’une aide matérielle ou psychologique reçue d’une personne. Les cendres d’une personne ne sont pas le pluriel de la cendre d’une combustion. Il y a des dizaines de cas similaires.
Dans votre exemple, les bruits de couloir (rumeurs) ne sont pas le pluriel d’un bruit (phénomène sonore) dans un couloir matériel.
Selon moi, si le contexte est clair et si la différenciation sémantique est réelle, il ne faut pas hésiter à accorder aucun au pluriel :
– Je n’ai entendu aucun bruit de (du) couloir ne se comprend pas de la même manière que Je n’ai entendu aucuns bruits de couloir. Dans ce cas précis, j’opterais pour la seconde formulation.- 7837 vues
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Vous avez raison de vous interroger car la réponse est loin d’être évidente. Il s’agit d’une difficulté délicate traitée par le Projet Voltaire (je n’ai hélas pas de lien) pour le niveau Excellence de la certification.
Vous trouverez dans cet excellent blogue une réponse circonstanciée même si elle demande un peu de concentration.
Pour faire simple, vous accordez l’article si le superlatif est relatif, vous n’accordez pas s’il est absolu. :
1. Relatif : Avoir réussi socialement, avoir écrit un chef d’oeuvre méconnu ou être dans le dictionnaire , de quoi êtes-vous la plus fière (sous-entendu parmi tout cela) ?
2. Absolu : Dans votre vie, madame, de quoi êtes.vous le plus fière (valeur de degré, d’intensité).
Il s’agit d’une nuance très littéraire que peu de gens vous reprocheront de ne pas avoir respectée.- 17291 vues
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Il n’y a pas vraiment de règle concernant les composés de « maitre » lorsque celui-ci désigne une personne. Les objets s’écrivent, eux, systématiquement avec un trait d’union : maitre-autel, maitre-à-danser (un compas !), maitre-couple, etc.
Pour les personnes, la dominante des dictionnaires de référence est l’absence de trait d’union et seuls quelques termes en bénéficient :
– Larousse : maitre-chien, maitre-nageur, maitre-penseur ;
– Le Robert : uniquement maitre-chien ;
– CNRTL : maitre-chanteur, maitre-fournier (vieux).
En fait, il s’agit d’une simple juxtaposition de deux noms, modulable avec différentes professions, sans qu’il y ait besoin de lexicaliser l’ensemble. « Maitre savonnier » est donc préférable.N.B. Pour rester à Marseille (et à son savon), Pagnol dans Marius fait intervenir le personnage de Panisse, maitre voilier. Enfin, en fouinant dans ma bibliothèque préférée, je vous ai trouvé l’adresse d’un contre-maitre savonnier qui vous expliquera tout en détail…

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Pour ceux qui aiment les demi-mesures…
On peut toujours être pointilleux certes, mais il n’est pas de la vocation de cuillères à café d’être emplies aux 5/8 ou même à moitié. Je n’ai jamais vu de telles recettes !
Il faut garder au certificat Voltaire son côté pragmatique, même si les difficultés sont parfois assez littéraires…- 3318 vues
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La langue parlée courante est parfois effectivement laxiste sur l’inversion de la proposition. Mais on doit bien changer la formulation si l’on modifie la tournure :
« J’irai à la réunion.
— Moi aussi. »
Mais :
« Je n’irai pas à la réunion.
— Moi non plus. »- 2259 vues
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Tout n’est pas dans les dictionnaires et il existe heureusement quelques règles ou conventions qui permettent souvent de s’en passer.
Dans le cas de surnoms, on applique la même règle que pour les civilités « normales » et le surnom est doté d’une majuscule :
— Alors, madame Je-sais-tout, on fait moins la fière devant une dictée bien corsée ! Notez la minuscule et l’écriture complète du titre de civilité lorsqu’on s’adresse à quelqu’un ;
— Je suis fatigué de ce M. Je-sais-tout qui s’épanche toute la journée sur le site. Forme abrégée du titre de civilité lorsqu’on parle de quelqu’un.On peut néanmoins considérer qu’il ne s’agit pas d’un surnom pour une personne donnée mais d’un nom commun. Dans ce cas, minuscule partout : J’en ai assez de ces messieurs je-sais-tout qui viennent nous en remontrer.
On peut trouver d’autres graphies, mais ces exemples ont l’avantage de conserver toute leur cohérence aux pratiques typographiques courantes.
Cette réponse a été acceptée par sabcdefg. le 27 août 2018 Vous avez gagné 15 points.
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Vous avez raison dans ce cas. Il n’y a pas de C.O.D. antéposé, le verbe est sous-entendu et on n’accorde donc pas.
L’autre erreur présumée (accord avec Majesté ou d’autres titres je pense ) n’en était pas une car il s’agit d’un choix fait par le Projet Voltaire qui cautionne un usage dominant.
L’ouvrage L’Officiel du Certificat Voltaire bénéficie d’une page de présentation sur leur site permettant des remarques et des réponses directes de leur part : Page dédiée.
Vous pouvez signaler (après avoir éventuellement vérifié sur ce site) ce qui vous semble être une anomalie en référençant la page et la ligne concernée. Les membres de ce site ne sont pas liés à l’éditeur (L’Étudiant) et ne peuvent intervenir.- 4012 vues
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Le site du Figaro usurpe de plus en plus son image de référence en matière de langue : les erreurs y pullulent. Là, il y a visiblement télescopage entre plusieurs expressions avec « diable » pour afficher une expression hybride avec une erreur au bout.
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Comme le souligne le CNRTL, le renforcement par »jour » de hui (latin ho die) est une spécificité française difficilement explicable. Mais comme cela date du XIIe siècle, plus personne ne se pose la question. On a déjà fort à faire pour se débarrasser de l’envahissant au jour d’aujourd’hui !
L’emploi de hui seul ou de aujourd’hier peut avoir son charme dans un texte décalé, mais il n’est pas sûr que tout le monde vous comprenne. Il faut que le reste de votre texte soit à la hauteur de vos acrobaties verbales…
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