Subjonctif ou indicatif ?

Répondu

Bonjour,

J’ai un petit souci avec la phrase suivante :

« J’étais ruiné, abîmé, sans une vieille tante qu’un grand médecin dépêcha dans l’autre monde, en raisonnant aussi bien en médecine que moi en agriculture. »

Je ne comprends pas pourquoi le verbe dépêcher est ici conjugué au passé simple de l’indicatif, car je pensais que la conjonction « sans que » appellerait l’utilisation du subjonctif … J’aurais donc écrit : « sans une vieille tante qu’un grand médecin dépêchât ».

Merci d’avance pour votre aide.

Loanelou Membre actif Demandé le 12 mars 2015 dans Conjugaison

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3 réponse(s)
 
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Ce passage de François-Marie Arouet, dit Voltaire, dans L’Homme aux quarante écus , ne comporte pas d’erreur.

Le personnage y explique qu’il ne peut plus faire appel à sa riche tante, qu’un médecin vient d’expédier ad patres. Un peu plus loin, il détaille comment son héritage est perdu du fait de lois mal faites…

Le « que » ne se lit donc pas dans la locution « sans que » avec un subjonctif, mais comme un pronom qui se rapporte à tante, et « dépêcha » est un banal passé simple.

Il faut reconnaître que la lecture des auteurs du XVIIIe siècle demande de la concentration !

Chambaron Grand maître Répondu le 12 mars 2015

L’utilisation du subjonctif dans les subordonnées est obligatoire après les verbes exprimant le doute, le désir, l’hypothèse…
EX. : Il se peut qu’elle vienne ; je doute que cela te plaise, je souhaitai qu’il m’expliquât cette démarche….
Bien sûr, ces cas relèvent d’une situation qui n’est pas la réalité, la réalité étant exprimée par l’indicatif.

Dans votre phrase, il me semble que la subordonnée exprime un fait ancré dans la réalité ; on pourrait reformuler ainsi :
« j’étais ruiné si une tante n’était venue à mon secours…si un grand médecin n’avait pas dépêché….
==> Je n’aurais pas utilisé le subjonctif.

Certes cette logique n’est pas toujours respectée par la règle : mon père est le seul qui me comprenne…
En outre, certaines conjonctions imposent le subjonctif (jusqu’à ce que, afin que )  et pas d’autres (après que).

ATTENTION : 
Loc. conj. Sans que + subj.  (source CNTRL)
Mêmes valeurs que sans + verbe à l’inf. Par pudeur de souvenir et par fierté, elle ne pouvait se résoudre à le revoir. Et Christophe ne se crut point permis de venir, sans qu’elle l’y invitât (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1504).On peut dire que si Swann épousa Odette, ce fut pour la présenter, elle et Gilberte, sans qu’il y eût personne là, au besoin sans que personne le sût jamais (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 470).

joelle Grand maître Répondu le 12 mars 2015

Ce qui vous trompe peut-être, le pronom  « que » :
attention, toutes les subordonnées n’exigent pas le subjonctif (a contrario, le subjonctif est toujours précédé de « que »).

En l’occurrence, le pronom relatif « que », introduisant une subordonnée relative n’est généralement pas suivi du subjonctif (le chat que je vois sur ce canapé est très mignon) , sauf dans l’expression « le seul qui  » ou
« je cherche un chien qui sache chasser » (attention à l’oral).

le 12 mars 2015.

Merci beaucoup, c’est désormais beaucoup plus clair pour moi !

Loanelou Membre actif Répondu le 12 mars 2015
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