Question d’accord de participes passés

Bonjour, suite à une correction de test je souhaite connaître l’orthographe exacte et sa justification pour chacune des deux phrases suivantes :
1) La jeune femme que j’ai vue était arrêtée par les douaniers.
2) La jeune femme que j’ai vu se faire arrêter par les douaniers.
J’ai recopié en « 2 » la phrase avec « vu » tel que ce mot a été corrigé.
En effet :
1) Dans la 1ère phrase le correcteur a barré le mot « arrêtée » sans explication.
2 ) dans la 2nde phrase le correcteur a barré le « e » du participe passé « vue ».
Cependant dans les 2 phrases, selon la règle de grammaire : le participe passé conjugué avec le verbe avoir s’accorde en genre et en nombre avec le complément d’objet direct si celui-ci est placé avant le verbe. Or c’est le cas dans les 2 phrases. Il faudrait, me semble-t-il, écrire « vue ».
Merci pour vos réponses.
Benoît

Benoit Débutant Demandé le 3 juin 2016 dans Conjugaison
2 réponse(s)
 

Bonsoir.

La règle que vous donnez est vraie mais ne s’applique pas totalement lorsque le participe passé est suivi d’un infinitif : c’est le cas de votre second phrase.

1- Dans la première phrase, « que j’ai vue » est une subordonnée supplétive, indépendante de « était arrêtée par les douaniers ».
« que » est le COD (représentant « la jeune femme« ) de « vu », placé avant le participe qui s’accorde : « que j’ai vue »
« arrêtée » est la forme passive du verbe arrêter, dont le sujet est « la jeune femme« , et s’accorde avec ce sujet « arrêtée« .

2- Dans la seconde phrase, le participe passé « vu », construit avec l’auxiliaire « avoir » est suivi d’un infinitif « se faire arrêter« .
Suivi d’un infinitif, le participe passé s’accorde avec le COD placé avant s’il fait l’action exprimée par l’infinitif.
Le COD de « vu » est bien la jeune femme », mais « la jeune femme » ici représentée par le pronom « se » est le COD de « faire arrêter », donc ne fait pas l’action de l’infinitif, donc pas d’accord. En effet ce sont les douaniers sui font arrêter la jeune femme.
(en règle générale, si l’infinitif est suivi d’un complément introduit par « par », le participe passé ne s’accorde pas, car c’est ce complément qui fait l’action exprimée par l’infinitif)

La jeune femme que j’ai vue
La jeune femme que j’ai vue monter dans le bus (c’est elle qui monte dans le bus)
La jeune femme que j’ai vue chanter dans la rue (c’est elle qui chante)
La jeune femme que j’ai vu décorer par le maire (c’est le maire qui la décore)

Cordialement

PhL Grand maître Répondu le 4 juin 2016

Le rappel de la règle par PhL est exact, mais l’exemple proposé pose un problème spécifique : le verbe à l’infinitif a une forme passive. C’est donc bien le sujet qui fait l’action de « se faire arrêter » et l’on accorde le participe.
On a donc soit :
 – La jeune femme que j’ai vue se faire arrêter par les douaniers.
soit : 
 – La jeune femme que j’ai vu arrêter par les douaniers (juste à se moment-là, c’est l’action)
soit :
 – La jeune femme que j’ai vu arrêtée par les douaniers (c’est déjà fait, c’est le résultat)

Je pense que la nuance excède les capacités des correcteurs automatiques moyens.

Chambaron Grand maître Répondu le 4 juin 2016

Je me suis posé la question.
Soit il s’agit d’une forme passive et alors c’est « se » le sujet, placé après vu, donc pas d’accord
Mais la forme passive aurait été « que j’ai vue être arrêtée par les douaniers » ou « que j’ai vue arrêtée par les douaniers »
Soit ce sont les douaniers « qui font arrêter » la jeune femme avec le même sens que arrêter, comme par exemple le cocher fait arrêter ses chevaux et il s’agit alors d’une forme pronominale et dans cette acception « se » devient COD
Qu’en pensez-vous ?

le 4 juin 2016.

Sémantiquement, « se faire arrêter par… » (pronominal avec semi-auxiliaire) équivaut à « être arrêtée par… » (passif).
Cet exemple n’est pas très pédagogique car il joue avec des nuances et sens différents de « arrêter » :  arrestation et immobilisation. Pour le cocher par exemple, il n’arrête pas les chevaux directement, car ce sont des êtres vivants et ce sont les chevaux qui s’arrêtent. Ce ne serait pas le cas d’un mécanisme.

Je reconnais que ces tournures sont difficiles et demandent un examen poussé pour choisir l’accord.

J’ai modifié ma réponse pour introduire les variantes.

le 4 juin 2016.
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