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Oubliez cette histoire de singulier générique, elle n’a en l’espèce aucune pertinence : d’une part parce que dans bon d’intervention, intervention n’est pas générique, d’autre part parce que la généricité n’est pas l’apanage du singulier. Ainsi, le pluriel dans Les éléphants sont des mammifères est tout aussi générique que le singulier de L’éléphant est un mammifère.
Si vous appliquiez ce critère, il vous faudrait dire une réserve d’animal au lieu d’une réserve d’animaux. Diriez-vous cela ? Si oui, vous vous tromperiez, si non, vous voyez donc bien que cet argument ne tient pas. Le choix entre singulier et pluriel est une affaire de (bon) sens.
Ici, on a un singulier parce que :
un bon d’intervention = un bon qui atteste d’une intervention*.
Tout comme : un bon de commande = un bon qui atteste d’une commande ;
un bon de livraison = un bon qui atteste d’une livraison ;
un bon de retour = un bon qui atteste d’un retour, etc.Et une réserve d’animaux = un territoire (plus ou moins protégé, réglementé) sur lequel vivent des animaux.
Et donc, si un bon attestait de plusieurs interventions, on aurait bon d’interventions = bon qui attestent de x interventions.
* Dans bon d’intervention, l’absence d’article (on ne dit pas bon d’une intervention / bon de l’intervention) permet à intervention de perdre sa fonction référentielle (qui est la fonction normale d’un substantif), pour acquérir une fonction catégorisante (il prend une valeur d’adjectif relationnel), qui permet d’opposer ce bon-là à d’autres types de bons : le bon d’intervention / de commande / de retour, etc. et de faire de ce groupe de mots un mot composé.
Pour comprendre la différence entre un groupe de mots qui forme un mot composé et un groupe qui n’en forme pas, voir par exemple la table de cuisine vs la table de la cuisine – Le premier est un mot composé qui désigne un type particulier de table (où seul le mot table réfère, le mot cuisine vient dire de quel type de table il s’agit > table de cuisine = un référent : table) ; le deuxième n’est pas un mot composé, mais un groupe formé de deux mots qui réfèrent tous les deux (il est question d’un table qui se trouve dans la cuisine > table de la cuisine = deux référents : table + cuisine).- 7512 vues
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Je suis d’accord avec Joëlle pour ce qui est de ne pas accorder, en revanche je ne partage pas son analyse. Cette tournure existe à la forme non pronominale avec un sens absolument identique (et où les rôles/fonctions sont inchangés) :
J’ai fait de Catherine une ennemie / une ennemie de Catherine (avec un COI : de Catherine et un attribut du COI : une ennemie).
= Je me suis fait de Catherine une ennemie / une ennemie de Catherine.Le pronom réfléchi s’analyse comme un datif étendu (= il n’est pas nécessaire au sens du verbe), et en l’espèce plus précisément comme un datif d’intérêt (donc comme un complément indirect).
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Si vous consultez par exemple le Robert (1) ou encore la charte orthotypographique du Journal officiel (2), vous constaterez qu’il faut mettre une majuscule.
(1) Les dénominations des organismes et des administrations publiques à caractère unique dans l’État s’écrivent avec une majuscule initiale au premier nom et à l’adjectif placé avant :
(2) De façon générale, toute entité à échelle nationale prend une majuscule initiale.A contrario, s’il est question de la direction d’une entreprise, on ne mettra pas de majuscule : La direction des ressources humaines a décidé de procéder à un licenciement économique.
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Les adjectifs de nationalité sont des adjectifs relationnels, ce type d’adjectifs ne sont pas antéposables :
Cette française ville été classée au patrimoine de l’Unesco..
Cette ville française a été classée au patrimoine de l’Unesco.Par conséquent dans votre phrase, brésilienne ne peut être que substantif, et les deux termes sont en apposition* (directement), comme dans par exemple : le roi Louis XIV, le journal Paris-Match, le mont Everest ; l’apposition peut également être indirecte : la ville de Paris, le château de Versailles, un délit de fuite.
* Les deux vocables sont coréférents et dans une relation attributive : Louis XIV est un roi / Paris-Match est un journal / Paris est une ville, …, Astrud Gilbero est une Brésilienne.
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Pour avoir la réponse dans ces cas-là, il suffit souvent de modifier un peu la formulation : pour sinistre, effectivement le singulier se défend (mais le pluriel reste possible) :
Je vais leur demander de nous faire parvenir un nouvel e-mail dans ce sens pour dégager la société de toute responsabilité pour les cas où un sinistre / des sinistres (incendie, dégât des eaux, …) se déclarerai(en)t.A contrario, le singulier pour dégradation n’est guère pertinent :
Je vais leur demander de nous faire parvenir un nouvel e-mail dans ce sens pour dégager la société de toute responsabilité pour le cas où il y aurait ??? une dégradation / la dégradation / de la dégradation sur les véhicules.
… pour le cas où il y aurait des dégradations sur les véhicules.Le singulier serait pertinent si dégradation était à comprendre comme l’acte/le processus (= le fait de dégrader) et non comme le résultat de cet acte (comme c’est le cas ci-dessus) :
La dégradation / Le fait de dégrader un immeuble inscrit au titre des monuments historiques constitue un délit sanctionné par l’article 322-3-1 du code pénal.
On voit que cette substitution est impossible avec la phrase objet de la question :
… pour le cas où il y aurait le fait de dégrader sur les véhicules.- 1389 vues
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S’il n’a pas été précédemment fait mention de cette maison (genre Guillaume et sa femme ont acheté une maison de campagne l’été dernier. La bâtisse étant en fort mauvais état de nombreux travaux restent à faire, c’est ainsi que profitant de quelques vacances, avec sa femme, Guillaume s’affaire autour de leur maison), je pense qu’en toute logique grammaticale, il faudrait accorder avec le sujet, comme il est singulier on devrait donc avoir sa maison. Néanmoins, et particulièrement avec un détachement à gauche, je pense que l’accord sylleptique – donc avec les deux possesseurs – est acceptable, voire plus satisfaisant (intuitivo-cognitivement) que l’accord avec un seul possesseur ; avec un détachement à droite, ça me parait moins évident (i.e. l’accord grammatical me parait bien meilleur que celui sylleptique) :
Guillaume s’affaire autour de sa maison, avec sa femme.
Guillaume s’affaire autour de leur maison, avec sa femme.(La réponse tient tout de même beaucoup au contexte, avec un bout de phrase hors de contexte, c’est difficile de donner une réponse catégorique.)
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C’est un cas classique et bien documenté (par exemple ici ou encore là) : la non répétition du déterminant est possible si les substantifs coordonnés forment un tout. On peut en effet considérer que collèges et universités forment le tout « établissements d’enseignement », donc Tous les collèges et universités (évidemment rien n’interdit la répétition du déterminant).
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Un peu étrange ce paragraphe. M’ame Abeillé que j’apprécie beaucoup me semble en l’espèce avoir un peu perdu de son habituelle raison :
déjà, le paragraphe qui débute par « quand plusieurs adjectifs relationnels se suivent » serait censé ne considérer que ce cas, or 1/3 des cas évoqués n’y correspondent pas puisqu’il s’agit d’adjectifs relationnels associés non à des relationnels mais à des qualificatifs !
Ensuite, si on met de côté cette incohérence, aucune explication n’est donnée qui viendrait justifier cette souplesse dans l’ordre des adjectifs, or comme l’a souligné Tara, les adjectifs relationnels ont pour propriété de fonder des catégories : une voiture présidentielle = une voiture du type présidentiel vs une voiture personnelle, une voiture d’entreprise, etc. Auquel cas, le substantif et l’adjectif relationnel forment en effet un tout qui permet de désigner un type de référent et il parait dès lors difficile de les séparer : une voiture rouge présidentielle / Une résidence somptueuse royale, etc.Le problème, c’est que les adjectifs ethniques sont des relationnels d’un type particulier qui ne fondent pas (obligatoirement) des catégories. Ainsi, peut-on vraiment dire qu’un citoyen français est un type de citoyen ? C’est assez limite. De fait, si on peut facilement dire : Quel type de couscous tu préfères : le couscous brochettes, le couscous merguez, le couscous royal ? On dira difficilement : Quel type de citoyen est-il / à quel type de citoyen appartient-il : citoyen français, citoyen américain, etc ?
Je ne suis pas certain que cela suffise à permettre au qualificatif de précéder l’ethnique, ça doit dépendre des cas, en toute subjectivité le deuxième me parait plus acceptable que le premier (possiblement parce que citoyen + français forme un lien plus fort que entreprise + française) :
Bidochon, un citoyen français beauf / ?? un citoyen beauf français.
Lejaby, une entreprise française défaillante / ? une entreprise défaillante française.Par ailleurs, pour en revenir à notre américaine de voiture, dans ce cas l’ethnique, qui bien sûr désigne l’origine de la voiture, n’est pas loin de fonder une catégorie : ce qui importe c’est moins l’origine de production du véhicule que les propriétés qu’on leur attribue :
Je préfère les voitures allemandes aux chinoises, elles sont tellement plus fiables !
= je préfère les voitures du type allemand / américain / japonais, etc.Et donc, si catégorie il y a, l’antéposition du qualificatif me parait litigieuse.
Cependant, si on accepte cette antéposition, alors les adjectifs ne sont plus tous les deux épithètes, seul l’est le qualificatif, le relationnel devient attribut, et la prosodie change : tonalité descendante + pause à la fin du groupe rythmique formé par déterminant + voiture rouge. Sans antéposition, le groupe rythmique est déterminant + voiture américaine rouge.
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Sentir quelqu’un + adjectif (attribut du COD) = percevoir quelqu’un de telle façon.
Se sentir + adjectif = se percevoir de telle façon.À un moment donné, il l’a senti(e) déprimée et pourtant elle, elle ne s’est jamais senti(e) déprimée.
Donc la forme pronominale n’est pas autonome, et le pronom réfléchi y a la fonction de COD, dès lors, votre prof a en partie raison, puisque dans le cas où le participe passé est suivi d’un attribut du COD, il est possible de le laisser invarié, cependant l’accord est préconisé.
(Je ne pense pas que la raison extra-linguistique qui fait que la trahison un sentiment très interne (on peut difficilement dire Il l’a sentie trahie), rende le verbe autonome et empêche d’analyser le pronom réfléchi.)
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Enseigner quelqu’un > Enseigner les élèves est une construction qui a existé, mais qui n’est plus usitée*.
Dans la tournure employée à présent, c’est ce qui est enseigné qui est COD, le destinataire de l’enseignement étant COI : Enseigner quelque chose à quelqu’un.* Cette tournure existe avec un verbe synonyme toujours usité : instruire > Instruire quelqu’un.
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