« On est fait » ou « On est faits »

Bonjour,

Ecrit-on « on est fait pour être ensemble » ou « on est faits pour être ensemble » ?

Merci de vos réponses

Bien à vous

ABDELKADER Amateur éclairé Demandé le 3 février 2020 dans Accords
13 réponse(s)
 

Je ne pouvais pas m’attendre à meilleure explication, merci bien !

Bien à vous

ABDELKADER Amateur éclairé Répondu le 4 février 2020

+ABDELKADER, puisque vous êtes « passionné d’orthographe », savez-vous qu’il existe un arrêté  du 28 décembre 1976 du ministre de l’éducation, paru au J.O.R.F. du 9 février 1977 et relatif aux tolérances grammaticales et orthographiques, qui, à la lettre du texte, ma donne raison sans discussions possible ?

J’ai déjà parlé  ici de ce texte juridique ; mais certains l’ont oublié, d’autres ne la connaissent pas. Cet arrêté  (encore en vigueur : vous pouvez me faire confiance car, dans une première vie, j’ai été juriste) de René Haby s’applique « aux examens et concours dépendant du ministère de l’éducation », et de plus, des grammaires et pas des moindres, comme La grammaire méthodique du français (de Riegel, Pellat et Rioul)  en ont étendu le champ d’application en dehors de ces épreuves.

Or que dit cet arrêté au § 9 de son annexe consacré à l’accord du participe passé conjugué avec être dans une forme verbale ayant pour sujet on ?

Ceci :  « On est resté (restés)  bon amis :
L’usage veut que le participe passé se rapportant au pronom on se mette au masculin singulier.
On admettra que ce participe prenne la marque [ce qui suit ne concerne pas votre  cas : il s’agit d’une seule personne] du nombre lorsque on désigne plusieurs personnes.  » (Ces trois lignes sont encadrées ; en revanche, c’est moi qui ai graissé.)
Cela étant le cas de votre phrase (cf. ensemble) et la marque habituelle du nombre étant le s, on conclut qu’il faut écrire : On est faits pour être ensemble.
En vérité, ce passage est assez mal rédigé…

Cordialement

Prince Grand maître Répondu le 4 février 2020

Prince,  trois choses :

1) L’arrêté Haby n’a aucune portée générale, puisqu’il s’adresse uniquement aux correcteurs / enseignants de l’Education nationale, et les invite à ne pas sanctionner les candidats/élèves dans un certain nombre de cas, je cite cet arrêté :

Dans les examens ou concours dépendant du ministère de l’éducation et sanctionnant les étapes de la scolarité élémentaire et de la scolarité secondaire, qu’il s’agisse ou non d’épreuves spéciales d’orthographe, il ne sera pas compté de fautes aux candidats dans les cas visés ci-dessous.

 2) Concernant l’accord de on, l’arrêté est en effet plutôt mal rédigé, qui ne semble pas faire la différence entre les différentes valeurs de on,  et qui d’après l’exemple donné semble ne rien dire de plus que ce que l’on trouve dans le TLFi ou n’importe quel autre ouvrage linguistique consacré à cette question, soit que l’accord sylleptique en nombre est possible (mais facultatif) lorsque on  est personnel et non indéfini.

3) Dans sa pub, Bouygues joue évidemment sur la double valeur (indéfinie et personnelle) du on,  le non accord parait donc particulièrement justifié en l’espèce, le faire ferait perdre nettement de poids (tout son poids en fait) à la pub.

phil-en-trope Grand maître Répondu le 4 février 2020
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