Complément du participe ?

Bonjour,

Dans le test d’entrainement à la Certification Voltaire, cette règle est apparue :

« les villes que j’ai eu à visiter » ou « que j’ai eues à visiter » ?

Le participe passé des verbes séparés de l’infinitif qui suit par une préposition (« avoir à », « donner à », etc.) reste invariable quand le complément d’objet direct placé avant le participe est manifestement complément dudit infinitif (les villes que j’ai eu à visiter).
L’accord est pourtant possible (mais non obligatoire) quand le complément d’objet direct est d’abord perçu comme complément du participe (les livres qu’on m’a donné(s) à relier).

Je ne comprends absolument pas la différence entre les deux exemples donnés (les villes que j’ai eu à visiter, les livres qu’on m’a donné(s) à relier) et ce qu’est le complément du participe, plus comment l’identifier.

Merci à celle, ou celui, qui saura m’expliquer la règle simplement 🙂

Virginie

vicris107 Débutant Demandé le 29 novembre 2014 dans Accords
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6 réponse(s)
 

Bonjour

« Villes » est COD de visiter, pas de avoir, donc pas d’accord : que j’ai eu à visiter.

Pascal

Mafaldo Débutant Répondu le 29 novembre 2014
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Suite :

Les livres qu’on vous a donnés à relier sont COD de relier et de donnés. On vous a donné des livres pour que vous les reliiez.  1 COD pour 2 actions.

Pascal

Mafaldo Débutant Répondu le 29 novembre 2014
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oui il faut se dire que vous « n’avez » pas les villes (dans l’exemple des villes que j’ai eu à visiter). Villes n’est pas l’objet de l’action !

joelle Grand maître Répondu le 29 novembre 2014
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Pourquoi dire accord pourtant possible (mais non obligatoire),  si le COD les livres, de la seconde phrase, s’applique bien à relier et donnés ?

vicris107 Débutant Répondu le 30 novembre 2014
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Vous connaissez la règle, inutile de l’énoncer à nouveau, mais on peut la comprendre ou l’assimiler, simplement, de la façon suivante :
1. Quand le COD n’est manifestement pas complément du verbe « avoir », « laisser », « donner », etc. au participe passé, il ne peut alors être que le COD de l’infinitif, il n’y a pas d’accord : « la cour qu’Augustin a eu à balayer » ; il évident qu’Augustin n’a pas eu la cour, «qu’» n’est pas COD de « eu », mais il est COD de « balayer ». L’accord est ici inacceptable.
2. Dans les autres cas, les deux sont possibles, en particulier si l’on peut aussi admettre que le COD est complément du verbe « avoir »,  » laisser », « donner » etc. au participe passé : « des  secrets qu’elle a eus à cacher à sa famille » ; on peut supposer qu’elle a eu des secrets (elle a eu quoi ? des secrets, «qu’»  «qu’» peut être analysé comme COD de « eus », il peut aussi être considéré comme COD de « cacher », on peut alors également écrire « des  secrets qu’elle a eu à cacher à sa famille ». On peut accorder ou pas.

jean bordes Grand maître Répondu le 30 novembre 2014
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Il faut aller jusqu’au bout de la règle, et pour éviter le doute, se référer au sens.

Ainsi que l’indique la règle rappelée par vicris107, l’accord est possible quand le complément d’objet direct est d’abord perçu comme complément du participe.

Or dans les deux exemples cités, ce n’est pas vraiment le cas : « livres » est clairement plus le complément de « relier » que de « donnés », car sinon la phrase perd totalement son sens ; « donner » est un auxiliaire qui ne fait que permettre la construction de la tournure et ne lui confère pas son sens. Idem avec la phrase des secrets. Cette méthode a au moins l’avantage de permettre l’arbitrage raisonné entre deux solutions techniquement possibles.

Ce n’est certes pas immédiatement intuitif, mais une bonne expression est parfois plus au prix de la réflexion que d’automatismes grammaticaux.

Chambaron Grand maître Répondu le 30 novembre 2014
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