Un doute
Bonjour tout le monde.
J’ai un doute sur l’accord d’un participe passé. D’un côté, j’ai l’impression qu’il faut accorder en vertu de « si le COD est placé avant le verbe, etc. » De l’autre, quand j’accorde, cela me fait saigner les yeux, j’ai vraiment l’impression de voir une grosse faute.
Alors dites-moi svp, dans la phrase suivante, faut-il ou non accorder le participe passé. Merci de me dire quelle règle s’applique s’il ne faut pas accorder.
« Henry, de son côté, commençait à être du même avis, voyant les conséquences désastreuses que cela avait engendrées. »
La règle du participe passé permet au moins d’éclaircir certaines constructions et le sens de certains mots.
Henry, de son côté, commençait à être du même avis, voyant les conséquences désastreuses que cela avait engendrées.
Pourquoi cet accord ?
Voici les deux phrases de base.
1 Henry, de son côté, commençait à être du même avis, voyant les conséquences désastreuses.
2 cela avait engendré des conséquences désastreuses.
Quand on subordonne la 2 à la 1, la répétition de l’élément en gras n’est plus possible. On le remplace en 2 par un pronom (relatif: qui relie. en l’occurrence, « que », qui en prend le nombre et le genre. « conséquences désastreuses est COD dans la phrase de base 2, « que » , qui le remplace, l’est donc forcément aussi.
Le COD « que » est placé avant > accord du PP avec lui.
Bah, si la règle que vous connaissez vous fait « saigner les yeux », c’est simplement qu’elle est contre-nature. Depuis quatre siècles, malgré l’obstination des grammairiens à l’expliquer, on ne sait toujours pas pourquoi un participe doit s’accorder avec un complément direct antéposé mais pas avec le même postposé. Le français est la seule langue à faire cela et même les Italiens, qui avaient inventé cette idée baroque à la Renaissance, ont fini par l’abandonner.
Il reste à patienter jusqu’à ce que l’usage, les études linguistiques et les programmes d’enseignement en viennent à bout. Le mouvement est bien engagé. En attendant, il faut trainer le boulet, au moins à l’écrit.
