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Grand maître
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  • Grand maître Demandé le 19 juin 2025 dans Général

    D’une manière générale, on oublie trop souvent que les chiffres ne sont que des abréviations et qu’on doit les raisonner comme telles, au même titre que les symboles divers qui jalonnent un texte.
    Dans un écrit à dominante littéraire, moins il y en a mieux ça vaut. On n’est pas dans une publicité, un article de magazine ou un document scientifique. Après tout, « littéraire » est dérivé de « lettre » pas de « chiffre ».
    Quel que soit le cas, la graphie complète reste à privilégier et l’abréviation n’apparait que si elle est requise par le contexte : nombre important d’occurrences, besoin de privilégier la valeur numérique pour des calculs ou des comparaisons, longueur ou complexité excessive d’un nombre (les années notamment), nature particulière d’un passage.
    Le meilleur exemple est peut-être Jules Verne, connu pour ses écrits assez techniques.  Je viens d’ouvrir le bien nommé Vingt mille lieues sous les mers (et non 20 000) et de très nombreux nombres sont écrits en toutes lettres là où un de nos contemporains abreuverait le lecteur de chiffres.
    NB La préconisation de l’Académie d’écrire les âges avec des chiffres a de quoi faire sourire les correcteurs expérimentés. On ne sait d’où cette institution (qui n’a jamais employé un seul typographe) a sorti cela. Peut-être de l’habitude de souffler des bougies d’anniversaire en forme de chiffres. C’est très émouvant…

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  • Grand maître Demandé le 19 juin 2025 dans Général

    Dans un ouvrage mis en forme, la répartition des attributs typographiques que sont l’italique et les guillemets est une affaire de choix de l’éditeur qui doit garder son sens et sa cohérence tout au long du texte. Elle peut donc varier légèrement d’un éditeur à l’autre mais, pour résumer, l’italique s’utilise très souvent pour reproduire un texte matériellement écrit sur un support public. C’est le cas bien connu des titres d’œuvre ou des enseignes de commerce et de boutique.
    C’est à ce titre que l’italique peut sembler plus pertinente pour signaler une maison ou un immeuble dont le nom figure généralement à l’entrée : « J’ai longtemps demeuré à La brise, charmante bâtisse de granite qui surplombait la plage. » (NB la double majuscule est accessoire. Figure-t-elle vraiment dans le nom ?).
    Dans tous les cas se pose la question de la gestion de l’article défini initial qui doit pouvoir être contracté si besoin avec une préposition comme à ou de .  L’italique permet de mieux gérer cette situation :  « Je retourne au Paradou m’occuper de mes aloès. » L’article est alors absorbé par la préposition et la majuscule indique le nom. On serait plus gêné d’écrire le nom tronqué à l’intérieur de guillemets.

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  • Grand maître Demandé le 18 juin 2025 dans Accords

    Les débats sur cet accord sont anciens.
    De fait, les heures ne sonnent ni n’arrivent vraiment, c’est une métonymie (un raccourcissement) du fait que cet horaire est signalé (sonné, indiqué ) par un appareil.
    On trouve donc les deux accords, le pluriel restant plus fréquent. Le singulier se retrouve particulièrement avec la demie d’une heure donnée (en général un seul coup sonné) ou une heure avec des minutes qui mettent mieux en relief un horaire qu’un nombre d’unités.
    Exemples au singulier :
    Œuvres de Frédéric le Grand (1849) 
    L’Étrange Maison rouge (Michel Serres, 2015)

     

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  • Grand maître Demandé le 18 juin 2025 dans Général

    Afin de rationaliser la prolifération de graphies des noms composés, l’Académie a en effet officialisé le fait de souder « par principe » les mots comportant une racine dite « technique ». Il ne s’agit donc pas de tous les noms composés mais de ceux pour lesquels la racine a perdu sa stricte valeur nominale pour devenir une sorte de préfixe standardisé. Ils se comptent par dizaines.
    Pour le préfixe co- , c’était de toute façon déjà le cas dans presque tous les mots concernés.

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  • Grand maître Demandé le 17 juin 2025 dans Conjugaison

    2. Le verbe s’essayer (à) est un pronominal autonome (ou essentiellement pronominal par le sens) et non un pronominal réfléchi. Le participe s’accorde avec le sujet : « Ceux qui s’y sont essayés  ont échoué. »
    1. Le participe utilisé dans un infinitif passé s’accorde normalement. À méditer à tête reposée…

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  • Grand maître Demandé le 15 juin 2025 dans Général

    Sauf cas particuliers, finalement peu courants*, l’article défini (le, la, les) ne fait pas vraiment partie des noms propres de lieux (pays, régions, villes, etc.). On ne les trouve donc pas dans la majorité des constructions (formes de+ nom, à+nom ou en+nom en particulier). 
    On va y recourir (c’est la vocation grammaticale d’un article défini) lorsqu’on va restreindre le champ de ce nom propre : Une des régions les plus belles de l’Italie du sud, une des périodes les plus sombres de la France du XVIIIe siècle, la partie orientale de l’Allemagne réunifiée.
    Il s’agit là du principe général mais des exemples existent qui peuvent y contrevenir : pourquoi le président de la France plutôt que de France comme on disait le roi de France?  Nul ne le sait, mais l’usage s’est imposé ainsi.

    * Quelques exemples : les États-Unis, les Bahamas, le Mans, la Haye.

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  • Grand maître Demandé le 14 juin 2025 dans Question de langue

    Le pronom quoi s’utilise pour représenter un élément sans genre grammatical déterminé (une proposition complète, un élément non explicité) . C’est une sorte de « neutre »  :  C’est ce à quoi je me consacre, Faute de quoi je sévirai, À quoi penses-tu ?
    Dans les autres cas, on emploie les pronoms personnels (masculins ou féminins, singuliers ou pluriels) formés sur quel (auquel, duquel, lequel ) ou qui.

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  • Grand maître Demandé le 14 juin 2025 dans Question de langue

    Il semble en effet y avoir une évolution récente et on entend moins fréquemment la liaison. Elle était pourtant classique (Littré n’avait pas de doute à ce sujet).  Il  y a  eu une chanson popularisée par Régine (années 1960) dans laquelle le « cas-z-où » était soigneusement répété, comme un refrain. Voici aussi une comptine pour enfants : Au cas où (Pascal Genneret).

    Dans tous les kazoo, la locution se construit avec le conditionnel et non avec le subjonctif ou l’indicatif (Billet de l’Académie française).

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  • Grand maître Demandé le 13 juin 2025 dans Général

    Un adjectif possessif en tête de titre n’est pas assimilable à un article défini. Non modifiable et non  substituable, il indique bien le début du titre et capte donc la majuscule de classement pour l’ensemble :
    – Le film Mon amie Flicka a été tiré du roman homonyme. 
    Nos plus belles années porte le titreThe Way We Were en anglais.

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  • Grand maître Demandé le 12 juin 2025 dans Général

    C’est une bonne question à laquelle je n’ai jamais pu répondre de manière univoque, ni comme typographe ni comme correcteur.
    En effet, comme les guillemets,  l’italique est ce qu’on appelle une balise typographique. Elle signale ponctuellement une irrégularité du texte : pour les mots étrangers (langues vivantes ou anciennes) il s’agit de la graphie ou de la prononciation non francisées ; pour les guillemets c’est un sens particulier.
    Dans un ouvrage long, il y a un moyen terme entre n’affecter l’italique qu’à la première apparition et l’affecter systématiquement à chaque mention. C’est la notion de fréquence qui peut servir de curseur. Si les mentions sont occasionnelles (dans un roman par exemple), l’italique garde un intérêt de rappel mais on peut concevoir qu’elle le perde si un même mot est répété à chaque page. Inversement, ce n’est pas parce qu’un ouvrage de linguistique comporte un millier de termes translittérant du grec ancien que l’on va supprimer l’italique qui les signale ; c’est ce qui rend l’alternance des langues intelligible..
    Comme souvent, il s’agit donc d’un choix typographique global au niveau de l ‘ouvrage, à raisonner et coordonner avant la relecture finale.

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