13368
points
Questions
20
Réponses
2043
-
Je souhaite tout d’abord revenir sur la locution « Que sais-je ? », qui a été créée par le grand philosophe Montaigne, inspirée par la phrase de Socrate « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien« , et qui n’a rien à voir avec « que sais-je encore ? « , que l’on emploie effectivement à la suite d’une énumération, comme le souligne Joëlle :
« Que sais-je ? » n’est pas une question anodine mais bien une interrogation par laquelle Montaigne cherchait à échapper à l’aporie sceptique qui amène à douter même du doute. Voir ICI
«Montaigne ne prend la position du scepticisme que pour ruiner les fondements de l’athéisme rationaliste», remarque Michel Bouvier. En pleine période de querelles religieuses, Montaigne affirme avec vigueur la nécessité du questionnement contre tous les fanatismes, qu’ils soient rationalistes ou spirituels. «L’ignorance qui se connaît, qui se juge et qui se condamne, écrit Montaigne, n’est pas une entière ignorance : pour l’être, il faut qu’elle s’ignore elle-même.» Tel est le sens du fameux «Que sais-je ?» Il ne faut pas recevoir les opinions sans examen. Ni craindre la contradiction ou les controverses. Avoir le courage d’affronter les préjugés et de démasquer les faussetés, voilà la leçon de Pyrrhon que reprend Montaigne à son compte, et que nous devrions aussi refaire nôtre. Voir ICIJe ne résiste pas au plaisir de vous citer le passage des Essais, où Montaigne délivre son fameux « Que sais-je ? », car il est non seulement d’une intelligence incroyable, mais aussi lourd d’enseignements. Il semble même s’adresser à nous, contributeurs sur ce site…
Vous remarquerez, cher Bruno, vous qui adorez les citations pour prouver qu’une tournure est « acceptable puisque usitée », qu’à l’époque notre belle langue et ses tournures étaient très différentes, il n’y avait pas d’accents sur les voyelles, et certaines orthographes nous feraient aujourd’hui dresser les cheveux sur la tête ;°) Mais surtout, vous obtiendrez une réponse possible à votre question, de la plume de Montaigne lui-même, dans la dernière phrase ! Je ne sais pas si elle vous satisfera, mais elle a le mérite d’avoir existé :
Montaigne marquera cette devise « Que sais-je ? » sur une médaille qu’il fit frapper en 1576« Nostre parler a ses foiblesses et ses deffaults, comme tout le reste. La plus part des occasions des troubles du monde sont Grammariens. Noz procez ne naissent que du debat de l’interpretation des loix ; et la plus part des guerres, de cette impuissance de n’avoir sçeu clairement exprimer les conventions et traictez d’accord des Princes. Combien de querelles et combien importantes a produit au monde le doubte du sens de cette syllabe, Hoc ? Prenons la clause que la Logique mesmes nous presentera pour la plus claire. Si vous dictes, Il faict beau temps, et que vous dissiez verité, il faict donc beau temps. Voyla pas une forme de parler certaine ? Encore nous trompera elle : Qu’il soit ainsi, suyvons l’exemple : si vous dites, Je ments, et que vous dissiez vray, vous mentez donc. L’art, la raison, la force de la conclusion de cette-cy, sont pareilles à l’autre, toutesfois nous voyla embourbez. Je voy les philosophes Pyrrhoniens qui ne peuvent exprimer leur generale conception en aucune maniere de parler : car il leur faudroit un nouveau langage. Le nostre est tout formé de propositions affirmatives, qui leur sont du tout ennemies. De façon que quand ils disent, Je doubte, on les tient incontinent à la gorge, pour leur faire avouër, qu’aumoins assurent et sçavent ils cela, qu’ils doubtent. Ainsin on les a contraints de se sauver dans cette comparaison de la medecine, sans laquelle leur humeur seroit inexplicable. Quand ils prononcent, J’ignore, ou, Je doubte, ils disent que cette proposition s’emporte elle mesme quant et quant le reste : ny plus ny moins que la rubarbe, qui pousse hors les mauvaises humeurs, et s’emporte hors quant et quant elle mesmes. Cette fantasie est plus seurement conceuë par interrogation : Que sçay-je ? comme je la porte à la devise d’une balance. »
- 5855 vues
- 6 réponses
- 0 votes
-
QUEL
Issu du latin qualis, « quel, de quelle espèce, de quelle nature ».
Adj. interrogatif servant à former une interrogation qui porte sur l’identité, la nature ou la qualité.
Quel est cet homme ? À quel homme pensez-vous avoir affaire ?
QUI
Le pronom interrogatif Qui représente toujours une personne et est employé dans des propositions interrogatives directes et indirectes, dans lesquelles il occupe différentes fonctions.
Qui est attribut. Qui êtes-vous ? Dites-moi qui sont ces charmantes personnes.À mon sens, on dira :
« Quels sont les personnages de ce film ?« .
Réponses : Ce sont des humanoïdes bleus / Des élèves d’une école de spectacle / Deux tigres / Des touristes dans un camping.
Qu’ils soient des animaux ou des humains ne change pas grand chose, je suis d’accord avec Bruno sur ce point, il s’agit dans ce cas d’établir la nature des protagonistes.
« Qui est Rémi, le personnage central du film ? » Réponse : C’est un rat virtuose de la grande cuisine.
« Qui est le personnage principal, dans Pretty Woman ?« . Réponse : C’est une belle putain qui ne croit plus au prince charmant, incarnée par Julia Roberts.
Qu’ils soient des animaux ou des humains ne change rien, il s’agit ici de tracer leur portrait, leur personnalité, leur rôle dans l’histoire.Cette réponse a été acceptée par Anaislyd. le 17 avril 2023 Vous avez gagné 15 points.
- 11717 vues
- 3 réponses
- 0 votes
-
Je pense que vous pouvez l’insérer entre parenthèses ou entre tirets (mais pas entre virgules, à cause du point d’interrogation qui rendrait le tout peu lisible), avec un point d’interrogation, et à mon sens la majuscule ne se justifie pas ici :
Elle allait enfin prendre conscience _ qui sait ? _ qu’elle risquait bien de perdre son amoureux…
Elle allait enfin prendre conscience (qui sait ? ) qu’elle risquait bien de perdre son amoureux…
Je me mettais à douter même de mes compétences _ que sais-je ?… _ et ne réussissais pas à trouver de solution.
Je me mettais à douter même de mes compétences (que sais-je ?… ) et ne réussissais pas à trouver de solution.- 5855 vues
- 6 réponses
- 0 votes
-
Pour la suite de la phrase, il peut y avoir un doute :
Un maximum de matières recyclées servira / serviront à la confection de vêtements de travail.- 2034 vues
- 2 réponses
- 0 votes
-
Dans votre phrase, aucune ambigüité, ce n’est pas le maximum qui est recyclé, mais bien les matières, donc :
Un maximum de matières recyclées- 2034 vues
- 2 réponses
- 0 votes
-
Dictionnaire de l’Académie :
JUSQUE (devant une voyelle ou un h muet, on écrit ordinairement jusqu’, et parfois, dans la langue poétique, jusques) préposition
Pour indiquer une limite dans le temps. Depuis Pâques jusqu’à la Pentecôte. Jusqu’à quel moment ? Je vous attendrai jusqu’à ce soir, jusqu’à cinq heures. Jusqu’à aujourd’hui ou jusqu’aujourd’hui. Jusqu’à la mort. Jusqu’au revoir (vieilli). Jusqu’à quand ? ou, litt., jusques à quand ?
Ici, cela revient à dire : jusque à quelle heure », le « à » s’impose en effet, et donc l’élision également : jusqu’à quelle heure
- 11571 vues
- 2 réponses
- 0 votes
-
Le dictionnaire de l’Académie spécifie que son usage est « rare » :
Entièreté : Rare.
1. Intégralité, totalité. Le problème doit être considéré dans son entièreté.
2. Le fait d’être entier. L’entièreté de son caractère n’était pas appréciée de tous.Dans votre phrase, c’est bien « l’entièreté » qui est le sujet du verbe dans le groupe nominal « l’entièreté du cahier des charges » :
Lorsque l’entièreté de notre cahier des charges sera respectée.
Mais la phrase est maladroite, car ce n’est pas l’entièreté que l’on doit respecter, mais le cahier des charges, qui est déjà une entièreté lui-même (une succession de points à respecter et satisfaire).
Ma suggestion :
Lorsque le cahier des charges sera respecté dans sa totalité / dans son entièreté.- 2044 vues
- 2 réponses
- 0 votes
-
Votre nouvelle question :
« nous faisons tous « exprès » des fois de ne pas aller au bout des phrases pour que notre interlocuteur pose la question.
Et quand la personne ne rebondit pas’ on dit qu’il est ???? »J’avoue que je sèche un peu sur votre question Zabou, car les mêmes adjectifs me reviennent, notamment « indifférent »…
Mes nouvelles propositions :
Amorphe / Impassible / Figé / Peu réactif / Mou / Bête peut-être ?……………..- 1097 vues
- 6 réponses
- 0 votes
-
Oui Lou,
« Les femmes » est le sujet du verbe « entourer » (elles entourent moi) et également le sujet du verbe « rencontrer » (elles rencontrent le même problème). Donc les deux verbes s’écrivent à la troisième personne du pluriel.- 3992 vues
- 1 réponses
- 0 votes
-
La définition, c’est vous qui nous la donnez. Vous cherchez sans doute l’adjectif qui correspond à cette définition ?
On peut dire qu’il reste muet : Qui ne prononce aucune parole, qui se tait volontairement, parce qu’il ne peut, ne veut, ne sait pas répondre.
Ou qu’il reste coi : Qui se tient immobile et silencieux.
Ou qu’il reste indifférent : Qui n’est pas touché de quelque chose, qui ne prend pas d’intérêt à quelqu’un ou à quelque chose.
Mais tout dépend du contexte, et des raisons de ce silence.
On peut alors dire qu’il est réservé / timide / ennuyé / prudent / insensible / ou simplement barbé / rasé / peu concerné par ce qu’on lui dit ?- 1097 vues
- 6 réponses
- 0 votes
