résonnance ou résonance ?

Répondu

J’ai  toujours utilisé l’orthographe résonnance , or en cherchant l’orthogrape de « résonateur », un ou deux « n », j’ai vu résonance. Dans mes souvenirs, je l’ai toujours vu avec deux « n ».  Est-ce que vous savez quand il y a eu changement d’orthographe ? Je révise actuellement le travail d’un ami et le sujet est traité. Je peux continuer ou… ?

Merci d’avance.

Zully Grand maître Demandé le 9 mars 2017 dans Question de langue

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2 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Depuis 1878 (vous n’étiez probablement pas né), résonance prend  un seul n, comme dans consonance, dissonance, assonance. Mais les verbes résonner, résonnant continuent de vivre avec deux n. Car la langue vit et elle se transforme, dérive, comme un être humain…En outre, de nombreux mots meurent, abandonnés.

J’attire aussi votre attention sur le fait que bonhomme prend 2 m alors que bonhomie n’en prend qu’un seul, idem pour donner MAIS donateur, souffler mais boursouflé…

ou encore : chariot – charrette ; calotte-calotin; combattre-combatif, nommer-nomination…

froc > défroquer ; mastic > mastiquer (diagnostic, pronostic…)
cauchemar sans D

pour ne citer que les plus courants…

joelle Grand maître Répondu le 9 mars 2017

C’est curieux. J’ai beau chercher, je vois ces deux n, mais bon, 1878… Cela fait un bail !

Merci infiniment pour ces explications. Je vais les garder à l’esprit.

le 9 mars 2017.

Bonjour,
Votre étonnement est bien explicable :
http://parler-francais.eklablog.com/un-n-ou-deux-n-a113289936

 Un certains nombre d’anomalies sont rectifiées par la réforme de 1990 :
charriot, bonhommie, boursouffler, combattif, interpeler… Mais pas toutes !

le 9 mars 2017.

Les graphies boursouffler , boursoufflure, boursoufflement sont acceptées depuis le rectifications orthographiques de 1990.

le 9 mars 2017.

C’est un vrai plaisir que de vous lire.  Merci Evinrude et czardas pour ces compléments d’information.  Je suis allée sur le site « Parler français » et relève l’expressIon :  » … la tolérance de l’Académie est à géométrie variable.  » C’est une explication. C’est comme les gens.  Je compreds que si le mot est issu du latin, il n’y ait qu’un seul « n »; quand même résonnace résonne agréablement àmon esprit. Mais, bon… mon cerveau arrive à suivre sans avoir des boursouflures boursouffées.

le 9 mars 2017.

Pour se convaincre de l’efficacité des préconisations académiques de 1878, rien ne vaut un petit Ngram !
Il y a une prime pour savoir pourquoi l’utilisation de ce mot est devenue si courante au XXe siècle, avec un pic dans les années 1950 à 1980…

Chambaron Grand maître Répondu le 9 mars 2017

J’ai cliqué sur Ngram que je ne connaissais pas. C’est fabuleux ! Je ne sais pas si c’est l’appât du gain ou les appas de la fortune (j’espère avoir compris l’utilisation de ces mots bien que la nuance m’échappe) qui me fait me lancer dans la course à la prime.

Je me demande si ce n’est pas lié à l’invention d’un appareil qui mesure la résonance. Sur Internet, je vois qu’il y a eu l’introduction de deux nouveaux types de magnétomètres aux Etats-Unis dans les années 50 et une « démocratisation scientifique »  de leur utilisation dans les décennies suivantes. Cela pourrait être une explication, d’autant plus qu’en anglais on dit resonance et comme les gens ne vont pas chercher plus loin,  ils l’ont repris avec un « n ».

Merci pour votre apport.

le 9 mars 2017.

Votre suggestion est sans doute dans le bon sens : attesté dès 1365, le mot semble s’être longtemps restreint aux domaines musical puis médical. C’est l’extension à la science acoustique qui lui vaut ensuite un tel succès… Peut-être la démocratisation de la haute-fidélité après guerre explique-t-elle la boursouf(f)lure dans la courbe…

Concernant les Ngram, il s’agit d’un outil « dévastateur » dans l’analyse de l’usage de la langue. Même s’il demande du doigté, il permet souvent d’éclairer les recherches un peu poussées et de localiser précisément des attestations indéniables. Si vous êtes abonné Twitter, vous pouvez consulter le mot-clé #Ngram où vous verrez quantité d’analyses dans toutes les langues.

le 9 mars 2017.

Cela me fait plaisir de savoir que je pourrais avoir raison.

Très jolie façon d’utiliser boursouf(f)lure en la mettant dans la courbe.

Non, je n’ai pas de Twitter. Je vais voir si dans mon entourage c’est le cas. Cela m’intéresse.

Puis-je vous demander un éclaircissement au sujet de l’appât et des appas (en lien avec le gain et la fortune) ? Comme je le dis plus haut, je n’ai pas saisi la nuance qui les sépare.

Merci pour tout.

le 10 mars 2017.

appas = attraits, charmes d’une femme (toujours au pluriel).

appât = pâture utilisée pour la pêche. Au figuré : qui excite le désir. Qui tente la cupidité ainsi que la sensualité : l’appât du gain.

À lire

le 11 mars 2017.

Merci czardas. L’article, les articles auxquels vous m’avez renvoyée sont magnifiques. Je n’ai pas été suffisamment explicite au sujet de la confusion que j’ai entre appât et  appas. Je connais, en principe, les significations que vous donnez (ce qui est matériel, d’un côté, et ce qui est désir pour la femme ou ce qui est abstrait, comme la gloire, de l’autre).

Toutefois, la compréhension que j’ai de ces deux mots a une limite. La fortune est-elle considérée comme plus immatérielle, abstraite par rapport au gain ? Plus précisément, voici la phrase qui me fait douter:
« Combien auront succombé, tôt ou tard, aux appas de la fortune ? »

Merci encore une fois pour votre commentaire. J’ai particulièrement aimé la phrase : on n’a jamais créé un impôt en France sans prévoir en même temps des exemptions) ! ». Je dois dire que pour ma part, j’ai arrêté d’acheter des dicionnaires du fait de la nouvelle orthographe. Cela me donne de l’urticaire. J’aime les exceptions, les subtilités et je suis loin de les avoir saisies toutes, la preuve avec l’appât et les appas.

le 12 mars 2017.
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Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.