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  • Grand maître Demandé le 20 décembre 2018 dans Question de langue

    Même si on trouve quelques mentions de l’adjectif « régulatoire » dans des textes depuis le milieu du XIXe siècle (voir un Ngram ici), il  est resté longtemps cantonné à des domaines techniques comme la théologie ou la médecine.
    Il a émergé après la seconde guerre mondiale, sans doute sous l’influence de l’anglo-américain regulatory, mais reste  curieusement absent des dictionnaires de référence. Le Wiktionnaire donne une définition assez embryonnaire.
    Par défaut, on peut se sentir autorisé à établir la corrélation avec régulation et réguler qui eux sont bien définis. Il ferait donc double emploi avec régulateur qui est à la fois un adjectif et un nom, mais semble plus utilisé dans cette dernière fonction. Finalement, c’est au choix selon le contexte, régulatoire étant plus présent dans des domaines comme l’économie.

    Un particularisme est principalement, selon le CNRTL, la « tendance d’un groupe à conserver ses traits particuliers, distinctifs ».  Une particularité peut donc se comprendre comme un élément constitutif d’un particularisme.

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  • Grand maître Demandé le 19 décembre 2018 dans Question de langue

    De nombreux verbes, en général très fréquents, sont polysémiques et admettent des constructions variées et des prépositions qui en précisent le sens.
    Lorsque c’est le même sens (ici passer signifie « aller ») et la même préposition (ici « à »), il faut encore tenir compte des formes figées ou des sens secondaires. La construction « passer à » appelle normalement le nom avec son article comme complément circonstanciel de lieu, mais voici quelques cas particuliers :
    – passer à tabac : complément de manière. La locution est figée (déformation de à tabas, qui a donné tabasser) ;
    – passer à table : sens secondaire par métonymie. Cela ne signifie pas « passer à la table » au sens de lieu, mais « déjeuner ».
    – passer à confesse : sens secondaire populaire (= en confession).
    Il y en a peut-être d’autres.

    Vous pouvez appliquer cette grille d’analyse à de multiples verbes et tournures. C’est une source inépuisable de découvertes…

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  • Grand maître Demandé le 18 décembre 2018 dans Question de langue

    La barre de fraction porte bien son nom et, hormis quelques emplois très techniques, on ne devrait pas la voir dans les textes courants. La raison en est simple : elle n’a pas de signification intrinsèque et fait buter le lecteur sur son interprétation, ce qui va à l’encontre de l’objectif recherché avec une typo de qualité. Il faut s’exprimer en clair.
    Que les Canadiens l’aient adoptée pour divers usages n’a pas d’influence, leur code s’écartant du français en de nombreux points pour se rapprocher de l’anglais (eh oui…).
    Quant aux citations d’auteurs, elles n’ont aucune exemplarité en typographie : elles sont vraiment du ressort des correcteurs et éditeurs (je suis placé pour le savoir).  L’orthographie est relativement normée mais typographie et mise en pages sont éminemment variables.
    La question serait anecdotique si trop de rédacteurs n’abusaient de nos jours de ce raccourci aussi ambigu qu’inesthétique.

    N.B. Je suis un peu marri de voir Mᵐᵉ Sallenave laisser passer cela dans son texte pourtant tout ce qu’il y a de plus académique. Mais chacun sait que la typographie est le cadet des soucis du Quai Conti…

    Cette réponse a été acceptée par Zully. le 18 décembre 2018 Vous avez gagné 15 points.

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  • Grand maître Demandé le 14 décembre 2018 dans Question de langue

    Bonjour Zully,

    Au-delà de la question de formulation de la phrase, il n’est pas inutile de signaler que son contenu est devenu sujet à péremption.
    L’Académie a en effet pris acte de la modification de l’usage en matière de prononciation. On peut donc écrire et prononcer répartie et répartir  sans se faire rétorquer que c’est une erreur…
    On avait déjà  constaté le même phénomène avec refréner-réfréner  ou reviser-réviser  (voir la note de prononciation du CNRTL ici).
    Les rectifications de 1990 (règle F3) ont par ailleurs entériné diverses modifications d’accent pour une trentaine de mots.

    P.S. Vous trouverez une analyse linguistique plus technique dans cet article du CNRTL.

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  • Grand maître Demandé le 10 décembre 2018 dans Accords

    À toutes fins utile(s), rappelons que l’Académie a émis en 1990 une recommendation générale pour rationaliser l’accord des noms composés, interminable source d’hésitations :
    B1. Les noms composés, avec trait d’union, formés à l’origine soit d’une forme verbale et d’un nom, soit d’une préposition et d’un nom, perçus comme des mots simples, prennent la marque du pluriel au second élément, seulement et toujours lorsqu’ils sont au pluriel (ex. : un essuie-main, des essuie-mains, un cure-ongle, des cure-ongles, un garde-meuble, des garde-meubles – qu’il s’agisse de personnes ou de choses -, un après-midi, des après-midis).
    C’est simple et clair, notamment pour nombre d’exemples donnés dans les échanges ici même. 
    Pour ce qui est des verbes substantivés (comme lancer ), ils prennent la marque normale du pluriel. On se demande où sont les justifications pour d’éventuelles exceptions…

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  • Grand maître Demandé le 9 décembre 2018 dans Général

    Il y a de nombreux auteurs reconnus, mais le plus partagé et diffusé selon mon expérience est celui de Maurice Grevisse (et ses successeurs). Il vient de faire l’objet d’une nouvelle édition, Le petit bon usage de la langue française, qui a l’avantage d’être beaucoup plus lisible que les versions précédentes. Il répond à toutes les questions courantes pour un prix modéré (29 €). Je viens personnellement de le placer en tête de mes références, ce qui n’empêche pas de trouver ponctuellement, ailleurs, des approches différentes pour des points délicats ou rares.

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  • Grand maître Demandé le 9 décembre 2018 dans Général

    La langue juridique – comme celle de l’Église – semble imperméable à nombre d’évolutions et de critiques de la société dans laquelle elle s’inscrit  Sans doute est-ce la trace d’un ancien pouvoir social, parfois fondé sur l’obscurité pour le profane…
    À ce nul et non avenu, on peut ajouter Pour servir et valoir ce que de droit ou en même et semblable état, formules pompeuses qui fleurent bon les grimoires d’antan mais que de nombreux juristes sont les premiers à dénoncer.

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  • Grand maître Demandé le 3 décembre 2018 dans Accords

    Comme le rappelle le CNRTL (TLFi) dans le point II, il existe bien en imprimerie une gamme de polices qui s’appelle les « scriptes ». Le mot s’écrit plutôt avec minuscule car il s’agit d’une famille, la majuscule s’appliquant alors au nom propre à chaque police. Mais c’est sans gravité…

    Comme il vaut mieux lire le Bon Dieu que ses saints, je vous invite à prendre le temps de parcourir l’article classification typographique  dans Orthotypographie de J.-P. Lacroux.
    Je ne peux donc que vous conseiller d’écrire, par exemple : un passage composé entièrement en scriptes. Il est alors redondant de mentionner qu’il s’agit de « lettres ».

    L’époque numérique et les besoins publicitaires ont donné naissance à quantité de polices de ce type, dont vous pouvez avoir une idée sur ce site.

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  • Grand maître Demandé le 29 novembre 2018 dans Général

    Sans avoir consulté en détail la liste intégrale des États, des villes, des Provinces et d’autres entités administratives ou géographiques, je pense qu’il est difficile de trouver une règle quelconque dans leur genre. C’est un pur critère d‘usage résultant de nombreux éléments : histoire, euphonie, habitude. Souvent, c’est le mot rattaché à la désignation officielle complète : une république, un royaume, les iles, etc, 
    Il existe d’ailleurs des flottements dans l’usage constaté pour quelques États  comme Bélize, Mozambique, Bélarus…
    En cas de doute, le mieux est de se reporter aux habitudes de journaux de référence comme Le Monde.

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  • Grand maître Demandé le 27 novembre 2018 dans Général

    Sauf exception – que je ne vois pas –, italique et guillemets se parasitent joliment ! Chaque signe a sa vocation et les empiler est cause de tracas.
    Dans votre exemple, on ne saisit pas l’intérêt des guillemets : dans ces couples de mots, français avec sa traduction, le mieux est de recourir au cas courant : mot français (en romain)  (trait d’union, la barre oblique n’a rien à faire là) mot étranger (italique des mots non francisés). Selon votre texte, vous pouvez aussi adopter les parenthèses (qui sont indépendantes de leur contenu). Vous pouvez donc écrire :
    — le couple fleur-flower ;
    — le mot fleur (flower ).

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