LA PLUPART D’ENTRE NOUS
Bonjour,
Je trouve dans la traduction de Retour à Lake Grove (Julie Courtney Sullivan) cette phrase : « La plupart d’entre nous continuaient à mener nos petites vies tranquilles. »
Est-elle correcte ? Le télescopage du verbe à la troisième personne du pluriel et du possessif à la première personne du pluriel ne me paraît pas judicieuse.
Ne devrions-nous pas davantage écrire : « La plupart d’entre nous continuaient à mener leurs petites vies tranquilles » ou, éventuellement, « la plupart d’entre nous continuions à mener nos petites vies tranquilles » ?
Merci de votre retour,
Karine
Oups, ce n’est pas chez J. Courtney Sullivan que j’ai trouvé cette phrase, mais chez Julia Glass, dans En ces temps de tempête.
« Après un collectif ou une expression exprimant la quantité comme la plupart, beaucoup, plusieurs, un grand nombre, etc., ayant pour complément le pronom nous ou vous précédé de la préposition d’entre (ou plus rarement parmi), le verbe s’accorde presque toujours à la troisième personne du pluriel
Lorsque le complément du sujet est le pronom nous, il est possible, mais moins courant, d’accorder le verbe à la première personne du pluriel, notamment pour insister sur le fait que la personne qui parle ou écrit s’inclut dans le groupe. Par ailleurs, on accorde à la même personne que le verbe les pronoms et déterminants qui le suivent. » BDL
On peut donc écrire
La plupart d’entre nous continuaient à mener leurs petites vies tranquilles.
Mais il serait plus habile d’écrire :
La plupart d’entre nous continuaient à mener sa petite vie tranquille, chacun n’ayant qu’une vie, le singulier est possible, et passe mieux.
ou bien :
La plupart d’entre nous continuions à mener notre petite vie tranquille.
Vous êtes-vous bien relue pour « la plupart d’entre nous continuaient à mener sa petite vie tranquille » ?
Que l’on mette le complément au pluriel ou non est en effet optionnel mais l’adjectif possessif doit être cohérent avec son antécédent et « la plupart » commande impérativement le pluriel. Donc : « La plupart d’entre nous continuaient à mener leur(s) petite(s) vie(s) tranquille(s). »
Votre analyse et vos propositions me semblent irréprochables.
Il faut en effet choisir de manière cohérente entre la 3e personne du pluriel (la plupart = les plus nombreux) et la 1re personne du pluriel.
NB Le choix est possible si aucun élément n’impose l’un ou l’autre. On trouve par exemple chez Baudelaire : « [Cette réserve] qui empêche la plupart d’entre nous de faire une exhibition publique de nos propres erreurs et infirmités. » Ici, en l’absence verbe conjugué, on pourrait tout aussi bien écrire « …exhibition publique de leurs propres erreurs. »
Merci de vos retours.
Toutefois cette phrase : – « La plupart d’entre nous continuaient à mener sa petite vie tranquille » – ne m’est pas naturelle.
Pourrions-nous aussi accepter : « La plupart d’entre nous continuaient à mener leur petite vie tranquille » ? De la sorte, on a bien l’idée que chacun n’a qu’une vie. Même si à l’oral, évidemment, la distinction ne s’entend pas.
Karine
J’ai répondu entretemps à Tara sur cette formulation. Il ne s’agit pas de naturel mais de cohérence grammaticale.
