CCL ou COI?

Bonjour,

Dans la phrase  » L’enfant sortit son cahier de son cartable », j’aimerais savoir si « de son cartable » est Complément Circonstanciel de Lieu ou bien Complément d’Objet Indirect.

D’un côté, ce groupe est supprimable et déplaçable, d’un autre côté, on peut le pronominaliser (L’enfant en sortit son cahier). Je ne parviens pas à trancher.

Merci pour votre éclairage!

Petunia Débutant Demandé le 16 juin 2021 dans Général

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4 réponse(s)
 

Je dirais CCL car le complément est supprimable et répond à la question « où ? / d’où ? »

joelle Grand maître Répondu le 16 juin 2021

Pourquoi voulez-vous le savoir ? Si c’est un prof, une école, un livre d’exercices qui vous le demande, ce n’est pas totalement inintéressant, ça aide les enfants à réfléchir aux sens des mots dans la phrase, mais ce n’est pas important syntaxiquement. Il arrive qu’un prof de français ne soit pas certain de sa réponse. Il arrive que deux profs donnent des réponses différentes. Si vous voulez juste « cocher la bonne réponse », ça dépendra du prof, du site, du livre, de l’époque…
On demande à un enfant de repérer qu’il y a une notion de lieu dans la phrase.
On demande à un collégien de repérer que certains verbes ont deux compléments (poser un livre sur une table, tirer un livre du sac…). Ces enfants savent pertinemment que la destination (poser sur) et l’origine (tirer de) ont un complément de même type, mais on commence déjà à les embrouiller en prétendant parfois le contraire.
A la fin du collège on demande à l’élève de comprendre que certains verbes ont presque forcément un COD et un COI (donner quelque chose à quelqu’un).
Puis on cesse l’enseignement de la grammaire, et l’enfant ne connaîtra donc jamais la fonction des compléments de poser et tirer : COI ou CCL ? Ce n’est pas lié aux capacités d’apprentissage des élèves mais aux capacités de conceptualisation des profs.
Jamais à l’école on n’enseigne que certains verbes ont un complément obligatoire qui n’est ni COI ni CCL. L’exemple le plus classique est « il va à Paris », où « à Paris » n’est ni une circonstance (CCL) ni un COI. On l’appelle complément essentiel du verbe. C’est-à-dire que ce n’est pas un complément circonstanciel de votre phrase, parce qu’il est intimement lié au verbe que vous utilisez : aller à, poser sur, tirer de, s’accrocher à… mais que cela ne correspond pas non plus aux vieilles définitions du complément d’objet.
Donc tout dépend de qui vous pose la question. Si vous êtes collégien, dites CCL, et le prof acceptera. Si vous êtes adulte ou étranger, sachez que cela n’a aucune importance, que cette question n’est pas grammaticale et qu’elle ne correspond qu’à un processus de sélection des élèves sur des critères anciens, arbitraires et non pertinents pour parler d’un complément qui aide à préciser un verbe ou une action, comme un adjectif précise ou modifie le sens d’un nom. Appelez cela complément du verbe.
Voyez dans ce sujet d’hier un début de réponse intelligente par misentrope : https://www.question-orthographe.fr/question/coi-ou-ccl/.
Je ne trouve pas grave que la réponse d’hier soit imprécise, mais je trouve grave qu’on vous resserve la même le lendemain, comme si personne n’avait rien lu ni rien appris entre-temps.
Hier, misentrope a dit qu’il y a une forme de transitivité secondaire à respecter selon les sens (se pendre / se pendre à… tirer une chose / tirer une chose de…), et qu’il arrive donc que le complément secondaire soit nécessaire.
Il pense que le complément de « se pendre à  » peut très bien être un COI.
Je pense que le complément de « tirer de  » n’est pas un COI.
Est-ce la préposition « à » qui détermine le COI ? Si oui pourquoi ? Si non pourquoi ?
Cela n’a aucune importance.
La réponse est simplement qu’il faut cesser de raisonner ainsi pour un grand nombre de verbes.
Tout ce qu’on peut vous dire, c’est que vous avez ici un complément qui semble nécessaire, pas tellement supprimable, qui donne un sens différent au verbe (tirer un livre ne veut rien dire)
Vous avez donc un complément du verbe. Peut-être en modifie-t-il le sens ? Peut-être en précise-t-il la portée ? Peut-être répond-il à la nécessité du double transitif (donner qqch à qqun) ? Peut-être est-il un transitif avec un COD obligatoire et un second complément facultatif (poser un livre sur une table) ? Peut-être est-il un transitif avec un COD obligatoire et un second complément obligatoire (tirer un livre du sac) ? Si le complément est obligatoire, il n’est pas complément circonstanciel, mais sinon l’est-il ?… Bref, on sait pas.
Mais ce dont on est certain, c’est que passé un niveau simpliste d’analyse, il n’y a pas de mot dans les livres de grammaire pour enfants pour dire la fonction du complément que vous nous présentez. Si vous êtes collégien ou prof en collège, laissez tomber. Si vous êtes vieux, cela n’a aucune importance, mettez les mots que vous voulez. Si vous avez une pleine conscience de l’absurdité des mots qu’on plaque sur d’autres pour leur donner artificiellement une fonction, alors aidez-nous à contrer les réponses idiotes issues des livres des années 1950.

Merou Maître Répondu le 16 juin 2021

Note à misentrope. Je vois ta réponse après avoir posté la mienne. Tu t’es répondu à toi-même trop vite, car c’est à toi Petunia que je voulais parler discrètement, sans que tout le monde sache qui tu étais. Tu ne m’as donc pas donné l’honneur d’être le premier à répondre (l’autre folle exceptée), alors même que je citais ta réponse d’hier pour te rendre hommage, mais en apportant mes nuances. Changeons encore tous les deux de noms, et nous pourrons poursuivre notre conversation.
J.J.J.
Nos réponses sont très proches, tu peux les fusionner, et je supprimerai la mienne.

Merou Maître Répondu le 17 juin 2021

Ah ah, c’est marrant, ça, comme commentaire ! mais je ne suis pas Petunia. (Si je ne me méprends pas sur ton propos.)

le 17 juin 2021.

Bonjour,
Est-ce pour un exercice scolaire ? Si oui, sais-tu si l’enseignant retient le cadre de l’analyse traditionnelle ou celui de la nouvelle grammaire ?

Dans le cas 1 (grammaire traditionnelle), le complément sera vraisemblablement analysé comme un CC de lieu.

Dans le cas 2 (nouvelle grammaire), le complément sera analysé comme un complément de verbe indirect, que l’on pourra qualifier de COI.

C’est vrai qu’il est supprimable, mais tout comme sont supprimables les compléments (COD) du verbe manger qui est pourtant bien un verbe transitif :

Qu’est-ce que tu fais ?
Je mange (une pizza).

Ce qu’il faut voir, c’est si les compléments sont exigés par le sens du verbe (compléments de verbe) ou s’ils servent seulement de cadre, de complément d’information (compléments circonstanciels (ou de phrase, voire d’énonciation)).

Le sens de manger exige un complément : pour réaliser l’action de manger, il faut forcément introduire quelque chose dans sa bouche, le mâcher, l’ingérer.
Donc même si l’expression de cette chose est facultative, le complément – quand il est exprimé – est un complément de verbe, en l’occurrence un COD.

C’est la même chose pour sortir dans le sens d’extraire : on sort forcément quelque chose de forcément quelque part, les deux compléments sont donc des compléments de verbe, le premier est un complément direct, le second est indirect.

Très récemment, une question équivalente a été posée sur ce site,  voir ici.

phil-en-trope Grand maître Répondu le 16 juin 2021
Votre réponse
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