thermo-conducteur ou thermoconducteur ?

Répondu

Bonjour,
je m’interroge sur l’orthographe la plus juste pour ce mot qui ne figure pas dans nos dictionnaires de référence : thermo-conducteur ou bien thermoconducteur ?

Je constate que l’usage semble partagé entre ces 2 options.

Merci.

Brandon Débutant Demandé le 28 juillet 2021 dans Général

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3 réponse(s)
 
Meilleure réponse

La préconisation académique est clairement pour la soudure de tous les éléments formants de nature « technique » (ici thermo-). Il s’agit notamment de faire cesser les interminables querelles sur le trait d’union, apparu au gré des circonstances et de la création de ces mots par le monde scientifique.
On peut reculer devant la longueur excessive que cela engendre (racines multiples dans un même mot rendant difficile sa lecture) ou devant le risque de mauvaise lecture (notamment un o-i devenant oi).
Cela étant,pour ceux qui craignent les critiques des puristes, les deux formes sont acceptées et ne peuvent être reprochées à quiconque.

Chambaron Grand maître Répondu le 28 juillet 2021

Merci pour ce retour, à la fois précis et utile.

Brandon Débutant Répondu le 28 juillet 2021

Si thermoconducteur signifie : ‘qui conduit la chaleur’, alors vous avez simplement un mot intégrant un préfixe, sans trait d’union, pour former un nouveau mot, comme dans ‘supraconducteur ou thermodynamique’.
Que ce ne soit pas dans la logique de la langue française peut nous faire renoncer à ce mot, mais vous ne nous demandez pas notre avis sur la possibilité d’utiliser ce mot. Puisque vous nous imposez ce mot, commençant par du grec et se terminant par du latin, puisque vous ne nous interrogez que sur le trait d’union, c’est ma réponse.
Mon grand-père vous aurait demandé de choisir entre le ‘tout grec’ thermophore, et le ‘tout latin’ caloriconducteur (à vérifier, je ne suis suis bon ni en grec ni en latin ni en histoire de la langue française), mais si vous choisissez de mêler les langues dans un nouveau mot (ce qui n’est pas rare), alors considérez qu’il y a un mot de base précédé d’un préfixe pour créer un nouveau mot. Le genre du mot est celui de l’élément noyau du nouveau mot : un mètre, un thermomètre. Un préfixe ne doit pas être séparé du corps du mot par un trait d’union. Quand vous trouvez un trait d’union dans un mot composé, c’est que vous n’avez pas affaire à un préfixe (dans ‘franco-marocain’, ‘franco’ n’est pas un préfixe).
Il peut exister des exceptions : celle des voyelles qui se heurtent est acceptable comme cas particulier, et peut-être d’autres, mais quand vous êtes bien sûr de votre mot, il n’y faut pas de trait d’union, car cela cesse d’être un mot artificiellement composé pour devenir un mot portant son propre sens, comme désoxyribonucléique.
Vous ne devez pas mettre de trait d’union dans votre mot.

__________________LOve Débutant Répondu le 29 juillet 2021

Ce n’était pas vraiment la question posée…
Cela étant,  même si le principe de ne pas composer de mots à partir de racines de langues différentes a existé, voilà bien longtemps qu’il a volé en éclats sous la pression des besoins croissants en mots « techniques ».
Uniquement pour thermo-, vous pouvez regardez la liste existante dans le TLF-CNRTL (voir ICI) et constater le nombre important de mots associant grec et latin. Si vous vous sentez le cœur d’aller proposer d’autres mots aux scientifiques, je vous souhaite bien du courage…

le 29 juillet 2021.

@chambaron Au moins ma réponse a été lue par quelqu’un, et je vous en remercie. La question concerne le trait d’union et j’y ai répondu bien que vous le contestiez. La question du mélange des langues, c’était un complément à votre réponse, mais vous n’avez apparemment lu que cela dans ma réponse. Il fallait surtout lire que je conteste de votre réponse la possibilité de mettre un trait d’union dans ‘thermoconducteur’, pour une raison de structure du mot, et non pour une raison étymologique. Je dis dans ma réponse que votre réponse est fausse. S’il est vrai que j’estime que les deux questions de l’étymologie et du trait d’union sont parfois liées, il faut lire ma réponse plus formellement pour comprendre pourquoi je conteste la vôtre. Ma réponse s’oppose à la vôtre, elle dit que le trait d’union n’est pas possible, quand vous prétendez le contraire.

J’aurais dû mieux structurer pour mieux présenter mon idée. Je recommence en numérotant les arguments, au présent :
1. On n’écrit pas bio-dynamie, linguist-ique, hydro-céphale, aqua-cole, a-nosmie. C’est-à-dire que les préfixes et suffixes sont toujours intégrés au noyau sans trait d’union. C’est le principe des préfixes et suffixes.
2. Ce ne sont selon moi que des ‘mots composés’ comme ‘porte-monnaie’ ou ‘franco-espagnol’, qui peuvent faire l’objet d’une discussion, et c’est probablement à ces mots composés que vous faites référence en parlant de ‘préconisation académique’. C’est sur ce point que je souhaitais insister. Nous ne sommes absolument pas ici dans un cas où ‘on a le choix’ avec un ‘mot composé’, mais dans l’examen d’un ‘mot intégrant un préfixe’. Je pense que vous faites erreur en cherchant l’avis de l’Académie sur les mots composés quand nous travaillons ici sur un mot non composé mais sur un mot intégrant un préfixe. De façon générale, c’est d’ailleurs toujours une erreur de demander l’avis de l’Académie qui n’a jamais publié le moindre traité sur la composition des mots.
3. Je relève au passage que tous ces mots ont en principe un noyau, un préfixe, un suffixe, venant d’une seule langue. Il est par exemple totalement exclu d’utiliser le préfixe privatif « a » devant une racine latine. Ni vous ni l’Académie ne pouvez le contester. Un mot composé peut en revanche sans problème contenir un trait d’union et des éléments issus de différentes langues.
4. Je précise qu’en sciences, c’est parfois différent ; il y a même un système qui donne un sens spécifique aux préfixes grecs multiplicateurs (décamètre, hectomètre, kilomètre) et aux préfixes latins diviseurs (décimètre, centimètre, millimètre). C’est conventionnel.
5. Je conclus que ‘thermoconducteur’ est un mot formé sur le noyau ‘conducteur’ comme dans ‘supraconducteur’, et formé sur le préfixe ‘thermo’ comme dans ‘thermodynamique’ ; que la logique de la langue française est de souder le préfixe au noyau, et que le trait d’union n’est pas valide. On ne met pas de trait d’union entre le préfixe et le noyau.
6. Il est fréquent en sciences de mélanger les étymologies, le mot ‘thermoconducteur’ est acceptable en sciences, et cela dénote généralement un mot récent. Ce mélange de langues ou cette création récente ne justifie pas le trait d’union.

J’ai bien d’autres choses à dire, mais je les supprime de ma réponse, de peur que mes digressions (fort intéressantes par ailleurs) soient perçues comme une argumentation. Ma seule argumentation formelle ici est que ‘thermoconducteur’ n’est pas un mot composé mais un mot formé sur la base d’un préfixe et d’un mot noyau. PAS-DE-TRAIT-D’UNION !

Je serais heureux de poursuivre avec vous cette conversation ci-dessous afin que nous établissions un consensus ou que nous formalisions notre point de divergence s’il en est.

le 30 juillet 2021.

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il y a peu de choses à ajouter. Merci pour le temps que vous prenez à  répondre sur ce site…

le 30 juillet 2021.
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