Passé composé, plus que parfait ?

Répondu

Bonjour,

J’ai vu que le spot dans lequel tu as tourné au printemps dernier avait eu une récompense.

Est-ce français svp ?

gmmbrr Grand maître Demandé le 30 avril 2019 dans Conjugaison

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Bonjour Grmber,

Votre phrase me semble correcte, je mettrais des virgules après « spot et « dernier » pour marquer l’apposition « dans lequel tu as tourné au printemps dernier » soit:
J’ai vu que le spot, dans lequel tu as tourné au printemps dernier, avait eu une récompense.

Bonne journée,

LaurenceA Grand maître Répondu le 30 avril 2019

Dernière petit remarque,  vous pourriez écrire « reçu » au lieu de « eu ».

le 30 avril 2019.

Je m’interroge sur la concordance des temps : pourquoi cet emploi du plus-que-parfait « avait eu » ou « avait reçu » pour une action postérieure à une autre action passée.
Normalement, le PQP s’utilise pour les actions antérieures au passé :  « le spot dans lequel tu avais tourné a reçu une récompense » ou  « le spot dans lequel tu as tourné a reçu une récompense ».
Je sais que la phrase est correcte oralement mais quelque chose me gêne.

joelle Grand maître Répondu le 30 avril 2019

Bonjour Joëlle,

Je vois ce que vous voulez dire, l’action 1 serait « dans lequel tu as tourné » et l’action 2  « avait reçu une récompense ».

Je n’ai pas analysé la phrase comme vous, à tort peut-être.

J’ai considéré que l’action 2 était  » j’ai vu » et l’action 1 « avait reçu une récompense » et considéré que le passé composé de l’apposition se justifiait par le fait que l’action était achevée et précise.

L’action (action 1) qui s’est passée avant l’action principale (action 2) est toujours au plus-que-parfait.

Bonne journée,

le 30 avril 2019.

J’ai considéré que l’action 2 était  » j’ai vu » et l’action 1 « avait reçu une récompense » et considéré que le passé composé de l’apposition se justifiait par le fait que l’action était achevée et précise.

C’est très juste et j’y ai pensé un peu tard. Très bien pour vous ! 

le 30 avril 2019.

Oui, votre phrase est correcte, mais c’est vrai qu’un simple passé composé dans la subordonnée pouvait également faire l’affaire.

Apparemment, vous vous interrogez sur la nécessité de remonter d’un cran dans le passé dans votre subordonnée, parce que vous n’estimez pas que votre principale comporte réellement un sens passé.
« J’ai vu que« , « on m’a dit que« , « j’ai appris que« , « j’ai lu que« … est-ce réellement du passé ? Si toutes ces constructions signifient pour vous « je sais que« , alors vous pouvez aussi bien considérer que votre principale, dans sons sens, est au présent, et poursuivre au présent (ou au passé composé pour l’antériorité) plutôt qu’à l’imparfait (ou au plus-que-parfait pour l’antériorité).
J’ai vu que ce spot avait eu une récompense, pour la concordance des temps.
J’ai vu que ce spot a eu une récompense, pour le sens.

* Si la principale était réellement au passé, avec un verbe à l’imparfait.
Je sais que tu travailles bien. Je savais que tu travaillais bien. On me disait que tu travaillais bien.
Je sais que tu as réussi. Je savais que tu avais réussi. On me disait que tu avais réussi.
L’imparfait serait ici un temps qui se référerait vraiment au passé. On poursuivrait la phrase par un autre imparfait pour la simultanéité, ou un plus-que-parfait pour l’antériorité. La concordance des temps serait à la fois normale grammaticalement, et liée au sens. Elle serait pour ainsi dire nécessaire.

* Si la principale décrit en fait un résultat présent, avec un verbe au passé composé.
On parle au présent. « On m’a dit que« , « j’ai appris que« , « j’ai lu que » ne donnent pas de valeur passée au reste de la phrase, même pas dans le sens « au moment où on me l’a dit », puisqu’on ignore tout de ce moment. Ces expressions disent seulement : je sais que, et on reste dans le présent.
Je sais que travailles bien. On m’a dit que tu travaillais bien ou On m’a dit que tu travailles bien.
Je sais que tu as réussi. On m’a dit que tu avais réussi ou On m’a dit que tu as réussi.
La concordance des temps est facultative, elle est sans valeur sémantique. On peut justifier la concordance grammaticale en disant que le passé composé est un temps du passé, mais on peut tout autant se caler sur le temps du discours, celui de la réalité, et poursuivre avec une subordonnée au présent.
Par exemple, si « j’ai vu que » = « je sais que » = « je vous informe que« , alors l’éclaireur dira à son chef : j’ai vu que l’ennemi nous attaque par la droite. Il n’a pas le temps de dire : j’ai vu que l’ennemi nous attaquait par la droite, mais si je parle au passé c’est pour la concordance des temps, parce qu’en fait il est bel et bien en train de nous attaquer par la droite.

* Parfois le passé composé est explicitement du passé.
Hier, on m’a dit que tu travaillais bien. Hier, on m’a dit que tu avais réussi.
Hier, j’ai vu dans le journal que ton spot avait reçu une récompense.
Ici la concordance des temps semble presque obligatoire.
[Le présent est malgré tout possible si ce qui est exprimé dans la subordonnée se poursuit : J’ai reçu ce matin le paquet de Bien Public, et j’ai appris que nous avons un nouveau ministère (Flaubert)]

* Dans votre cas, il est évident que « j’ai vu » est une expression non concrète. Vous ne l’avez pas réellement « vu » (où et quand ?), vous l’avez juste appris, et l’important est simplement que vous le savez. Sémantiquement, vous n’avez pas besoin de concordance des temps puisque vous ne vous référez à aucun moment du passé. Mais vous pouvez, par habitude, par goût des concordances inutiles, ou pour faire comme tout le monde, mettre un temps passé dans la subordonnée. Choisissez.
J’ai vu que le spot dans lequel tu as tourné au printemps dernier avait eu une récompense.
J’ai vu que le spot dans lequel tu as tourné au printemps dernier a eu une récompense.

Je viens d’examiner une vingtaine de phrases trouvées chez des auteurs, on y trouve tous les cas de figure, mais quand même avec une majorité de concordances inutiles chez les écrivains sages.
J’ai appris que ce Gilbert, qui depuis seize ans a déjà fait deux voyages en France, allait en faire un troisième, et cette fois pour s’y fixer (Dumas).
Ici, je comprends vraiment mal que l’auteur ait choisi une bête concordance des temps alors qu’un « va en faire un troisième » aurait été beaucoup plus fort, plus informatif, plus définitif. Mais Dumas fait partie de ces auteurs qui écrivent sans génie ni entorses à la grammaire facile, qui écrivent comme un correcteur orthographique, sans saisir aucune occasion de nuance particulière. D’autant plus qu’il y a une relative au passé composé, ancrant l’information dans le présent, il pouvait continuer au présent (J’ai appris que ce Gilbert, qui depuis seize ans a déjà fait deux voyages en France, va en faire un troisième, et cette fois pour s’y fixer), mais non. C’est Dumas.
Stendhal en revanche écrit :
J’ai appris que leur nuit a été des plus singulières.
Et je trouve le style beaucoup plus fort. Que pourrait bien signifier un bête « leur nuit avait été » ? Cette tournure aurait ressemblé à l’usage d’un subjonctif là où tout appelle l’indicatif.
Maintenant, je me doute que vous n’êtes pas en train d’écrire un roman, mais justement, ne mettez pas des formes pseudo-littéraires ou des concordances conventionnelles là où votre lecteur ne les attend pas, vous ne feriez qu’ajouter au malheur du monde.

numeric Maître Répondu le 30 avril 2019

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