« L’un » et « Un », quelle différence

Répondu

Y a-t-il une différence lorsqu’on emploie l’une ou l’autre des versions ?

– Un des objectifs de cette affaire est de se rendre compte que…
– L’un des objectifs de cette affaire est de se rendre compte que…

S’agit-il d’une question de discours ? De mettre l’accent sur l’objectif quand on dit « un » ? Je n’arrive pas à y voir clair.

Merci pour vos explications.

Zully Grand maître Demandé le 18 avril 2017 dans Question de langue

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5 réponse(s)
 
Meilleure réponse

Bonjour,

Rien de plus étonnant et subtil que l’usage. Tentons de compléter le propos de façon informelle.

Pour examiner la question soulevée par Zully, on peut, certes, se référer à « l’un (…), l’autre (…) », comme à « d’une part (…), d’autre part (…) », « d’un côté (…), de l’autre (….) ».

Cette référence n’est sans doute pas absolue dès lors qu’on n’envisage pas d’alternative (ex., d’une part […], d’autre part […]).

On pourrait légitimement considérer que « un des objectifs » fasse référence à un objectif parmi d’autres, en particulier à l’un des deux, s’il n’y en a que deux, et que « l’un des objectifs » fasse plus spécifiquement référence à un objectif particulier parmi d’autres (deux ou plus), objectif auquel on songe tout particulièrement, sans pour autant le mettre outrancièrement en exergue. Une nuance en quelque sorte.

Scriba Maître Répondu le 18 avril 2017

Ah Scriba, je suis désolée, je n’ai rien compris !

le 18 avril 2017.

Merci Evinrude de votre remarque.

Mon observation prenait en compte la réponse pertinente et nuancée de Czardas.

Je tentais simplement, à travers ma remarque succincte, d’éclairer l’emploi du déterminant « l’ » dans « l’un de » en évoquant cet emploi dans les balances usuelles du type « l’un (…) l’autre » « d’un côté (…) de l’autre », attendu que, dans ce cas, le déterminant est requis (deux possibilités).

Le cas soulevé par Zully ne s’inscrit a priori, quant à lui, pas dans une alternative. Le déterminant « l’ » pourrait à cet égard être regardé comme orientant la pensée vers une chose particulière parmi d’autres (chose à laquelle on songe plus particulièrement, sans pour autant vouloir la mettre davantage en lumière), là où « un des » semble plutôt désigner, indifféremment, une chose parmi d’autres, sans plus.

Il n’y a, convenons-en, rien d’essentiel dans cette observation mineure, et on peut, sans hésiter, passer outre.

le 18 avril 2017.

Je remercie Evinrude de son intervention, cela a permis l’explication que je crois avoir saisie.

Scriba, si j’ai bien compris, en disant « L’un des objectifs » équivaut à le souligner sans toutefois le nommer  ? Ce serait donc bien une affaire de discours ?

le 18 avril 2017.

Si cela vous a éclairé Zully, c’est bien le principal.

le 18 avril 2017.

Merci Zully.

Disons que c’est une question d’intention, et donc de discours.

Si l’on souhaite indiquer, ne serait-ce que légèrement, une préférence pour un élément dans une liste, il se pourrait bien que « l’un de » soit plus marqué que « un de ».

Exemples :

    •  « L’une de ces réflexions me vient plus particulièrement à l’esprit : il s’agit de celle pointant la nécessaire prudence du linguiste dès lors qu’il s’agit de décider si cela convient ou ne convient pas ». 
      .
    • « Une de ces réflexions [parmi d’autres, d’intérêt mineur] évoque la prudence respectable du linguiste, mais d’autres, et non des moindres, rappellent la nécessité de la norme au service de la juste expression de notre pensée ».

 

Tout cela reste subtil et délicat, comme sait l’être la langue lorsqu’elle entreprend d’interroger et de parcourir le(s) monde(s).

le 18 avril 2017.

C’est magnifique. Je vous remercie du temps passé à écrire toutes ces explications.

Je l’ai souvent dit dans mes commentaires et ne peux que le redire : je m’enrichis sur cette plateforme.

le 18 avril 2017.

Bonjour,

• La règle qui voudrait que un de (des) se dise en parlant de deux et l’un de(des) en parlant de plusieurs est rarement suivie et l’un de(des) est  de moins en moins employé.

Henri IV fut un de nos plus grands rois.

• Avec nous , vous , eux on emploie plus souvent l’un de

L’un de vous peut-il m’aider ?

• Si le complément est placé avant,  dans des expressions où il n’est question que de deux choses, on emploie toujours l’un  et non un.

De deux choses l’une

De deux choses lune l’autre c’est le soleilJacques Prévert

 

czardas Grand maître Répondu le 18 avril 2017

Je vous remercie,  Czardas, pour ce magnifique texte de Prévert que je ne connaissais pas. Je vais prendre le temps de le lire, le début est fascinant.

En ce qui concerne votre explication, elle est la bienvenue et me rend plus consciente des emplois que vous mentionnez.

De façon générale, vos explications et celles de vos collègues ont le don de rendre le langage plus vivant pour moi.

Je vais me tourner vers Scriba qui a pensé au cas où « l’un » ne fait pas référence à l’autre terme d’une alternative.  Je n’ai peut-être pas été assez explicite dans ma demande.

Je vous dis merci pour la règle que vous mentionnez. Je vais la garder en tête. Il a fallu que je relise votre texte pour en comprendre tout le sens.

J’ai aussi lu le poème. Notre soleil a un peu changé, mais ce n’est pas encore le vrai soleil. 

le 18 avril 2017.

Bonjour,

J’ajoute au sujet, peut-être pas si complexe que cela, les réflexions souvent de bon sens de ce site.

Evinrude Grand maître Répondu le 18 avril 2017

Merci, Evinrude, de ce site. Ainsi que j’ai eu l’occasion de le dire, il y a foison d’information sur Internet, mais, lorsqu’on n’est pas spécialiste d’un domaine, on peut se faire avoir.

J’y ai grappilé des informations intéressantes.

le 20 avril 2017.

Bonjour,

Je pense avoir répondu à votre question très clairement. Les deux phrases que vous proposez sont correctes.

Le numéral un , comme tous les autres numéraux,  peut être employé comme représentant.

Des ouvriers arrivaient; il en aborda deux ou trois.
De ces îles, deux sont inhabitées 

Un ou l’un dans la langue soutenue, désigne une unité faisant partie d’un ensemble mentionné ensuite sous la forme d’un complément introduit par de ou des.
Je vous ai proposé un exemple :

Henri fut l’un ou un des plus grands rois de  France.

En voici d’autres

L’un de nous eut l’idée d’allumer un feu dans la cheminée.
Cette personne était l’une des moins sympathiques du groupe.
Une des pages de ce livre est tachée.

Il vous a été proposé une réponse  qui n’a aucune relation avec votre question.

En effet:

Un … autre … Ces mots précédés de l’article ont un rôle distributif : ils distinguent deux sous-ensembles dans un ensemble.

Une atmosphère pesante régnait sur la ville, portant aux uns la paix , aux autres le souci.
Un des agresseurs est abattu, l’autre réussit à s’enfuir.
Comme j’aimais voir son regard se poser sur l’un ou l’autre d’entre nous ! 

 

 

czardas Grand maître Répondu le 18 avril 2017

Mon cerveau ne sait plus où aller et je ne sais plus où me mettre.

J’ai bien compris que la règle que vous avez mentionnée n’est plus suivie et j’ai bien compris que les gens disent indiféremment: « Henri IV fut un /l’un des nos plus grands rois », alors que si on suit la règle ce ne devrait être que « l’un des ».  Je garde la règle.

J’ai aussi bien compris que « un… autre » précédés de l’article  ont un rôle distributif et se réfèrent à deux sous-ensembles d’un ensemble.

Mais, donc, il n ‘y aurait aucune nuance entre  « un des objectifs »  / « l’un des objectifs » ?

le 18 avril 2017.

Pour rester dans une logique de « question-réponse », je reprends ci-dessous ce que j’ai proposé plus haut dans le cadre d’un simple commentaire.

*

Si l’on souhaite indiquer, ne serait-ce que légèrement, une préférence pour un élément dans une liste, il se pourrait bien que « l’un de » soit plus marqué que « un de ».

Exemples :

  •  « L’une de ces réflexions me vient plus particulièrement à l’esprit : il s’agit de celle pointant la nécessaire prudence du linguiste dès lors qu’il s’agit de décider si cela convient ou ne convient pas ».
    .
  • « Une de ces réflexions [parmi d’autres, d’intérêt mineur] évoque la prudence respectable du linguiste, mais d’autres, et non des moindres, rappellent la nécessité de la norme au service de la juste expression de notre pensée ».

.
Tout cela reste subtil et délicat, comme sait l’être la langue lorsqu’elle entreprend d’interroger et de parcourir le(s) monde(s).

Scriba Maître Répondu le 19 avril 2017

La subtilité évite la répétition 😉

le 19 avril 2017.

Je suis un peu embarrassée, mais je vois quand même une subtilité que je n ‘avais pas vue auparavant : sans cela, je n’aurais pas posé la question.

Ce qui est sûr, c’est que la prochaine fois que je lirai ou écrirai « un des /l’un des », un tas de questions vont surgir. Je garde précieusement la règle de Czardas et les explications que vous tous m’avez données.

Je vous remercie.

le 20 avril 2017.

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