pronominalisation d’un nom

bonsoir.
est-ce que ce qui suit est correct?
-L’école du quartier organise un concours de décoration de citrouilles.
-L’école du quartier l’organise.
si oui, pourquoi on n’a pas mis:
-L’école du quartier en organise.

mido Érudit Demandé le 21 septembre 2023 dans Question de langue

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6 réponse(s)
 

Pas de réponse univoque, tout dépend du contexte, exemples :

L’école du quartier organise un concours de décoration de citrouilles, elle l’organise en partenariat avec l’association des citrouillophiles avertis.
le = l’école organise ce concours (= celui que l’on vient de mentionner).

L’école du quartier organise un concours de décoration de citrouilles, elle en organise un tous les ans en partenariat avec l’association des citrouillophiles avertis.
En + un = l’école organise un concours de ce type.

 

Et le pronom en peut bien sûr tout à fait avoir la fonction de COD. Ce qui fait que certains (et donc pas tous) défendent le non accord dans ce cas, c’est que : (Extrait du  Bon Usage.)

marcel1 Grand maître Répondu le 24 septembre 2023

Bonjour,
Le remplacement du groupe nominal par le est tout à fait correct.
En revanche vous ne pouvez utiliser en : en remplace un groupe nominal complément précédé de la préposition de.
J’ai parlé de mes vacances : j’en ai parlé.
Mais en peut remplacer un complément du nom : L’école du quartier en organise un.
En
remplace « de décoration de citrouilles ».

PhL Grand maître Répondu le 21 septembre 2023

Merci à vous.
Mais j’ai trouvé quelque part ce qui suit:
-Le pronom en remplace un COD introduit par un déterminant indéfini
Le pronom “en” peut aussi remplacer un complément d’objet direct introduit par un déterminant indéfini (un, une, des).
Comment par exemple répondriez-vous à cette question : “Tu vends des vêtements ?”.
Le complément “des vêtements” répond à la question “quoi ?” Je vends quoi ? des vêtements. “des vêtements” est donc COD du verbe “vends”.
Vous allez donc répondre : Oui, j’en vends.
Est-ce vrai ?

mido Érudit Répondu le 22 septembre 2023

A partir du moment où, pour remplacer des+nom par un pronom, on emploie « en », c’est que l’article est partitif : il détermine un sous-ensemble

je vends des vêtements (parmi d’autres vêtements)  > j »en vends  : je vends de cela.
Ce qui ne fait pas un COD de « en », toujours COI puisque remplaçant un mot (le pronom « cela »)  introduit par la préposition « de ».

le 22 septembre 2023.

NE PAS confondre les pronoms : l’ = un / en = des

L’école du quartier organise un concours de décoration de citrouilles.==>L’école du quartier l’organise.
L’école du quartier organise des concours de décoration de citrouilles.==>L’école du quartier en organise.

joelle Grand maître Répondu le 21 septembre 2023

« En » n’est jamais COD.
On l’emploie en correspondance aux emplois de la préposition de en tant qu’ introducteur de compléments (ou à un de ses équivalents : à, sur)]
Il peut être :
– complément circonstanciel Les maisons du bourg semblent abandonnées  mais il en sort des filles et des garçons> il sort de ces maisons
– source : Les bienfaits que vous en avez reçus sont immenses > vous avez reçu des bienfaits  de cela
– la cause : il en meurt > il meurt de cela
– complément déterminatif : il prit un verre de vin et en but une gorgée > il but une gorgée du (= de le) verre
– complément d’objet indirect  : les garçons, tu t’en moquais >  tu te moquais des (= de les) garçons
–  en correspondance. à l’art. partitif de le, du…] Michel, tu en veux ? > Michel, tu veux de cela ?
Etc.
—–
L’école du quartier
organise un concours de décoration de citrouilles.
Ici, il s’agit de remplacer un COD  : on emploie le pronom « le » qui  lui a fonction de COD
-L’école du quartier l’organise.

Tara Grand maître Répondu le 22 septembre 2023

Vous avez raison de vous étonner, car syntaxiquement un nom indéfini ne peut en effet pas être rappelé par un pronom défini.
Le pronom COD « le » reprend un nom défini :
— Paul ? Oui, je le vois. / Paul et Pierre ? Oui, je les vois.
— Mon ami ? Oui, je le vois. / Mes amis ? Oui, je les vois.
— Le patron ? Oui, je le vois. / Les patrons ? Oui, je les vois.
— Cet homme ? Oui, je le vois. / Ces hommes ? Oui, je les vois.
Mais :
— Un homme ? Oui, j’en vois un. / Des hommes ? Oui, j’en vois.
On constate une sorte de pronom en deux parties : « en / un ». Mais c’est vrai que les livres n’en parlent pas.
Au singulier : — Votre école organise-t-elle un concours de décoration de citrouilles ?
Réponse : — Oui, mon école en organise un.
Et non : — Oui, mon école l’organise.
Et au pluriel : — Votre école organise-t-elle des festivités ?
Réponse : — Oui, mon école en organise.
Et non : — Oui, mon école les organise.
Il est totalement impossible, il est incorrect, de faire correspondre formellement le pronom « le » à un nom accompagné du déterminant « un », comme il est totalement vicieux d’opérer une distinction de pronom « le »/ »en » selon le nombre du déterminant « un »/ »des ».

Le pronom « en » existe-t-il ?
Une interprétation serait de dire que le pronom COD associé à un nom introduit par un nom indéfini est « un » (ou « une ») au singulier, accompagné du mot « en » (j’en vois un). La présence du seul mot « en », sans « un », suggère le pluriel (j’en vois).
Une autre interprétation est que le mot « en » est dans ce dernier cas carrément devenu le pronom COD.
La première interprétation est plus historique, et la seconde est une simplification pour l’enseignement, un abus de langage, une vue de l’esprit, et d’ailleurs cette interprétation oblige à faire une exception sur les accords (je l’ai vu, je les ai vus, j’en ai vu un, j’en ai vu deux, j’en ai vu…).
Votre perplexité vient du fait que ces deux approches sont effectivement diffusées parallèlement. Ce qui est totalement absurde, c’est à la fois d’analyser le mot « en » comme un « pronom COD » et de refuser l’accord au motif que ce n’est pas un vrai pronom COD.

Pour accepter le pronom « le », il faut réfléchir à l’échelle du récit. Une fois établi qu’il y a un concours, dans telle école, ou à telle date, on peut commencer à utiliser le pronom défini pour en parler.
— J’ai acheté un livre. Je le lis. Le pronom « le » désigne « le livre que j’ai acheté ».
— Il y a un concours. C’est mon école qui l’organise. Le pronom désigne « le concours qu’il y a », « ce concours ».
Dans un texte (et ce n’est pas une particularité du français), tous les éléments doivent être introduits une première fois avec un déterminant indéfini, présentant leur existence. Puis, une fois leur existence établie, on les désigne avec un déterminant défini, et avec un pronom défini.
On peut mettre cela en parallèle avec le pronom sujet : « j’ai un chat, il est noir ». Le pronom personnel défini « il » ne représente pas le syntagme indéfini « un chat », mais le syntagme défini « le chat que j’ai ».

Selon que l’antécédent du pronom est un syntagme formel avec son déterminant indéfini, ou qu’il a acquis dans le récit une existence en tant qu’objet défini, les deux formes de pronoms, indéfini ou défini, sont envisageables.

CParlotte Grand maître Répondu le 22 septembre 2023

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