Le pléonasme grammatical

J’ai compris qu’il y a un « de » caché dans dont,en,son,sa et les autres adjectifs possessifs. Et je crois avoir compris qu’il faut éviter ce genre de redondance :

– De toute cette réunion,
 on peut en conclure que nos efforts ont porté leurs fruits

Le « en » de « on peut en » faisant redondance avec le « de » de « de toute cette réunion » il faut le supprimer. Mon raisonnement est-il correct ?

Aussi dans la proposition suivante :
– Ce type de diamant est rare, c’est ce qui en fait la valeur

Le « en » dans « ce qui en fait » renvoie à « ce type », donc pas de redondance, donc pas besoin de supprimer le « en ». Mon raisonnement est-il correct ?

Je vous remercie de votre aide.
Bonne soirée.

JeanBtc Membre actif Demandé le 26 mars 2020 dans Général
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11 réponse(s)
 

Lorsque « en » a le sens de : cela, une partie de cela, le participe passé est, généralement, invariable. Il remplace le COD

Des livres, j’en ai lu beaucoup.

Dans votre phrase : Ce type de diamant est rare, c’est ce qui en fait la valeur.
« en »=représente »de ce diamant », le complément du nom et non le COD.

Autre point: Quand, en plus de « en », la phrase contient un COD comme dans cette phrase :

Ce livre est une mine d’or, tu n’imagines pas les enseignements que j’en ai tirés.

« en » n’est pas COD, donc la règle de l’accord invariable ne s’applique pas, le COD étant « que », mis à la place de « les enseignements ».
« en » est mis à la place de « de ce livre ».

joelle Grand maître Répondu le 26 mars 2020
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Je suis d’accord avec vous sur tout :
De cette réunion, on peut conclure…
Ce type de diamant est rare, ce qui fait sa valeur.

joelle Grand maître Répondu le 26 mars 2020
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Joëlle, il me semble qu’il est correct d’écrire :
Soit : ce type de diamant est rare, ce qui en fait la valeur.
Soit : ce type diamant est rare, c’est ce qui fait sa valeur.

Tara Grand maître Répondu le 26 mars 2020

Je pense que vous avez raison, il y a en effet deux possibilités.

le 26 mars 2020.
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Tara a raison.

Autre ex. :
Il adore cette ville et il  en connaît tous les quartiers.

 On peut dire aussi : Il adore cette ville et il connaît tous ses quartiers .

J’ai des références en cas de nécessité.

 

Prince Grand maître Répondu le 26 mars 2020
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Pourtant dans la règle : « le participe passé employé avec avoir, précédé du pronom en COD » on a beaucoup d’exemples comme :
– Des roses, j’en ai cueilli.

Il y a une redondance de « des » qui dans ce cas là est acceptable alors qu’elle ne l’ait pas dans le cas du « de »

JeanBtc Membre actif Répondu le 26 mars 2020
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Réponse à votre commentaire : « Des roses, j’en ai cueilli. Il y a une redondance de des qui dans ce cas-là est acceptable alors qu’elle ne l’est pas dans le cas du de. »

Non, il n’y a pas deux fois « de ».
Le « des » de « des roses » n’est qu’un simple déterminant indéfini pluriel, c’est juste le pluriel de « une » (une rose, des roses).
Le mot « en » entre en concurrence avec la préposition « de », comme vous l’avez compris. Mais il ne remplace jamais le déterminant indéfini pluriel « de » ni « des ».
– Vos roses, j’en ai cueilli.
– Des roses, j’en ai cueilli.
– De belles roses, j’en ai cueilli.
(vos, des, de… sont des déterminants ; il n’y a pas de double emploi à utiliser le mot « en », qui ne reprend pas la préposition « de » (cette préposition n’est pas présente) mais ajoute, pour le sens, sans pléonasme une notion partitive (une partie de).

Par contre, dans le cas d’un « de » qui ne serait pas un déterminant mais un partitif placé avant un déterminant, oui, appliquez votre règle (choisir entre « en » et « de ») :
— Vos roses, j’en ai cueilli.
De vos roses, j’ai cueilli (ça ne se dit pas, c’est très artificiel, mais c’est valide syntaxiquement).
De ce vin, j’ai vendu une bouteille
— Ce vin, j’en ai vendu une bouteille.

Le cas qui peut poser problème est quand « des » = « de les ».
Effectivement dans ce cas, la préposition « de » est présente dans l’article contracté.
Des vins de ma cave, j’ai vendu une bouteille
— Les vins de ma cave, j’en ai vendu une bouteille.

Peut-être estimez-vous qu’il n’y a pas une différence fondamentale entre « des roses » qui veut dire « de les roses » et « des vins de ma cave » qui veut « de les vins de ma cave », qu’il y a un sens partitif, autant dire une préposition « de », dans les deux cas. Vous m’auriez posé la question il y a cinq ou huit siècles, j’aurais partagé votre avis. C’est la même construction, et dans le fond ça a le même sens. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, dans la plupart des cas, « des » ne signifie plus « de les », ce n’est plus le mot « de » suivi d’un déterminant, mais c’est un déterminant en soi. Chaque fois que vous pouvez penser que « des » est le pluriel de « une », alors vous devez considérer que c’est un simple déterminant ayant perdu sa connotation partitive, et qu’il n’y a aucun pléonasme grammatical à utiliser plus loin le partitif « en ».

Concorde Amateur éclairé Répondu le 27 mars 2020
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Concorde : lorsque vous écrivez (d’ailleurs fort justement) : Vous m’auriez posé la question il y a cinq ou huit siècles, j’aurais partagé votre avis. C’est la même construction, et dans le fond ça a le même sens. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, dans la plupart des cas, « des » ne signifie plus « de les », ce n’est plus le mot « de » suivi d’un déterminant, mais c’est un déterminant en soi.
Vous risquez d’embrouiller vos lecteurs.  C’est pourquoi je me permets de préciser :

On trouve dans le TLF :
DES  article indéfini pluriel : Étymologie et Histoire Ca 1150 ( G. Raynaud de Lage : Si li tendoit des blanches flors). Article partitif des, formé de de* + les.

—-
Mais laissons l’étymologie.
Comme Prince le faisait remarquer  récemment, le pléonasme peut être voulu, et avoir une raison d’être.
Certes, dans l’exemple ci-dessus : des vins de ma cave, j’en ai vendu une bouteille on a pléonasme mais justifié  semble-t-il.  On a en effet un double procédé de reprise servant à une mise en relief. La phrase de base étant : j’ai vendu une bouteille des vins de ma cave.
La mise en relief utilise le déplacement du complément du nom  (mis en apposition) et sa reprise par le pronom « en ».

Tara Grand maître Répondu le 27 mars 2020
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Merci Tara de votre commentaire.

J’ai interprété la question de JeanBtc ainsi : « dans ‘des roses‘, n’y a-t-il pas le mot ‘de‘ ? ».
J’ai fait l’effort d’écrire trois paragraphes pour affirmer péremptoirement que non, il n’y a pas de ‘de‘ dans ‘des roses’, que ça n’a rien à voir, et qu’il ne faut pas confondre la préposition et le déterminant. Je pense avoir été assez clair. C’est la réponse simple et pratique qu’il faut donner à un écolier ou à un étranger.
Puis dans le dernier paragraphe j’ai craqué en me disant que je m’adressais à un étudiant intelligent, et j’ai reconnu que bien sûr que oui, il reste une trace de la préposition ‘de‘ dans le déterminant indéfini pluriel ‘des‘. Si JeanBtc pose la question, c’est qu’il en a conscience, qu’il sait bien que « j’ai cueilli de vos roses » et « j’ai cueilli des roses », en creusant un peu, c’est la même construction, et qu’il y a donc encore une vieille trace de la préposition ‘de‘ dans ‘des roses‘. Je n’ai certainement pas voulu l’embrouiller, mais au contraire le rassurer pour lui dire que son approche n’est pas absurde, qu’elle a même une certaine logique, qu’elle aurait été valide autrefois, mais que c’est fini. Aujourd’hui, il faut considérer ‘des‘ comme le pluriel de ‘un‘.
Ce qui était une préposition contractée avec un déterminant défini (des = de + les) est devenu un déterminant indéfini à part entière (des = pluriel de un = plusieurs). Je trouve parfois des cas d’ambiguïté entre ces deux sens proches, je ne sais pas toujours me l’expliquer, mais je sais que la transition de l’ancien sens vers le nouveau sens est presque achevée. On doit cesser d’y voir un ‘de‘ caché. Et on écrit à suivre ‘en‘ sans pléonasme grammatical : des fleurs, j’en ai cueilli.
C’est seulement quand il est très clair qu’il y a un ‘de‘ caché qu’on doit en tenir compte. On le repère si on peut intercaler un mot : si en disant « des fleurs de mon jardin », on pense « de toutes les fleurs de mon jardin ».
– Les fleurs de mon jardin, j’en ai cueilli la moitié.
– Des fleurs de mon jardin, je n’ai cueilli que la moitié.
On peut peut-être, puisque vous le dites, faire une répétition.
– Des fleurs de mon jardin, j’en ai cueilli la moitié.
Mais une langue soignée s’affranchit du ‘en‘ (je ne parlerai pas des Anglais = des Anglais je ne parlerai pas, et non : des Anglais je n’en parlerai pas.
Extrait de la chanson « j’ai descendu dans mon jardin » : « des dames, il ne me dit rien ». Un équivalent serait : « les dames, il ne m’en dit rien ». La répétition « des dames, il ne m’en dit rien » serait un vrai pléonasme, peut-être acceptable à cause de la virgule si vous voulez, ce ne serait finalement qu’une répétition, pas forcément interdite, mais je n’aime pas cette façon de voir.
La question était d’ordre grammatical, j’y ai répondu de façon grammaticale.
Je reconnais qu’on ne dit plus beaucoup « de ces fleurs j’ai cueilli », qu’on dit plutôt « ces fleurs, j’en ai cueilli », et qu’un intermédiaire est parfois utilisé (mais à tort) « de ces fleurs, j’en ai cueilli ».
On évite de même « à cette source, j’y ai bu ». On préférera « cette source, j’y ai bu » ou « à cette source, j’ai bu ».
Les pléonasmes grammaticaux sont en effet généralement proscrits. Mais une virgule permet une rupture syntaxique et donc de faire un simple pléonasme sémantique, et celui-là n’est jamais proscrit, il peut être volontaire.

Vous défendez la possibilité « des vins de ma cave, j’en ai vendu une bouteille », et moi non. C’est un pléonasme grammatical, sachant que mon double exemple dit clairement que « des vins de ma cave » signifie précisément « de les vins de ma cave », « de tous les vins de ma cave », avec un ‘de‘ qui est une préposition portant exactement le même sens que le ‘en‘.

On dit « des pommes, j’en ai vendu » parce que le ‘des‘ est un déterminant pluriel ayant perdu son sens partitif et que le ‘en‘ est une indication d’appartenance à un groupe avec sens partitif.
Mais on n’accepte pas « des pommes de mon verger, les rouges en sont les meilleures », parce que le ‘de‘ caché dans ‘des‘ a exactement le même sens que le ‘en‘. C’est un pléonasme grammatical selon moi rigoureusement interdit.

En conclusion, je pense avoir eu raison d’évoquer en fin de réponse l’étymologie du déterminant ‘des‘ issu d’un ‘de les‘, puisque c’était l’objet de la question, et d’autre part je suis en désaccord avec votre seconde objection.

Enfin, je remercie JeanBtc qui en parlant d’emblée de « pléonasme grammatical » a bien montré qu’il s’agissait de chercher s’il ne subsistait pas un sens identique dans le ‘des‘ et dans le ‘en‘ qui suivait. Ma réponse est « généralement non puisque le mot ‘des‘ a évolué en déterminant à part entière ; mais parfois oui puisqu’il existe de rares cas où ‘des‘ conserve encore clairement son sens de ‘de les‘.

Concorde Amateur éclairé Répondu le 27 mars 2020
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Au fond, je dis simplement ceci : le pléonasme, qu’il soit lexical ou grammatical, est, s’il est voulu, une figure de style.
TLF : Terme ou expression qui ajoute une répétition (consciente ou inconsciente) à ce qui a été énoncé. […]Les expressions «je l’ai vu de mes yeux, entendu de mes oreilles» sont des pléonasmes admis et fort usités. Quand le pléonasme n’ajoute rien à la force ou la grâce du discours, il est vicieux

Wikipédia : Le pléonasme est une figure de styke où l’expression d’une idée est soit renforcée soit précisée par l’ajout d’un ou plusieurs mots qui ne sont pas nécessaires au sens grammatical de la phrase, et qui sont synonymes.
C’est un mode d’expression aussi fréquent dans la langue littéraire que dans le langage familier. Dans celui-ci, la figure est parfois involontaire comme dans l’expression « monter en haut » et cette faute devient une périssologie.

Tara Grand maître Répondu le 27 mars 2020
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Bonsoir Tara,
Et moi je maintiens que
— des pommes de mon verger, les rouges en sont les meilleures
— j’en ai parlé de cela
— de tous les vins de ma cave, j’en ai vendu une bouteille
sont des fautes de français, parce que ce sont des pléonasmes syntaxiques.
Vous pouvez les défendre. Mais ils ne servent ni à insister, ni à préciser, ni à répéter. Ils ne sont ni littéraires ni familiers.
En revanche, les pléonasmes que j’ai appelés sémantiques et que vous appelez lexicaux sont pratiquement tous possibles si volontaires. Certains sont ridicules ou inutiles, certains insistent trop, mais ce n’est pas grave. Je ne parlais pas de ceux-là. Je ne parlais que du « de » et du « en » dans une même phrase, ne répétant pas une idée ou une chose mais représentant deux fois une même articulation entre les choses. À vrai dire, je répondais à la question. On ne parle pas dans ce topic de « je monte en haut » (pléonasme de sens) mais de la différence entre « j’en mange des fraises » (pléonasme de construction) et « des fraises, j’en mange » (absence de pléonasme, le pronom étant une reprise d’un nom avec déterminant indéfini et non une répétition inutile).
Répondez aux questions de JeanBtc (toutes très précises) plutôt que de pinailler sur mes réponses en les délayant avec du hors-sujet sorti de Wikipedia.

Concorde Amateur éclairé Répondu le 27 mars 2020
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