Peut on dire? : Ce n’était pas perdre son temps « que de » savoir observer ses contemporains.

Ce n’était pas perdre son temps « que de » savoir observer ses contemporains.

co Débutant Demandé le 3 août 2022 dans Général

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3 réponse(s)
 

Bonjour,

Je ne pense pas qu’il y ait incorrection avec le « que de ».

Ce qui me semble au contraire inapproprié, c’est le mot « savoir« . Car ce qui est la cause de la perte supposée du temps, c’est bien le fait d’observer et non le fait de savoir.

« Ce n’était pas perdre son temps que d’observer ses contemporains. » signifie  « Ce n’était pas perdre son temps que de le perdre à observer ses contemporains. »

Il y a simplement une ellipse qui évite de reprendre le verbe que l’on vient tout juste d’écrire. Ceci écrit, je trouve la deuxième formulation plus soutenue.

 

 

Ouatitm Grand maître Répondu le 3 août 2022

La conjonction que est parfois employée pour établir une comparaison entre deux éléments, dans des formulations comme autant… que, il vaut mieux… que, préférer… plutôt que, etc. S’il précède un verbe à l’infinitif, que peut alors être suivi de la préposition de. Toutefois, celle-ci est facultative. BDL

Tara Grand maître Répondu le 3 août 2022

Bonjour Tara,

je ne pense pas qu’il ait ici comparaison  entre « savoir observer » et « perdre son temps » comme il y a dans la phrase : « Il aime chanter autant que de danser ».

Comme je l’écris dans ma réponse,  on ne peut effectivement comparer que les termes « observer » et « perdre son temps ».

« Il aime chanter autant que de danser » ou « Il aime chanter autant que danser » signifie simplement « Il aime chanter autant qu’il aime danser » .

 

 

le 3 août 2022.

@Tara, il n’y a pas de comparaison ici.

le 3 août 2022.

Tout d’abord, je suis d’accord avec @Ouatitm : ‘observer’ peut être une perte de temps, mais pas ‘savoir observer’, car le fait de savoir n’a pas de durée. La phrase à analyser est obligatoirement :
— Ce n’est pas perdre son temps que d’observer ses contemporains.

* Le mot « que ».
Vous lirez dans ce dictionnaire bien structuré https://cnrtl.fr/definition/que que le mot ‘que’ est une conjonction (sens I.-) de subordination (sens I.- A.) introduisant une complétive en fonction d’apposition (sens I.- A. 5.) apposée à un substantif* (sens I.- A. 5. b).
(*) Note : ‘perdre son temps’ n’est pas vraiment un substantif, mais c’en est l’équivalent, car cela signifie : ‘une perte de temps’
Donc votre ‘que’ est une conjonction de subordination introduisant un complément apposé à un nom ou à un syntagme en tenant lieu.
Ce sens du mot que’, même s’il est difficile à dégager parmi tous les sens possibles de ce mot, est en fait très clair :
— C’est un bel homme que cet homme : cette mise en exergue revient à : cet homme est beau…
— Ce n’est pas une perte de temps que l’étude de la philosophie : cette mise en exergue revient à : l’étude la philosophie n’est pas une perte de temps…
— C’est une grande douleur que de perdre un ami : cette mise en exergue revient à : perdre un ami est une grande douleur… ou il est douloureux de perdre un ami…
Je constate avec vous que quand le syntagme apposé est un infinitif, on l’introduit par le mot ‘de’.
Est-ce une obligation ? quelle en est la raison ? Il y a quelques études sur le sujet. Contentons-nous pour l’instant de voir que parfois, l’infinitif porte mieux sa fonction de syntagme nominal avec un ‘de’ (par exemple quand ‘perdre’ n’est pas un simple verbe mais signifie ‘le fait de perdre’).

* Le mot « de ».
Le mot ‘de’ avant un infinitif COD est courant, pour en faire l’équivalent d’un substantif, d’une proposition.
— J’aime manger. J’aime cela.
— Je refuse de manger. Je refuse cela.
On voit que ça dépend souvent du verbe, mais que dans le principe, oui, il arrive qu’un infinitif COD soit effectivement introduit par le mot ‘de’.
On dit parfois (je vous trouverai les références si nécessaire) que l’infinitif précédé par ‘de’ décrit une situation concrète, tandis que l’infinitif isolé n’est qu’on concept. Et la même question concerne le sujet :
— De me lever tôt me dérange.
— Me lever tôt me dérange.
Le ‘de’ devient rare, mais il reste porteur de sens.

* J’ai traité indépendamment ces deux questions : »pourquoi que ? », « pourquoi de » ? ». Votre question composée mérite certainement plus d’attention que je ne lui ai porté. Il y a peut-être des cas où ni le ‘que’ ni le ‘de’ ne sont acceptables. Il y en a où seul l’un de ces deux mots sera acceptable, voire nécessaire, mais je m’arrête ici. Comme les raisons de ces deux mots sont différentes, rien n’indique une incompatibilité.
— Mentir n’est pas pécher.
— De mentir n’est pas pécher.
— Ce n’est pas pécher que mentir.

— Ce n’est pas pécher que de mentir.
Je pourrais émettre tel ou tel avis sur une nuance, une fréquence dans la littérature, mais je me contente ici de dire que syntaxiquement, à ce jour, ces quatre constructions sont valides, et qu’ensuite il faut faire appel à l’usage, ou parfois à des nuances, pour choisir. Si votre question est « peut-on dire cela ? », la réponse est que clairement oui, on peut le dire, que c’est une phrase de bon élève. Mais qu’il existe cependant contre nous une certaine tendance actuelle à déconsidérer et déconstruire les usages en cours, et il est probable que le classicisme de votre construction sera condamné par tel ou tel correcteur, pour pédantisme, comme peut l’être par exemple un passé simple.

Benezet Grand maître Répondu le 3 août 2022
Votre réponse
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