subjonctif

Bonjour,
On dit « je ne pense pas qu’elle ait existée » ou « je ne pense pas qu’elle a existée » ?
J’ai eu un doute soudain mais je dirais tout de même que la première phrase me paraît plus juste.
Merci d’avance

isaminassyan Amateur éclairé Demandé le 10 août 2020 dans Conjugaison
4 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Bonjour

Le verbe « penser » se met au subjonctif dans une phrase négative et une phrase interrogative, dans ce contexte.

(+)  je pense qu’elle a existé
(-)  je ne pense pas qu’elle ait existé
(?) Penses-tu qu’elle ait existé?

Et vous n’avez pas besoin d’accorder le participe passé « existé »
Parce que il n’y aucun COD qui est placé avant de l’auxiliaire « avoir »
Et ce verbe (dans cette phrase) n’utilise pas l’auxiliaire « être », alors, pas d’acc avec le sujet (elle)

Edwin

Edwindwianto Grand maître Répondu le 10 août 2020

Edwin, voir cette très récente question et l’article sur l’alternance possible entre indicatif et subjonctif auquel j’avais renvoyé et dont je cite un exemple qui en est extrait :
a. Max pense que Claude { est /*soit} malhonnête
b. Max ne pense pas que Claude { estI/soit} malhonnête

Sans compter un cas du type ci-dessous, où seul l’indicatif est possible :
Max ne pense pas que Claude est malhonnête, il en est certain.
Max ne pense pas que Claude soit malhonnête, il en est certain.

le 10 août 2020.

Bonjour et merci M. Phil
Je vais le lire

Edwin

le 10 août 2020.

Remarque utile, Edwin. + 10

Prince Grand maître Répondu le 10 août 2020

Bonjour et merci M. Prince 🙂

Edwin

le 10 août 2020.

Après  certains verbes d’une principale, le choix  entre subjonctif et indicatif se pose.
Malgré les apparences (et ce qui peut en avoir été dit ) ce choix n’est jamais le fruit du hasard. Il y a toujours une raison de choisir l’un ou l’autre mode, même s’il s’agit de nuances.
——

Lorsque le verbe de la principale exprime nettement le doute sur le fait n°2 énoncé par le verbe de la subordonnée ce verbe n°2 est au subjonctif :
–  Je doute qu’il vienne de lui-même
–  il se peut qu’il vienne

Lorsque le verbe de la principale exprime le désir que le fait n°2 énoncé par le verbe de la subordonnée ne se réalise pas ce verbe n°2 est au subjonctif
– je crains qu’il vienne
– je ne veux pas qu’il vienne
– j »ai peur/ je redoute qu’il vienne
– il ne faut surtout pas qu’il vienne

Lorsque le verbe de la principale exprime une injonction ou simplement le désir que le fait énoncé par le  verbe n°2 se réalise, ce verbe n°2 est au subjonctif
–  J’ordonne que personne ne sorte.
–  je veux / je ne veux pas que personne ne sorte
–  il faut que personne ne sorte
– Je voudrais qu’il fasse des excuses.
– Je désire / désirez-vous (?)qu’il sorte

Lorsque le verbe de la principale exprime une pensée,  un jugement, une évaluation sue le fait n+2 :
soit le verbe n°2 est  à l‘indicatif .

– j‘espère qu’il viendra
– je suppose qu’il viendra
– j’en déduis qu’il viendra
– je crois qu’il viendra

soit il y a le choix entre indicatif et subjonctif (quand la principale est à la forme négative ou interrogative)
selon que l’accent est porté sur le fait ou l’évaluation du fait.
crois-tu qu’il vienne/viendra ?
– Je ne pense pas qu’il soit/est capable d’une telle abnégation.
– je ne crois pas qu’il vienne/viendra

Tara Grand maître Répondu le 10 août 2020

Je ne pense pas qu’elle a existé – je ne pense pas qu’elle ait existé

Vous avez le choix selon que vous voulez porter l’accent sur le fait « exister » —> indicatif ou sur l’évaluation du fait —> subjonctif

le 10 août 2020.

Tara, je partage votre avis.

le 10 août 2020.

J’en suis très contente Phil-en-trope ; je me sentais un peu seule sur cette ligne. La question revient souvent et les réponses renvoient toujours à des règles posées une fois pour toutes et qui me paraissent, sinon discutables,du moins insatisfaisantes.
Il y a sans doute des conventions dans une langue, (cela me paraît une évidence). Mais une fois les repères posés, je ne crois pas que les choix se fassent par hasard.

le 11 août 2020.

Bonjour Maman

Désolé, mais je crois en la grammaire traditionnelle.

Mais pourquoi soutenez-vous la « nouvelle » grammaire, pendant que cette « nouvelle » grammaire, elle-même, dit « Il n’est pas vraiment établi quel mode est le plus fréquent dans les contextes NON-AFF, et notamment dans le contexte négatif. »?

Edwin

le 11 août 2020.

Oui Tara, difficile de lutter contre le purisme réducteur.

le 11 août 2020.

Pourquoi  » je soutiens » la grammaire dite « nouvelle »  Edwin ? Mais je ne la soutiens pas (qu’aurait-elle à faire de mon soutien? ). Elle est. Et elle est le résultat du travail de linguistes.

Ne dites pas que la grammaire traditionnelle existe depuis des centaines d’années!
La grammaire est en constante évolution.
Que dites-vous de la place du pronom dans cette phrase ?
Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit – Molière

Extraits de l’ouvrage de Sophie Piron Histoire de la grammaire :

XVII ème siècle : par exemple, ce et ceste sont rangés parmi les pronoms démonstratifs aux côtés de luy et elle ; les pronoms indéfinis comprennent notre déterminant quelques, tandis que les pronoms possessifs comptent parmi eux mon, ma et mes ; ton, ta, tes, etc

XVIII ème siècle
La catégorie du nom se subdivise encore en noms substantifs (les noms modernes) et noms adjectifs (les adjectifs modernes) dans la grammaire scolaire de Restaut. Buffier, quant à lui, admet que les noms adjectifs permettent de modifier les noms et qu’à ce titre ils devraient occuper une place à part entière dans la liste des parties du discours, mais il justifie leur classement parmi les noms en considérant que les adjectifs représentent l’objet (donc, le nom substantif) revêtu d’une qualité ou d’une circonstance (Buffier,

XIX ème siècle :

le 12 août 2020.

Bonjour,

J’ai cité de l’article que M. Phil m’avait donné

« Il n’est pas vraiment établi quel mode est le plus fréquent dans les contextes NON-AFF, et notamment dans le contexte négatif. Les grammaires traditionnelles, plus ou moins prescriptives, présentent le mode subjonctif comme le mode le plus normal. »

Cet article est créé en 2014.
Moi, je mets en question la validité de cette article par rapport à la grammaire « traditionnelle » qui est bien établie depuis des centaines d’années.

Pour ex.
Pourquoi cette règle autorise « je ne pense pas qu’il viendra » pour dire que je suis sûr de ce fait (il ne viendra pas)…
Ben,..si j’étais sûr, je dirais « je pense qu’il ne viendra pas »…je ne dirais pas « je ne pense pas que etc »…
« Je ne pense pas que … » évoque une incertitude, c’est à dire qu’il doit appeler un subjoctif.

Mais, c’est un article intéressant, je vais le lire jusqu’à la fin, particulièrement la conclusion.

Cette « nouvelle » règle, la met-on vraiment en place?…ou, c’est juste une alternative, et non une « nouvelle » obligation…

Au moins, c’est ce que mon ami français m’a dit 😁😁😁

Edwin

Edwindwianto Grand maître Répondu le 11 août 2020

Ce n’est pas une règle, ce n’est pas une nouvelle règle (née en 2014 ???!!! ah ah ah Smileys animés choqué)
C’est un fait linguistique.
Pas sûr que cet ami soit de très bon conseil, du moins en français.

Les ouvrages normatifs sont souvent très simplificateurs. Néanmoins, voici ce que l’on peut lire sur l’onglet difficulté de Larousse :

CONSTRUCTION

Penser que […] À la forme négative ou interrogative, penser que peut être suivi soit de l’indicatif ou du conditionnel (je ne pense pas qu’il viendra ; pensiez-vous qu’il viendrait ?), soit du subjonctif (je ne pense pas qu’il vienne), qui marque plus nettement que l’indicatif l’hypothèse ou le doute.

(Souligné, graissé par moi.)

 

Trouvé sur connectigramme site réalisé par la linguiste Henriette Gezundhajt.

le 11 août 2020.

Hahahhaa…

J’avais choisi un mauvais verbe 😂😂😂
Mais, je me suis déjà corrigé dans mon msg au dessus…l’article est créé en 2014

Cet ami est éduqué. Il a un master en informatique…
Ben…il n’a pas vraiment un master en linguistique…mais ça suffit de vous répondre, je pense 😀

Merci Monsieur
Je continue à lire votre article

Edwin

le 11 août 2020.

Ce n’est pas le verbe qui me fait halluciner et me gondoler, ben oui quand même, tant qu’à faire, dilatons-nous la rate, c’est bon pour la santé ! 😀

Les paroles d’experts ne sont bien évidemment pas paroles d’évangile, mais entre les propos convergents de plusieurs experts, la factualité des usages (eh oui, ce n’est pas parce que ton ami juge que personne ne se sert de cette « règle » que c’est le cas !), mes propres usages (mais à manier avec précaution, cf. ton ami qui ne se repose que sur son propre sentiment pour conclure) et les propos d’une seule personne non experte, je fais mon choix rapidement.

le 11 août 2020.
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.