Points de suspension marquant une pause

Bonjour,

J’ai le texte suivant : « […] Respectera-t-on cet équilibre qui ne supporte pas les vibrations parasites ? … Ils avaient déjà les réponses à toutes ces questions avant même d’être entrés dans cet établissement, alors pourquoi se mettre volontairement en danger ? »
Est-il accepté, dans un roman, de mettre des points de suspension avec une espace avant et une espace après comme c’est le cas dans l’exemple ? L’idée de l’auteur étant de montrer qu’il y a une pause dans la réflexion, une sorte de court silence.

Merci d’avance pour votre aide !

calementine Amateur éclairé Demandé le 20 juillet 2020 dans Général
2 réponse(s)
 

Le « Lacroux »  rappelle la règle bien connue selon laquelle :

« On ne met pas d’espace avant le point qui termine une phrase, ni avant le point abréviatif, ni avant les points suspensifs. »

Le « Drillon »* -que ne veut pas utiliser Projet Voltaire mais que certains considèrent comme un chef d’oeuvre – traite des points de suspension et de l’espace sans aborder toutefois le cas soumis.

* Jacques Drillon, Traité de  la ponctuation française, Gallimard, p. 426.

Chambaron pourrait peut-être en dire davantage…

Rem. : S’il est admis de mettre une espace avant et après des points suspensifs pour exprimer une pause dans la réflexion, encore faut-il que le lecteur comprenne la signification de cette … surponctuation.

Ajout : Je n’ai trouvé que cette exception (dans Wikipédia) : Les points de suspension  « ne sont jamais précédés d’une espace, sauf s’ils sont utilisés en remplacement d’un mot ou d’un groupe de mots, dans ce cas ils sont alors précédés et suivis de l’espacement normal ; »

Prince Grand maître Répondu le 20 juillet 2020

J’ai une question : pourquoi dites-vous que le Projet Voltaire ne veut pas utiliser le Drillon, bien indigeste par moments… ?

le 21 juillet 2020.

Prince ayant frotté la lampe à huile dans laquelle je suis retiré ( je ne fréquente plus vraiment le site), je fais le bon génie et apporte une contribution sur ce sujet intéressant.
Comme correcteur, je constate effectivement depuis peu une inflation de cette pratique dans les romans : on place les points de suspension partout avec des intentions diverses, souvent brumeuses. Chez certains auteurs, c’est devenu un tic agaçant, presque un T.O.C., qui va de pair avec la multiplication des dialogues dans les textes.

Le seul usage intéressant des points de suspension isolés est la représentation de l’absence de réplique dans un échange :
A — Bla bla ?
B — …
A  — Bla bla bla bla !

Sinon, pour moi, il est fumeux de penser que le lecteur perçoit intuitivement ces points comme un « pause » ou une « hésitation » s’ils sont perdus entre deux phrases, surtout hors dialogue. Un narrateur ou un rédacteur n’a pas à hésiter de cette manière, il emploie d’autres formes.
De plus, cela fait confusion avec […] qui marque la suppression d’un passage dans une citation.
Ma position n’est pas théorique mais celle d’un praticien confronté à  des dizaines de cas de figure similaires.
Bonne continuation à toutes et tous.

Chambaron Grand maître Répondu le 21 juillet 2020
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Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.