Plus bleues que bleu
Bonjour,
Je trouve dans la traduction de Nos héritages d’Anna Hope cette tournure, en parlant de jacinthes : elles sont plus bleues que bleu. Je la rapproche du linge « plus blanc que blanc ». Toutefois j’aurais écrit : plus bleues que bleues. Pourquoi l’accord sur le premier adjectif et pas sur le second ?
Qu’en pensez-vous ?
Bonne soirée,
Karine
Intuitivement, je n’aurais pas accordé non plus en considérant que le second bleu désigne la couleur comme nom commun (le bleu, le rouge…) et ne se comporte ni ne s’accorde comme un adjectif qui se rapporte aux jacinthes.
Elles sont plus bleues que (le) bleu.
_________________________
Ajout:
Je ne vois pas bien – or un contexte publicitaire stupide – ce que signifie plus bleu que bleu ; pourquoi pas d’un bleu intense, profond ou lumineux ?
Coluche s’était moqué de ce slogan : « plus blanc que blanc, c’est transparent ? ».
Question pertinente. Le célèbre slogan publicitaire des années 1970 qui inspire cette formulation (laver plus blanc que blanc) utilisait la couleur adverbialement puisqu’il n’existe pas vraiment d’adverbe formé sur blanc.
Il en va de même avec les autres couleurs. Si on transforme l’adjectif adverbial en adjectif simple, on est face à une impasse qui frôle l’incompréhensible.
Une solution technique serait donc de mettre la tournure entre guillemets, ce qui la met à distance et neutralise le problème d’accord : Des jacinthes « plus bleues que bleues ».
Reste à savoir ce que disait le texte originel en anglais…
PS On trouve à partir du XIXe siècle quelques rares occurrences de « more blue than blue » dans les publications anglophones. Les plus anciennes s’appuient non sur la couleur elle-même mais sur le sens de blue comme déprimé (cf. avoir le blues). L’usage des autres couleurs (white, black, green, yellow) dans l’expression n’existe qu’à partir du XXIe siècle.
