sans jamais présumer que …
Je suis ennuyée pour une correction.
Voici la phrase : « Prendre soin de la personne implique ainsi d’accueillir son inachèvement, de respecter la singularité de son cheminement et de favoriser les conditions de son accomplissement, sans jamais présumer que celui-ci puisse être définitivement achevé. »
Antidote me dit de mettre l’indicatif pour le verbe pouvoir. Une recherche internet me dit qu’il faut l’indicatif si la phrase est positive et le subjonctif si elle est négative ou interrogative. « Sans que » n’est pas négatif à ma connaissance. Or, l’indicatif me semble quand même faux.
Quelle forme privilégier et pourquoi ?
Bonjour ou bonsoir,
Sans jamais présumer que est une tournure négative laissant justement place à l’incertitude ; comme les autres verbes d’opinion, on utilisera le subjonctif lorsque le sens est négatif.
sans jamais présumer que celui-ci puisse être définitivement achevé.
D’ailleurs, la locution conjonctive Sans que s’emploie toujours avec le subjonctif !
Attention, ici, ce n‘est pas une locution conjonctive ! Le que est une conjonction introduisant une subordonnée complétive, C.O.D de présumer et sans est une simple préposition.
Sans jamais présumer que […] =/= Sans que […]
groupe prépositionnel C.C de manière / subordonnée circonstancielle
(Même si dans les deux ce sera le subjonctif qu’on emploiera, mais pour des raisons différentes !)
Racine est d’accord avec vous : « Contente-toi de déclamer / Sans présumer / Que ton éloquence grossière / Sur le papier puisse charmer. » (Poésies diverses)
À noter que l’emploi du subjonctif présent ou passé ne disqualifie ni le futur de l’indicatif ni le conditionnel :
— … sans jamais présumer que celui-ci pourra être définitivement achevé.
— … sans jamais présumer que celui-ci pourrait être définitivement achevé.
Merci pour la rectification pour le futur et le conditionnel Chambaron !
On peut noter qu’on a souvent le choix entre le subjonctif et l’indicatif,, ce qui souligne l’autonomie de sens qu’a le subjonctif (par exemple, il ne vient pas en redondance et systématiquement après des verbes exprimant l’incertitude, ou le doute, ni, autre exemple, obligatoirement après une tournure négative).
