passer outre (à)

Répondu

Bonjour,

« Difficile, en vérité, de passer outre (à) nos inhibitions accumulées depuis des mois. »
Doit-on dire « passer outre » ou bien « passer outre à » ? Quel est le sens exact ?

Je vous remercie,

BBFolk Maître Demandé le 4 novembre 2018 dans Question de langue
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5 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Bonjour,

Contrairement à ce qui vient de vous être répondu, l’expression passer outre à quelque chose signifie aller au-delà d’une difficulté , poursuivre, surmonter un obstacle , pour en arriver à ne pas tenir compte d’une objection.

Il passa outre à ces observations pourtant si justes .
Il passa outre à ces scrupules pusillanimes.

Il suffit de faire des actes respectueux  pour qu’il soit passé outre à la  célébration  d’un mariage  malgré le défaut de consentement des parents ( Balzac ─ La vendetta)

Passer outre à une mise en garde
Passer outre à une interdiction.

Par ellipse on peut écrire :

En dépit  de la résistance de ses amis il passa outre.

Puis, comme, malgré son insistance, on passait outre, il protesta les dents serrées. (Zola  ─ La terre)

Votre phrase est tout à fait correcte

« Difficile, en vérité, de passer outre à nos inhibitions accumulées depuis des mois. »

czardas Grand maître Répondu le 4 novembre 2018

Essayez de ne pas critiquer systématiquement avant d’avoir vérifié. Ce que vous apportez est intéressant, mais considérez que d’autres éclairages sont tout aussi valables. Sinon, vous risquez de vous décrédibiliser…et si un contributeur fait une erreur, essayez de la corriger courtoisement.

le 4 novembre 2018.

Encore une fois vous ne répondez pas à la question pourtant très claire de BBfolk:

Doit-on dire « passer outre » ou bien « passer outre à » ? Quel est le sens exact ?

et vous répondez :

Je l’ai souvent lu et entendu sans complément et donc sans préposition. (alors qu’il s’agit de l’expression passer outre à )

Et vous ajoutez finalement :

En revanche, je ne peux pas vous assurer que votre phrase est juste, je dirais  » dépasser les inhibitions et les blocages »

Sans mon intervention BBfolk aurait  admis que sa phrase était incorrecte.

La réponse d’un grand maître ne doit pas être approximative, diffuse, douteuse, vague.

le 4 novembre 2018.

Elle ne doit pas être rigide non plus, les questions de vocabulaire peuvent supporter plusieurs éclairages et le mien, comme le vôtre, étaient partiels ; je considère qu’ils se complètent.
Par ailleurs, je doute que sa phrase soit comprise par « le commun des mortels », d’où ma proposition. Il est libre de l’accepter et de se faire son idée. 
En outre,  je répondais bien à sa question qui portait sur l’emploi de « à » et je  livrais mon expérience de l’emploi de cette expression. Cette expérience vaut ce qu’elle vaut et vous n’avez pas le monopole de la signification pure et parfaite.
Enfin, ma définition n’était pas fausse, tout comme la vôtre et le sens des mots évolue au cours du temps ; nous avons fait état de nos références, elles se valent. Souffrez que la langue est une matière mouvante et vous ne détenez pas la vérité absolue comme  si c’était la solution d’un problème de mathématique au collège.
Vos remarques sont fatigantes (« encore une fois, vous ne répondez pas à la question » plus les adjectifs  « approximative, douteuse, vague » ), je ne vous répondrai plus car ceci n’est pas un forum de discussion. 

le 4 novembre 2018.

Vous écrivez :

« Par ailleurs, je doute que sa phrase soit comprise par « le commun des mortels »

Mais pour qui vous prenez-vous ?

Et encore

« et vous n’avez pas le monopole de la signification pure et parfaite » . En effet je ne m’avise jamais d’affirmer quoi que soit sans donner des preuves tangibles  (référence Académie française)

Dans vos prochaines interventions soyez plus rigoureuse.

C’est le conseil d’un vieux professeur certifié,  à la retraite depuis vingt-trois ans.

le 4 novembre 2018.
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Selon le cnrtl – qui est un dictionnaire très complet fondé sur les travaux de l’Académie française -,  et  en complément de ce qui vient d’être dit : 
− Passer outre à (une objection, un obstacle). Ne pas (en) tenir compte. On voit dans la première de ces lettres en quels termes affectueux et pleins d’une tendre estime Mmede Staël renoue une correspondance interrompue, et passe outre à une négligence (SainteBeuvePortr. contemp., t.4, 1845, p.154).

♦ Absol. Il n’en va pas de même dans mes écrits, où je passe outre et m’inquiète fort peu du «qu’en pensera-t-on»(GideJournal, 1943, p.182).P.anal. Glisser outre:

1. Je sentais inexplicablement que quelque chose s’exprimait là, de plus puissant que la décence, que le sommeil et que la nuit; mais il y a tant de choses qu’à cet âge on ne s’explique pas, que ma foi! je me rendormis, glissantoutre… Gide, Si le grain, 1924, p.386.

 

joelle Grand maître Répondu le 4 novembre 2018
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Bonsoir à tous !

« Doit-on dire « passer outre » ou bien « passer outre à » ? Quel est le sens exact ? »

On peut dire les deux, mais ils n’ont pas le même sens.

Synthèse établie avec les trois plus grands dictionnaires actuels (le Dictionnaire de l’Académie française, le TLFi, et le Grand Robert) ainsi qu’avec le Bon usage  2017 (§ 1066), dont la réputation n’est plus à faire :

1. Passer outre (sans préposition)

= aller plus loin (au-delà, plus avant), continuer, continuer sans s’arrêter

La nuit qui survint l’empêcha de passer outre, de continuer son chemin. (Ac.)

Le pont était désert, à cela près qu’un mendiant et une mendiante s’y rencontrèrent (…) Nous passâmes outre, sans plus faire de rencontre (A. France).

Quelle voix, quel regard elles trouvent, ces toiles de musée, pour nous empêcher de passer outre, pour crier au touriste: «Halte!» pour vaincre sa fatigue (Cocteau).

Malgré les défenses et les oppositions, ils n’ont pas laissé de passer outre (Ac. 1935).

Je crois que ses idées ne sont pas applicables pour le moment; c’est pourquoi je propose de passer outre (George Sand).

Je passe outre, malgré la promesse que je vous avais faite de n’en plus parler (Jouve). 

2. Passer outre à (qqch.) =

a. (Vieilli) Procéder immédiatement à (qqch.) ; entamer ou poursuivre (qqch.)

«Passer outre au procès, sans entendre l’accusé » (Bossuet in Littré).

Il aait commencé de bâtir en tel endroit ; il lui fut défendu par arrêt de passer outre.

b. (Sens courant et moderne) Ne pas tenir compte de (qqch.)   

Ils ont passé outre à toutes les objections, toutes les interdictions

  Passer outre aux traditions (Courteline).

 La dialectique de l’amour passe outre aux résistances, aux réticences même de l’esprit d’examen (Maurras).

 Tota a passé outre à la volonté de sa mère (Mauriac).

Une protestation polie à laquelle je n’ose passer outre (Bernanos).

On voit dans la première de ces lettres en quels termes affectueux et pleins d’une tendre estime Mme de Staël renoue une correspondance interrompue, et passe outre à une négligence (Sainte-Beuve).

Il passa outre à ces observations pourtant si justes (Académie).

Etc.

Bonus : Dans les administrations dites « répressives », on emploie fréquemment passer outre à une infraction, dans un sens général du 2-b, et, plus précisément, dans celui de « ne pas sanctionner une infraction (douanière, par ex.) par une amende transactionnelle infligée par l’administration ». 

 

Prince Grand maître Répondu le 4 novembre 2018
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Merci à tous, pour toutes ces réponses, que je vais étudier très attentivement ! 🙂

BBFolk Maître Répondu le 11 novembre 2018
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Passer outre signifie ne pas accorder d’importance à une remarque, à un ordre et faire « à sa guise ».
Je l’ai souvent lu et entendu sans complément et donc sans préposition :
Je lui ai dit de faire quelque chose de cette façon mais il est passé outre ( il a désobéi).
Sinon on peut aussi l’employer avec à : il est passé outre à ce que je lui avais dit.
En revanche, je ne peux pas vous assurer que votre phrase est juste, je dirais  » dépasser les inhibitions et les blocages ».

joelle Grand maître Répondu le 4 novembre 2018
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