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Lorsque le verbe est transitif, comme ici, il est souvent difficile et artificiel de distinguer un complément d’objet (quoi ?) d’un complément circonstanciel (combien ? ). Il est en effet impossible d’utiliser la notion de complément essentiel et de vérifier s’il est facultatif et peut être enlevé. Cela n’aurait finalement aucune importance sans le problème d’accord et vous pouvez vous permettre d’accorder ou non. Le fameux accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir est de toute façon une convention sans fondement linguistique et qui ne cause que de vains soucis. Sa réforme est en cours, la vie sera plus simple.
Personnellement, je n’accorde pas seulement lorsqu’il s’agit d’une unité de mesure assortie d’un nombre :
– Les kilos qu’elle a perdus ;
– Les dix kilos qu’elle a perdu.
C’est peut-être arbitraire (pas plus que d’autres critères néanmoins) mais cela permet une cohérence et une réponse immédiate.PS (pour l’interpellation de marcel1) Les classifications entre verbes transitifs et intransitifs sont parfois approximées. Perdre pourrait être qualifié d’intransitif comme dans il a beaucoup perdu, de x kilos à l’instar de il a maigri, de x kilos. On ne peut pourtant pas maigrir des kilos. Le numéral affecte donc la transitivité. Il en va de même avec d’autres verbes : courir cent mètres ou un cent-mètres, Les prépositions ne sont pas toujours là pour matérialiser la différence.
Enfin, on peut consulter la liste étoffée présentée par Le Robert pour cette question : pas d’accord avec des nombres, accord sans nombre. Cela ne doit rien au hasard même si ce dictionnaire classe cela comme « sens figuré ».- 623 vues
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C’est plutôt de principes d’utilisation qu’il faut parler, la ponctuation étant aussi une question stylistique qui demande de la souplesse.
– principe 1 : une conjonction (de coordination ou de subordination) unit, par définition, les éléments entre lesquels elle se trouve ;
– principe 2 : une virgule disjoint, par nature, les éléments entre lesquels elle se trouve. Elle marque parfois l’opposition entre ces éléments.
La rédaction doit donc concilier ces deux aspects apparemment contradictoires.
Deux exemples de l’introduction d’une virgule avant une conjonction :
1. Dans une liste différenciée : il est affreux, bête et méchant mais il est affreux et bête, et d’une rare méchanceté. Les et lient alternativement des adjectifs entre eux puis ces adjectifs avec un groupe isolé en accentuation.
2. Entre des éléments disparates : Il est bête mais astucieux (coordination classique) à comparer à Il est bête, mais il sait s’y prendre avec moi. (le mais se situe entre un adjectif et une proposition complète. L’opposition est aussi plus marquée).
Il serait vain de multiplier les exemples car un bon rédacteur peut jouer de ces finesses à l’infini. Globalement je résumerais en disant que la rédaction par défaut est sans ponctuation et que cette dernière résulte d’une volonté spécifique d’articuler autrement le discours. Vous trouverez des dizaines d’articles sur la ponctuation mais je n’en connais pas qui résume en trois lignes une prétendue « bonne pratique ».- 792 vues
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Il est étonnant que les dictionnaires ignorent l’expression « nom + au carré » qui traduit pourtant bien une intensification sur la base de son origine mathématique. Il s’agit alors non d’un simple doublement mais d’une augmentation plus intense avec changement de dimension (de la ligne à la surface). On entend parfois aussi au cube (passage au volume).
Sinon, vous donnez déjà des synonymes auxquels on peut ajouter amplifier, déchainer, décupler, exacerber,, exaspérer, aviver ou des formes comme à coups redoublés, sans retenue, etc.
Le sujet et l’idée sont déterminants pour faire un choix judicieux.- 463 vues
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Dans tous les cas, il s’agit ici d’une lettre euphonique destinée à éviter le hiatus entre voyelles ou phonèmes vocaliques (on, ou). Elle se justifie donc bien par nature à l’oral mais reste assez optionnelle à l’écrit.
Certains puristes vous l’imposeront et, comme souvent, la crainte d’un reproche la fera mettre systématiquement.
NB Il est évident qu’il n’y a pas de hiatus en début de phrase ou après une ponctuation. C’est de l’hypercorrection malvenue de commencer un segment de phrase par « L’on… ». Il en va de même avec le « qu’on » transformé en « que l’on » par peur de choquer les oreilles pudibondes comme au bon vieux temps des précieuses.- 958 vues
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La règle à appliquer est celle de la non-élision de la préposition devant un numéral, ordinal ou cardinal. Cette disposition dérogatoire vise à bien identifier ces adjectifs dans leur rôle et à éviter des confusions oralement car il s’agit de chiffres précis qui doivent être bien compris. Il faut empêcher l’hésitation que peut engendrer l’élision, surtout avec un mot court. À ce titre, les cas de huit (huitième) et onze (onzième) sont bien connus : hors quelques expressions folkloriques (comme le bouillon-d’onze-heures), on ne fait pas l’élision.
Le cas de un est plus particulier car il se confond avec l’article indéfini. Mais la philosophie est la même : on élide l’article, mais pas une valeur numérale (adjectif ou nom). On écrit donc bien : un enfant de un an. On peut facilement le vérifier dans nombre de tournures : compter de un à cent ; à notre loterie du jour, c’est le un qui gagne ; l’affaire fait la une des journaux (et non l’une).
La distinction entre article et adjectif peut néanmoins s’avérer délicate : Deux précautions valent mieux qu’une. Dans ce proverbe, la langue populaire a favorisé l’article, sous-entendant « qu’une seule précaution ». On constate, facilité de prononciation aidant, que la langue orale privilégie alors systématiquement l’élision…PS Le fait qu’une règle soit régulièrement enfreinte, par ignorance ou négligence, ne rend pas l’infraction légitime pour autant, même une fois habillée par Grevisse. La notion « d’insistance sur la quantité » est assez étrange et selon moi inventée pour la circonstance. Devant une unité de mesure, c’est abusif.
Pour compléter ma réponse, voir la position de l’Académie française sur le sujet (exemples avec an et mètre). Pour l’absence d’élision dans « de une heure » voir ici plus de deux cents exemples tirés la littérature et de publications du XXe siècle (faire défiler les pages en bas de la liste).- 506 vues
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En dehors de la question de l’accord, la tournure « utiliser des anathèmes » est assez malencontreuse. Les anathèmes (synonyme d’excommunication), ça se profère, ça se lance, ça se prononce.
On peut en revanche utiliser l’anathème (au singulier) comme arme ou comme méthode.
À comparer avec des tournures comme « utiliser des cris », « utiliser des insultes », etc.- 532 vues
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Ce n’est pas affaire « d’interdiction » mais d’usage. En mille ans de langue française, on a vu passer de nombreuses formes qui ont eu des succès divers et les dictionnaires ne font qu’enregistrer au mieux ce qui se dit ou s’écrit à un moment donné.
Dans la même famille, émergent a prospéré mais immergent et submergent n’ont pas vécu. Mystère de la langue…- 598 vues
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Le sujet de la coupure des mots composés (ou division mais pas césure*) est une préoccupation ancienne des typographes. Il n’y a hélas aucune réponse générale pour un problème qui reste heureusement limité par deux facteurs :
– les cas sont rares et n’ont souvent pas de conséquences sur la lisibilité ;
– ils peuvent recevoir des traitements à façon individualisés.
Dit autrement, il faut attendre la dernière phase de mise en pages (avant le bon-à-tirer) pour vérifier car jusque là la coupure peut varier selon les reformulations et tous les critères retenus. Les rares cas litigieux finaux doivent recevoir un traitement individuel. C’est du bricolage comme au bon vieux temps de l’imprimerie au plomb : l’ajout d’espaces pour faire « basculer » le mot litigieux sur la ligne suivante est courant. Parfois une légère modification de texte est acceptable (selon la nature de l’écrit).* Le mot césure ne fait pas partie de la terminologie typographique. Il appartient déjà à celui de la versification et de la musique. Le mot division (div en jargon de typographe) est devenu moins courant et c’est coupure que l’on trouve désormais partout (option « coupure en fin de ligne » dans les logiciels).
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Cette construction n’est effectivement pas orthodoxe et il existe bien d’autres manières d’exprimer la même idée.
Il n’y a pas toujours d’explication grammaticale scolaire pour décortiquer tout ce qu’on ne doit pas dire car on se contente normalement de savoir ce qu’on doit dire. C’est ce qu’on nomme la « langue idiomatique », qu’on apprenait naguère à l’école, dans de bons livres ou auprès de gens ayant de l’expérience.PS suite aux citations de l’Académie par marcel1 : les exemples donnés sont repris textuellement depuis la 1re édition de…1694. De plus, ils sont avec un nom au singulier. On a en revanche du mal à trouver ce type de formulation depuis deux siècles. Merveille des archives de cette institution dont l’intérêt n’est plus qu’historique…
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Bonne question : doit-on comprendre « nous pouvons dormir tranquillement » ou « nous pouvons dormir tranquillisés » ?
L’emploi du même mot comme adjectif attribut ou comme adverbe est assez courant et crée souvent des hésitations et des erreurs. Il n’est en effet pas toujours facile de savoir s’il se rapporte au verbe ou au nom. Lorsque les deux peuvent, comme ici, se concevoir, il faut raisonner autrement.
Comme chacun sait, beaucoup d’adverbes ont été formés en ajoutant la désinence latinisante -ment au féminin de l’adjectif (en latin mente est l’ablatif de mens, manière). Tranquillement égale donc « de manière tranquille ».
Lorsque les deux formes existent de manière différenciée, il est donc logique de les employer sélectivement. Le fait d’attribuer la fonction d’adverbe à l’adjectif est un relâchement qui peut se comprendre dans la langue familière ou orale, pas sur le principe. Dans certaines tournures, c’est même risible : bronzer idiot, voter utile ou louer solidaire sont des formules à la limite de la bêtise.
Lorsque l’adverbe est inexistant ou inusité, le problème se pose réellement et le doute peut s’installer : hautement ne s’est jamais vraiment popularisé et l’on dit parler haut ou mettre la barre haut avec valeur d’adverbe. Il n’existe heureusement que peu de mots de ce type (cf. brut, court, flambant, ivre, raide, serré).
En conclusion, ou les gens dorment tranquilles ou ils dorment tranquillement puisque l’adverbe existe couramment. Le panachage des deux versions montre qu’on n’a pas compris de quoi il s’agit.- 1451 vues
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