Les bruits qu’il a imaginé/imaginés être (…)

Bonjour,

Malgré mes recherches sur les règles de l’accord du participe passé suivi d’un infinitif, je n’arrive pas à trancher ce cas : « les bruits qu’il a imaginé être des voix », ou « les bruits qu’il a imaginés être des voix » ?

Peut-on dire que « les bruits » est sujet de l’action « être », ici, puisqu’il ne s’agit que d’une supposition (il a imaginé) ?

J’ai lu ailleurs que le participe passé de certains verbes d’opinion et de déclaration était invariable quand il était suivi d’un infinitif. L’un des exemples donnés était : « Une petite coupe de porcelaine, vieille et qu’on eût cru venir d’un Orient plus lointain » (Gide, Incidences). Ici l’on n’accorde pas, alors que la coupe de porcelaine semble pourtant bien sujet de l’action « venir » ?

« Imaginer » est-il donc considéré comme un verbe d’opinion, et son participe passé suivi d’un infinitif est-il lui aussi invariable ?

Je vous remercie par avance !

June Amateur éclairé Demandé le 20 janvier 2021 dans Accords

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4 réponse(s)
 
Bonsoir,

La règle est bien connue, qui énonce : « Les verbes exprimant une opinion (croire, imaginer, penser, supposer, estimer, etc. = « et autres semblables ») ou une déclaration – certains grammairiens disent d’énonciation (dire,  affirmer, prétendre, etc.) peuvent être précédés du relatif que et suivis  d’un infinitif dont le pronom relatif est sujet du C.O.D. Le PP de leur forme composé reste  invariable, parce que le relatif ne peut pas être interprété ,comme leur C.O.D. Des sublimités qu’on a reconnues être des fautes de copiste. A. France, cité par « le Riegel ».

Je Bon usage actuel va dans le même sens : « Le participe des verbes exprimant une opinion (cru, pensé, espéré… ou une déclaration (dit, affirmé… ) est invariable, parce qu’on est contraint de considérer que l’objet direct est la proposition infinitive :
Ces lettres que vous m’avez dit être de madame d’Ange (Dumas filsDemi-monde, III, 12)— Une éducation que j’ai su depuis avoir été brillante (BourgetDrames de famille, p. 41)— Des sublimités qu’on a reconnu être des fautes du copiste (FranceJardin d’Épicure, p. 223)— Une petite coupe de porcelaine, vieille et qu’on eût cru venir d’un Orient plus lointain (GideIncidences). »  Tiens! c’est votre ex. !

Toutefois, Les tolérances  orthographiques de 1990 admettent l’accord et l’absence d’accord (article 10). Ces tolérances ne sont pas  d’emploi obligatoire mais « recommandé ».

Prince (archive) Grand maître Répondu le 20 janvier 2021

On compare :
1. Ce sont des bruits qu’il a imaginés. : le pronom relatif « que » reprend « bruits » ; il est COD –> il a imaginé des bruits.
2. Les bruits qu’il a imaginé être des voix en réalité n’existent pas : le pronom « que »  reprend  « bruits »  : il est, comme vous l’avez bien vu, l’agent de « être » —> il a imaginé : les bruits sont des voix  et c’est cette proposition qui est COD d’imaginer, pas les bruits.

Cette  phrase 2 peut s’analyser ainsi :
Les bruits en réalité n’existent  pas – il a imaginé au sujet de ces bruits qu’ils sont des voix
—>

Les bruits qu’il a imaginé être des voix : pas d’accord. Le COD est neutre et de plus placé après.

Tara Grand maître Répondu le 20 janvier 2021

Merci beaucoup pour votre réponse ! Je penchais plutôt pour cette option sans arriver à l’analyser.

Cette réponse est-elle valable dans le cas où les bruits sont réels et se révèlent être effectivement des voix ? J’imagine que oui, cela ne change rien puisque la construction grammaticale est identique.

Par ailleurs, pourquoi le COD n’est-il pas toujours considéré comme neutre dans ce type de cas ?
Dans l’exemple donné ici, « Cette annonce, ils ne l’ont pas vue venir », pourquoi faut-il faire l’accord ? Est-ce que ce serait différent si on écrivait « L’annonce qu’ils n’ont pas vue/vu venir » ?

June Amateur éclairé Répondu le 20 janvier 2021

Merci beaucoup pour votre réponse !

L’accord dans l’exemple « Des sublimités qu’on a reconnues être des fautes de copiste », cité pour la première fois dans votre message, est-il donc une erreur de frappe ? (Bien que cette orthographe soit tolérée depuis 1990, donc.)

Par ailleurs, si je comprends bien, on écrit effectivement : « L’annonce qu’ils n’ont pas vue venir », puisque le verbe « voir » n’est pas un verbe exprimant une opinion ou une déclaration.

June Amateur éclairé Répondu le 20 janvier 2021
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