verbes pronominaux

Bonjour,

Je veux premièrement vous remercier pour toutes les interventions, pour tous les éclaircissements, j’apprécie beaucoup les services offerts par Le Projet Voltaire.

Deuxièmement, j’ai quelques questions concernant les verbes pronominaux. Pourriez-vous m’indiquer des verbes qui ne prennent jamais une forme pronominale, ou au contraire des verbes qui sont seulement pronominaux, par ex. se taire ?

Il y a une règle générale d’utilisation des verbes pronominaux, par exemple, seulement s’il s’agit des personnes, et non d’objets, comme dans l’expression : la neige a fondu, mais il s’est fondu dans la foule ?

Quelles sont les exceptions ?

Cordialement,

Olga Aman

olga_aman Membre actif Demandé le 9 août 2015 dans Conjugaison

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2 réponse(s)
 

Tout d’abord, il est inutile de dresser la liste (infinie) des verbes non pronominaux : ils se conjuguent sans les pronoms réfléchis me, te, se, etc.

Ensuite, le verbe se taire n’est pas nécessairement  pronominal : il tait la vérité.

Les verbes essentiellement (strictement) pronominaux sont ceux qui ne s’emploient qu’à la forme pronominale, ils sont inséparables du pronom réfléchi.
Là aussi la liste est longue, en voici quelques-uns : s’absenter, s’enfuir, s’évanouir, se méfier, s’abstenir, s’envoler, se fier, s’obstiner, se repentir, s’ensuivre, s’exclamer, se souvenir, etc.
On trouve aussi dans cette catégorie, des verbes existant à la voix active mais avec une signification différente (S’apercevoir = se rendre compte, apercevoir = voir. S’oublier = ne plus penser à soi, oublier = omettre).

En revanche, je ne comprends pas bien votre dernière question. Je ne vois pas de règle particulière correspondante.

jean bordes Grand maître Répondu le 9 août 2015

La réponse de Jean Bordes est pertinente et complète sur le plan grammatical et lexical. Ajoutons tout de même les pronominaux impersonnels – il s’est mis à pleuvoir –  et les réciproques – ils se sont insultés .

Sur un plan plus linguistique, et pour tenter de cerner votre interrogation, on peut citer le philosophe Paul Ricœur : Tous les actes où je «prends position» (par rapport à une réalité, une fiction, un souvenir, un projet) sont susceptibles d’être confirmés et non altérés par une conscience de soi plus explicite. Ce sont ces actes que la langue exprime par un verbe pronominal:  se souvenir, se représenter, se décider (Philos. volonté, 1949, p.59).

En ce sens, tout verbe transitif direct ou indirect peut techniquement s’employer pronominalement, même si le résultat peut se révéler surprenant sur le plan littéraire. Il y a là place pour un procédé de style dont je n’ai pas le nom, mais qui devrait s’appeler « pronomalisation ».
Employez par exemple accoucher, adouber, bouder, traire, balayer, et tant d’autres dans une forme pronominale, et vous obtenez un effet inhabituel car ces verbes ne sont normalement pas utilisés de manière réfléchie et le complément d’objet est généralement un tiers ou un objet.

Matière à réflexion, mais dans un autre contexte que celui de ce blogue d’orthographe…

Chambaron Grand maître Répondu le 9 août 2015
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