Narration et conditionnel

Bonjour,

J’écris un roman et il est en cours de finition. Je travaille avec Antidote, mais vous vous en doutez, le logiciel aussi performant soit-il a ses limites. J’ai donc décidé de vous poser la question, car sur internet, beaucoup d’articles, mais une réponse personnelle sera toujours plus efficace pour progresser.

Voici deux passages tirés du roman afin que vous puissiez comprendre ma question.

« Allan se dirigeait vers le chêne. L’air se rafraichissait. Les poils se hérissaient. Les muscles se crispaient. Le pauvre luttait. Il empêchait au mieux ses dents de claquer. Meryl s’abstint de le taquiner. Elle déposa son précieux auprès du tronc avant de le saluer.

— Je viens de mémoriser un chapitre passionnant. Il me tarde cette nuit de procéder à un repérage des constellations.

Cette montagne de pages retraçait l’histoire du système solaire. Ce soir, Allan assimilerait un lourd résumé à base de mots compliqués. Une mission banale pour un ami d’enfance qui s’efforcerait de le retenir à la virgule près. »

Second exemple :

« Éric invoqua promptement un cercle magique. Sa sœur Angélique souffrait allongée sur un lit aux draps trempés de sueur. Passer la soirée dans cet état la conduirait à rendre l’âme au détour d’un cauchemar. De retour à Alaria, le brave chevalier emprunterait un cheval. Il parcourrait au galop la région en quête d’un médecin en mesure d’éradiquer ce mal. »

 

J’ai pris soin de mettre en valeur les verbes qui me posent problème.  Ma question est donc la suivante : est-ce que le conditionnel est adapté, ou dois-je conjuguer ces derniers différemment ?

 

Je vous remercie par avance,

Jeremy

JeremySPU Débutant Demandé le 25 janvier 2021 dans Conjugaison
4 réponse(s)
 

Vos conditionnels sont en fait des futurs du passé; Pour le premier extrait c’est sûr :
Cette montagne de pages retraçait l’histoire du système solaire. Ce soir, Allan assimilerait un lourd résumé à base de mots compliqués. Une mission banale pour un ami d’enfance qui s’efforcerait de le retenir à la virgule près.
Mis au système du présent, vous voyez le futur du système présent apparaître  :
Cette montagne de pages retrace l’histoire du système solaire. Ce soir, Allan assimilera un lourd résumé à base de mots compliqués. Une mission banale pour un ami d’enfance qui s’efforcera de le retenir à la virgule près.

Pour le deuxième extrait, comme je ne comprends pas très bien le contexte je vous propose d’essayer aussi la transposition au présent :
Éric invoqua promptement un cercle magique. Sa sœur Angélique souffrait allongée sur un lit aux draps trempés de sueur. Passer la soirée dans cet état la conduirait à rendre l’âme au détour d’un cauchemar. De retour à Alaria, le brave chevalier emprunterait un cheval. Il parcourrait au galop la région en quête d’un médecin en mesure d’éradiquer ce mal.
—>
Éric invoque promptement un cercle magique. Sa sœur Angélique souffre allongée sur un lit aux draps trempés de sueur. Passer la soirée dans cet état la conduirait (ou conduira ?) à rendre l’âme au détour d’un cauchemar. De retour à Alaria, le brave chevalier empruntera un cheval. Il parcourra au galop la région en quête d’un médecin en mesure d’éradiquer ce mal.

Est-ce bien ce que vous voulez dire ? Il me semble que le verbe « conduire » seul,  est au mode conditionnel puisque c’est un fait envisagé. Les autres verbes sont-il des futurs dans votre esprit ou bien des faits seulement envisagés ?

Tara Grand maître Répondu le 25 janvier 2021

Bonsoir Tara, merci du temps que vous m’accordez.

Je ne connaissais pas le terme « futur du passé ». Antidote me classe ces verbes dans la catégorie « indicatif => conditionnel » sans plus de précision.

Au départ, j’ai effectivement voulu modifier ces verbes pour les mettre au futur de l’indicatif… mais dans une narration principalement à l’imparfait et au passé, j’ai eu des doutes à inclure le futur.

Pour vous répondre, ces verbes sont des futurs qui vont se produire, d’où mon hésitation sur l’emploi du conditionnel qui ne me semble pas adapté. Le chevalier  empruntera effectivement un cheval, et parcourra la région au galop : c’est une certitude et non une possibilité.

JeremySPU Débutant Répondu le 25 janvier 2021

La tradition scolaire en fait un mode distinct, alors que tout montre que c’est un temps de l’indicatif, qui a des parentés évidentes avec le futur simple et l’imparfait. La formation du conditionnel présent est semblable à celle du futur simple : infinitif du verbe + verbe latin « habeo » (>futur) ou « habebam » (> conditionnel). Dans la forme « chanterait », on identifie le « r » du futur et le « ait » de l’imparfait. Et les emplois du conditionnel (présent, passé) sont symétriques à ceux du futur (simple, antérieur).

Ainsi, alors que le futur indique l’avenir par rapport au présent, le conditionnel indique un futur vu du passé : « Arthur annonce qu’il viendra » / « Arthur annonçait qu’il viendrait ».
Grevisse

—-
On comprend pourquoi ce futur du passé est devenu ce qu’on appelle le mode conditionnel : ce qui est futur est parfois compris comme incertain, et ce temps est devenu modal.

(Remarque : vous avez sûrement remarqué que les enfants qui jouent n’emploient pas toujours le conditionnel. Pour ma part, je les ai parfois entendu dire par exemple : tu seras un maître et lui il sera un élève ou tu étais un maître et lui était un élève. Pour inventer, là où il est correct d’employer le conditionnel ils emploient un autre temps et précisément, l’imparfait ou le futur et parfois les deux mêlés.)

Tara Grand maître Répondu le 26 janvier 2021

Je vois ce que vous voulez dire, j’en déduis donc que les verbes que j’ai indiqué sont correctement employés.

Même s’il s’agit d’un futur, finalement celui-ci reste incertain du point de vue du lecteur. Le conditionnel a donc sa place au sein de la narration. (je vous laisse le soin de me reprendre si je fais fausse route dans mon raisonnement)

Merci encore Tara, je vous souhaite une excellente journée

JeremySPU Débutant Répondu le 26 janvier 2021

Excusez-moi, mais ce n’est pas tout à faut cela.
Retenez seulement que le futur du passé (conditionnel) a la même valeur que le futur simple. Chacun des deux futurs appartiennent, l’un à un énoncé passé, l’autre, à un énonce présent.
Je suis certain qu’il partira demain.
J’étais certain qu’il partirait le lendemain.

le 26 janvier 2021.
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