« y » nécessaire ou pas?

Bonjour,

Je ne comprends pas l’intérêt de mettre « y » dans cette phrase ; et d’ailleurs ,ce « y » n’est -il pas fautif?

« Bon , je dis ça, mais un de ces prochains matins, dès qu’il y   va faire beau et doux, dès que les premiers fruits de l’été vont arriver, je sais exactement ce qui va se passer. »

merci d’avance.

Arno123456789 Débutant Demandé le 7 février 2015 dans Général

ARNO, SI VOUS EN AVEZ LE TEMPS pouvez-vous nous dire de quel texte vient cette phrase et qui en est l’auteur ?

Et éventuellement, en quelques mots, nous en raconter le contexte ?

le 9 février 2015.

Texte d’origine repéré : http://psychoactif.blogspot.ch/2010_04_01_archive.html . Il s’agit d’un blog personnel.

Pas trace d’une complication d’interprétation :  il s’agit banalement d’une erreur de rédaction…

le 9 février 2015.

Merci beaucoup Chambaron, ça fait du bien de voir la fin du film !

En effet, vous avez raison, c’est visiblement une erreur de sa part, pas le moindre « lieu » à l’horizon. Mais, étant donné la qualité de son écriture, je suis étonnée qu’il ait fait un si gros « pâté » sur sa belle copie…

le 10 février 2015.
4 réponse(s)
 

Bonjour,

Vous avez parfaitement raison. Il faut supprimer y.

Voici quelques compléments d’emplois de y,  que Grevisse considère comme pronom personnel ou pronom adverbial.

I- Y remplace un COI introduit par à
Je ne m’attendais pas à cette réponse. ──► Je ne m’y attendais pas.
Pierre retourne aux États-Unis la semaine prochaine. ──► Pierre y retourne la semaine prochaine.

II- Y peut remplacer une préposition telle que : sur , dans, chez, devant…
J’ai posé la lettre sur la table avant de partir. ──► J’y ai posé la lettre avant de partir.
Je suis allé chez le coiffeur hier. ──► J‘y suis allé hier.

ATTENTION!
On n’ emploie pas y si le COI est une personne.
À la question: « Penses-tu souvent à ton frère ?» , ne répondez pas  « Oui j’y pense constamment.»,  mais « Je pense constamment à lui
En revanche à la question : «  As-tu pensé à payer ton loyer ce mois-ci?» vous répondrez « Oui, j’y ai pensé.»

Remarque grammaticale.
À la deuxième personne du singulier de l’impératif, le verbe prend, s’il en est besoin, un s euphonique pour éviter l’hiatus.
Vas-y , penses-y

Pour une raison analogue on supprime l’adverbe y devant le verbe aller conjugué au futur et au conditionnel et dont la forme commence par un « i » .
-« Iras-tu au cinéma ce soir ? »
– « Oui, j’irai.» (Pour j’y irai.)
On supprime par haplologie l’adverbe de lieu y pour éviter l’hiatus.

czardas Grand maître Répondu le 7 février 2015

Faux, inutile et peu agréable à lire, entendre…
bref vous avez raison 100% : pas de Y !

« Un de ces prochains matins » : le début de la phrase n’est guère léger ni correct non plus, la locution n’apporte rien à la compréhension. dès qu’il va faire beau = il est évident que le beau temps se présentera un jour prochain, soit plus tard, un de ces jours…un de ces prochains jours, n’est-ce pas un pléonasme ?

joelle Grand maître Répondu le 7 février 2015

Il me semble que « un de ces jours » a plus le sens de « on ne sait pas trop quand, bien plus tard, et peut-être même jamais ». Par exemple « Oui, je te la réparerai… un de ces jours ! ». En revanche, « Un de ces prochains jours » est plus précis, plus proche de « bientôt », et ne m’apparaît pas comme un pléonasme. En tout cas, je trouve « Un de ces prochains matins » tout à fait léger et charmant, que reprochez-vous à ce début de phrase ? Personnellement, je trouve qu’il apporte une précision importante : c’est bientôt le Printemps dans les vergers !

le 8 février 2015.

Sauf pour retranscrire certains parlers locaux qui abusent de ce « y » paysan…

Chambaron Grand maître Répondu le 7 février 2015

Pourtant, dans cette phrase, ça n’est pas le « y » qui me semble erroné, mais plutôt le temps employé.
Tout dépend du contexte, évidemment, mais voici comment je comprends cette phrase :
J’imagine que l’auteur parle d’un lieu particulier (son village par exemple) qu’il décrit sans doute comme triste et sans vie, ou qui n’incite pas à la romance, « mais dès qu’il y fera beau et doux » les choses vont changer.
En revanche, si ce « y » ne renvoie pas à un lieu, il n’a effectivement rien à faire là.

CATHY LÉVY Grand maître Répondu le 7 février 2015

Réflexion faite, je ne suis pas si sûre que la construction de la phrase soit contestable. En effet, si je peux écrire « Dès qu’il va faire beau » je peux donc écrire « Dès qu’il va y faire beau »  (en parlant d’un lieu), ce qui ne choquera personne. D’autre part, ne peut-on pas écrire « Il va y trouver sa place » aussi bien que « Il y va trouver sa place« , forme sans doute plus littéraire ? L’explication que je peux en donner est que l’auteur a sans doute trouvé l’inversion préférable au hiatus. Arno, cela finit par exciter ma curiosité ! Pouvez-vous nous dire de quel texte vient cette phrase et qui en est l’auteur ?

le 8 février 2015.

Il est certain que « y » fait référence à un lieu mais outre l’haplologie : j’y irai (contrairement à j’y vais) ou il y y a …il est sans doute inutile / redondant puisque l’on comprend bien « que dès qu’il va faire beau », le beau temps concernera le lieu dont il est question. Vous avez raison sur l’inversion que l’auteur a préférée au hiatus, mais cela n’ajoute rien pour la compréhension. Lisez plutôt, « mais un de ces prochains matins, dès qu’il va faire beau et doux, dès que les premiers fruits de l’été vont arriver, je sais exactement ce qui va se passer. » La phrase commence d’ailleurs par une formule un peu relâchée, inutile et très orale… Sauf s’il s’agit d’un dialogue dans un texte et l’auteur – qui est le roi- peut décider de mettre dans la bouche de ses personnages des redondances et des tournures relâchées. Je pensais que la question portait sur l’opportunité d’employer cette formule dans un écrit en projet.

le 8 février 2015.

Je n’ai pas très bien saisi pourquoi vous parlez d’haplologie, dans la mesure où ça n’est pas le cas ici ? Cette phrase semble émaner de quelqu’un « qui sait écrire », je ne sais pas pourquoi, je le subodore… Chaque mot semble choisi, rien n’est jeté au hasard, chaque tournure de phrase est bien pensée. Je ne perçois, personnellement, ni redondance (si l’auteur vient de parler d’un lieu précis, bien sûr), ni même quelque « forme relâchée » ou « inutilité » du début de phrase, (le but, en littérature, n’est pas forcément une écriture « propre ») et je suis très sensible à ce style d’écriture, au contraire. Je peux comprendre que la tournure vous surprenne, et même vous hérisse, bien sûr. Cependant, vous dites « cela n’ajoute rien pour la compréhension ». Peut-être, mais cela apporte une certaine poésie, et la phrase, par son style justement, est évocatrice de la personnalité du personnage qui parle, et suscite même des images ! Elle est là, me semble-t-il, la vraie force d’un écrivain.  En tout cas, il ne me semble pas que sa tournure de phrase soit condamnable, puisque c’est bien la question qui était posée.

le 8 février 2015.

S’il s’agit d’un dialogue dans un texte : l’auteur – qui est le roi- peut décider de mettre dans la bouche de ses personnages des redondances et des tournures relâchées.

Je pensais que la question portait sur l’opportunité d’employer cette formule dans un écrit (non littéraire)  en projet.

le 8 février 2015.
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