Politiquement correct

Répondu

Bonjour à toutes et tous,

Où en sommes nous du politiquement correct, croisé avec la sémiologie et le vocabulaire ?
Dans un de mes textes, un des héros est atteint de trisomie 21,  le syndrome de Down.

Je suis né à une époque où le terme de « mongolien » était non seulement courant, mais caractéristique de ce syndrome. « Mongolien » était un qualificatif qui n’était péjoratif que dans certaines circonstances, lorsqu’on voulait véritablement lui donner ce caractère.

Aujourd’hui je m’interroge.

Si dans les dialogues je peux employer ce terme car la parole de mes personnages est libre, que faire dans la narration ?

Dois-je substituer le mot « trisomique », sachant qu’il est impropre car l’être humain possédant 23 paires de chromosomes, ce terme est 22 fois erroné  en la circonstance ?

Je ne peux pas utiliser en permanence une périphrase du style « la personne atteinte du syndrome de Down »…

Dans le texte, il est important de mettre en avant cette caractéristique. Je ne peux pas donner la situation en début de texte, et ne plus l’employer après. Commencer par « Robert est une personne atteinte du syndrome de Down… » et après ne plus employer que son prénom…

Pourrez-vous m’aidez à esquiver la guillotine de la bien-pensance ?

Pour celles et ceux qui penseraient que la discussion est plus d’ordre sociologique que sémantique, je vais donc la poser en termes ad hoc.

Le terme « mongolien » appartient-il au registre médical, familier, argotique ou injurieux ?

Merci de votre aide !

Si le cœur vous en dit, tapez dans un moteur de recherche « Gotainer, appeler un chat un chat »…

Anji

Anjinsan Amateur éclairé Demandé le 9 août 2020 dans Question de langue
2 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Le TLF ne le signale ni familier, ni argotique, ni péjoratif.

Mongolisme : A. − PATHOLOGIE :  encéphalopathie par anomalie chromosomique caractérisée par un faciès mongolien, des malformations diverses et une débilité mentale importante:
. En 1959, Turpin, Lejeune et Gautier mettaient en évidence un chromosome surnuméraire chez les sujets atteints de mongolisme, maladie décrite depuis 1866, mais dont l’étiologie était encore fort obscure. Les mongoliens possèdent 47 chromosomes (au lieu de 46)… Histoire gén.
B. − Rare et vieux. Religion des Mongols.

Mongolien : B. − PATHOLOGIE : qui est atteint de mongolisme; qui se rapporte au mongolisme. C’est tout au plus si l’idiotie mongolienne avec sa tête arrondie, son abdomen volumineux, son nez court et épaté, son nanisme pourrait prêter à confusion (Souques, Foix dans Nouveau Traité Médical)

Je ne vois pas pourquoi il faudrait se conformer à une bien-pensance  friande d’euphémismes. Comme vous (et Gotainer) , je pense qu’il faut appeler un chat un chat et j’aime assez faire de la résistance dans ce domaine.

Tara Grand maître Répondu le 9 août 2020

Je suis d’accord avec vous deux sur l’euphémisation : c’est idiot et hypocrite. Toutefois, il faut observer les usages. Or,  il me semble qu’aujourd’hui, plus personne n’emploie le terme « mongolien » : c’est une question de génération, comme Anji je fait remarquer en préambule ; aussi ne vous privez de rien dans votre texte pour être en harmonie avec le sens et l’usage : trisomique, mongolien (pour les anciens) ou handicapé (mental).

joelle Grand maître Répondu le 9 août 2020

Oui d’accord Joëlle : plus personne n’emploie le terme « mongolien ». Et pourquoi?
Plus personne ne dit non plus « aveugle » ou « sourd », ni « infirme », un mot pourtant « très doux » puisqu’il signifie « faible physiquement ou moralement. Le mot « handicapé » qui l’a remplacé est plus audacieux puisqu’il se rapproche de « désavantagé », « desservi »…
Bon. Vous avez raison au fond : si on emploie certains termes, on peut être suspecté de provocation, d’insensibilité et cela peut avoir des conséquences dans les rapports humains.
Mais quand on peut résister, j’estime qu’on doit le faire.
C’est quand même incroyable par exemple, que l’énoncé tout simple « ma mère est morte » choque et apparaisse comme brutal. On attend de la personne en deuil qu’elle édulcore le fait.
Ce goût des euphémismes est extrêmement révélateur des valeurs d’une société , voire inquiétant.

le 9 août 2020.

Contrairement à vous, je pense qu’il y a des nuances et si j’entends bien aveugle et sourd dans les conversations, je ne repère plus du tout mongolien. Ce n’est que mon expérience, mais on est d’accord sur le fond. C’est grave d’exclure la mort et la maladie de la vie…

le 9 août 2020.

Oui vous avez entièrement raison. Sourd, aveugle, ne sont pas sortis du vocabulaire. Mongolien si.
D’ailleurs, ce terme vient d’une soi-disant ressemblance de ces personnes avec les  mongols, et ce rapprochement mérite d’être abandonné.

le 9 août 2020.
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