Typographie des lieux étrangers

Bonjour,

Je me demandais comment composer les noms de rues, places, quartiers ou bâtiments étrangers dans un texte en français. Dois-je suivre les règles de la composition française (avec les traits d’union, qui ne sont pas présents dans la langue d’origine) tout en y ajoutant l’italique ? Seulement les traits d’union ? Seulement l’italique ? Aucun des deux ?

Par exemple :
— « la place da República » ou « la place da República »
— « la rua Santa Catarina » ou « la rua Santa-Catarina » ou « la rua Santa-Catarina »…

Merci d’avance à ceux qui sauront trancher !

Claes Membre actif Demandé le 5 août 2022 dans Général

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7 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Pour vos adresses,  comme pour tout élément « étranger » importé » en français (nom de personne, d’évènement, …), il n’y que deux solutions, toujours les mêmes mais qui ne doivent pas être panachées :
1. Soit vous conservez l’élément dans sa langue d’origine (l’italien, le latin, le grec, l’arabe, le chinois, etc.) au plus proche de sa graphie :  caractères non latins, majuscules, signes diacritiques spécifiques (le trait d’union est rare). Dans ce cas, la « balise » est l’italique : il habite via della Conciliazone à Rome ; il occupe un appartement sur l’Alexanderplatz ;  à Pékin, j’ai eu la chance de voir la place 天安门  libre de chars. Dans ce cas, il n’est évidemment pas inutile de préciser la traduction, comme pour la place Tian’anmen, dernier nom cité. On peut le faire par des incises (entre virgules, parenthèses, tirets cadratins) ou par une note de bas de page.
2. Soit vous francisez tout ce qui peut l’être, en veillant de près à la « propreté » de votre traduction sur la base de dictionnaires, d’encyclopédies, d’articles de presse ou de toute source crédible. On peut alors faire apparaitre les signes habituels du français écrit : accents, traits d’union, etc. Dans ce cas, vous rédigez en romain.
Dans toutes les hypothèses, il n’y a pas de place pour des guillemets.

Le choix entre les deux solutions est une décision soit stylistique de l’auteur (conserver le parfum des noms d’origine) soit éditoriale (principes de la collection d’un éditeur par exemple), soit encore circonstancielle (ouvrage technique, récit de voyage).

P. S. Je  transcris en ce moment un manuscrit du début du XXe siècle dont l’auteur est un globe-trotter impénitent : cela donne un peu d’expérience sur ces questions…

Chambaron Grand maître Répondu le 6 août 2022

Tout à fait d’accord avec vos explications, sauf pour l’exemple en chinois.

Des caractères chinois dans un texte en français destiné à des Français ne sont pas lisibles.

Le mot Tiān’ānmén n’est pas une traduction du mot 天安门, mais une autre forme d’écriture chinoise, le pinyin. C’est en fait une transcription phonétique basée sur l’alphabet romain.  En chinois romanisé : La place Tiān’ānmén  ; en français : La place Tiananmen.

La traduction en français est souvent fondée sur le pinyin, mais pas toujours.
Par exemple, nous traduisons par Pékin, le nom de la capitale chinoise 北京 ou Běijīng.

Nous traduisons par Mao Tsé Toung le nom du célèbre dirigeant chinois qui s’appelle en chinois Máo Zé Dōng ou 毛泽东.

Danniello Érudit Répondu le 6 août 2022

Mon exemple chinois était pour le clin d’œil. Les alphabets non latins restent rares dans la vie courante  et l’on utilise à ma connaissance presque toujours les graphies francisées.
Pour Pékin, il y a beaucoup à dire puisque la graphie anglo-saxonne Beijing , inspirée du pinyin, déforme en fait la prononciation réelle du mot (partout en Chine on entend bien un p et non un b). Paradoxal mais vrai : Pékin est une adaptation plus réussie…

le 6 août 2022.

Non, c’est dans un texte (de fiction) en français, donc pas de facteur !

Claes Membre actif Répondu le 5 août 2022

Ah bon !

Prince Grand maître Répondu le 5 août 2022

Merci beaucoup, ça m’a bien aidé !

Claes Membre actif Répondu le 7 août 2022

Bonjour,

Si c’est pour adresse à l’étranger, vous devez écrire celle-ci en usant de la composition étrangère, afin que le facteur étranger s’y retrouve.

Prince Grand maître Répondu le 5 août 2022

Bonsoir,
le principe de la fiction étant d’être en dehors de la réalité, je doute qu’une règle impose quoi que ce soit quant « aux noms géographiques ».
Il s’agira donc d’avoir un parti pris constant sur la durée du récit qui pourra s’appuyer sur le fait que la géographie a une importance particulière pour l’intrigue ou non.
Le « petit » roman de Marguerite Duras Dix heures et demi du soir en été en est un exemple.

Ouatitm Grand maître Répondu le 5 août 2022
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