Sans que je n’aie ? Sans que j’aie ?

Bonjour,

« Il comprend tout sans que je n’aie rien à lui dire ». Cette phrase est-celle correcte ?
sans + négation + « rien »… Il me semble que ça fait beaucoup !
J’aurais mis « sans que j’aie à lui dire quoi que ce soit ».

Qu’en pensez-vous ? Merci !

Magicoco Amateur éclairé Demandé le 30 septembre 2020 dans Général
2 réponse(s)
 

Il comprend tout sans que je ne lui dise rien / sans que je n’aie rien à lui dire.
Surtout, n’enlevez rien !
C’est très bien.

joelle Grand maître Répondu le 30 septembre 2020

Le Dictionnaire de l’Académie française, 9e édit., art. sans. 

 

« L’emploi de ne explétif dans une proposition introduite par sans que doit être évité, même si celle-ci comporte les mots aucun, personne ou rien. Il a fait cela sans que personne puisse s’y opposer. Il posa plusieurs questions sans qu’on lui répondît rien. »

Académie française, rubrique Dire, Ne pas dire. Emplois fautifs.
« Sans que

Cette locution conjonctive n’appelle pas l’emploi de la négation. Sans que personne s’y oppose, sans qu’on en ait rien su.

 

Mais, dans les propositions introduites par sans que, lorsqu’elles s’insèrent dans un contexte négatif, on peut utiliser le ne dit explétif, que n’exige pas la correction grammaticale, mais qui est recommandé dans la langue soutenue. Il vient sans qu’on l’en ait prié, Il ne vient jamais sans qu’on l’en ait prié ou sans qu’on ne l’en ait prié sont toutes des phrases correctes. Seule la phrase Il vient sans qu’on ne l’en ait prié serait fautive. »  [ car contexte négatif]


Le Bon usage actuel : 
« L’Acad., dans une « mise en garde » du 17 février 1966, déclare que « sans que doit se construire sans négation, même s’il est suivi d’un mot comme aucun, personne ou rien, qui ont dans ces phrases un sens positif ». 
— D’une façon générale, ne explétif après sans que est souvent blâmé parce que sans est négatif à lui seul. Mais l’usage littéraire, même celui des académiciens, n’est guère sensible à ces proscriptions. »

La BDL : 
« Par contre, la présence du ne explétif après la locution conjonctive sans que constitue, de l’avis des grammairiens, une erreur, et ce, même si la proposition est suivie de mots tels que aucunpersonne ou rien. Le sens de la préposition sans permet, à lui seul, l’expression d’une nuance négative. Notons que la locution sans que se construit avec le subjonctif.

Exemples :

 – Je crois que nous pouvons régler ce conflit sans que les parents interviennent. (et non : sans que les parents n’interviennent)

– Vous pouvez travailler seuls sans qu’on vous dise constamment quoi faire. (et non : sans qu’on ne vous dise constamment quoi faire)

– Les voleurs ont pris la fuite sans que personne ait pu les intercepter. (et non : sans que personne n’ait pu les intercepter)

– La réunion a été annulée sans qu’il soit prévenu. (et non : sans qu’il ne soit prévenu)

– Elle ne viendra pas sans qu’on l’invite. (et non : sans qu’on ne l’invite)

Date de la dernière actualisation de la BDL : juin 2020

L‘éminent grammairien J. Hanse écrit « Je me garderai bien de parler de faute mais je déconseille ce ne »  [après sans que] et donne uniquement des ex. sans ne.

Ma conclusion : Compte tenu de tout ce qui précède, j’écrirais  « Il comprend tout sans que j’aie rien à lui dire ». Mais ne vous inquiétez pas trop : la position de l’Académie a  été évolutive et les académiciens ne suivent pas tous ses prescriptions

Prince Grand maître Répondu le 30 septembre 2020
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