Le risque cirque.

Bonjour.

Pouvez-vous, s’il vous plaît, me signaler les erreurs contenues dans ce texte.

Le langage des gangsters américains, le verlan, le rap et autres jargons apparentés, étant des parlers dont le propre est justement de s’affranchir de toute règle, il est aussi insensé de se demander s’ils sont corrects que de chercher à appliquer la grammaire française à l’espagnol. En voulant poser à tout prix  des questions d’ordre grammatical, à vouloir à tout prix passer pour un original ou un érudit, ceux-là mêmes qui sont censés veiller au bon usage inventent sciemment des formules bizarres, artificielles, insolites, sans se rendre compte que la pseudo-difficulté exposée n’est pas grammaticale, mais que c’est la formule elle-même qui est problématique, hétérodoxe ; ce sont alors les échanges qui s’ensuivent qui se mettent à friser le ridicule, et ce qui devait être un lieu d’étude de la langue risque de ressembler à un chapiteau abritant des acrobaties de cirque.

Merci.

Brad Grand maître Demandé le 21 septembre 2018 dans Général

Ce site n’est pas un site de correction de textes.

le 22 septembre 2018.

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5 réponse(s)
 

Ce n’est pas mal.

jean bordes Grand maître Répondu le 21 septembre 2018

Bonjour,

Je pense qu’il n’y a rien à dire de cette figure de style : une litote.

II. − Loc. adv. Pas mal

A. − [En alliance avec ne, avec le sens d’un adverbe de qualité] Pas mal du tout. Assez bien, bien. − Qu’en dis-tu? ajouta-t-il quand elles furent passées. L’as-tu bien vue? − Oui… − Eh bien? − Elle n’est pas mal (Flaub.,1reÉduc. sent.,1845, p. 106).Il n’est pas mal. Il est même bien. C’est un 25 paysage. Cela vaut vingt-cinq mille francs (Duhamel,Passion J. Pasquier,1945, p. 77).

− [Avec ellipse du verbe et donc de ne] Brotonneau: Et votre femme va bien? Lardier: Pas mal (Flers, Caillavet,M. Brotonneau,1923iii, 4, p. 20).

 

le 22 septembre 2018.

Le fond de ce texte est assez inexact. Toute langue, toute façon de parler, même en marge, obéit à des règles strictes, dont le locuteur ignore certaines, mais qu’il sait reconnaître à l’oreille, et que l’auditeur perçoit également. Le verlan contient sa règle dans sa désignation même. Il y a des fautes de verlan qui feraient sourire n’importe quel locuteur, autant qu’une faute de subjonctif imparfait dans un courrier prout-prout. Toute langue est très codifiée.
Aucun argot, aucune tournure régionale, aucun jargon, aucun registre de langage, n’échappe à la grammaire. Ce qui n’est pas explicable grammaticalement reçoit le nom de faute. La radio vient de dire il y a trois minutes « temporiser » au lieu de « tempérer », ce n’est pas une autre façon de parler, c’est une faute. Il y a une minute, la radio disait « la France se repentit », et c’est une faute. Dans un siècle, la faute sera peut-être devenue la norme, mais tant qu’il n’y a pas de justification, c’est une faute, ce n’est pas une simple façon de parler. Bien qu’on comprenne.
Par contre, rien de ce qui est justifiable n’est une faute. Il peut y avoir une apparence fautive dans une forme n’appartenant pas à notre façon de dire. Pourtant cette forme est défendable en l’absence de faute de grammaire.
Inversement, voici un exemple de phrase donnant l’apparence première de la correction grammaticale, mais dont on repère facilement qu’elle relève du déguisement.
La première réponse à votre question est « Ce n’est pas mal ». Mais cette phrase ne s’inscrit dans aucun système grammatical, elle est fautive. « C’est hyper-chouette », « c’est pas mal », « ce n’est pas inintéressant »… seraient corrects, mais il y a ici un sérieux problème grammatical.
Le mot « mal » est un substantif. On peut dire « ce n’est pas un mal de faire ceci », ou alors utiliser l’adjectif « mauvais » : « ce n’est pas mauvais », mais on ne peut pas dire « ce n’est pas mal ».
La locution « pas mal » est adverbiale dans le sens de « beaucoup ». Elle ne s’utilise jamais avec la négation « ne ». On dit « il y a pas mal de choses ».
La locution « pas mal » peut aussi prendre un sens adjectival, dans le sens de « convenable », comme on fait avec l’adverbe « bien ». On n’utilise pas non plus de négation. On dit « c’est bien, c’est pas mal, c’est convenable ».
Nous nous apercevons tous à l’oreille que la phrase « ce n’est pas mal » est incorrecte, et nous savons pourtant que certaines personnes seraient capables de tenter de la justifier envers et contre tout. Ils le font en prenant isolément des petits morceaux de règles de grammaire : « pas de pas sans ne », « tous les mots qui… », etc.
Vous faites cette même erreur en considérant que la grammaire est une compilation de règles desquelles il faut savoir parfois s’affranchir au profit du sens. Le fait d’écrire le nez plongé dans un livre de grammaire conduit en effet à des fautes de sens, nous sommes bien d’accord. Mais contrairement à vous, j’ajoute que s’il y a une faute de sens, c’est qu’il y a une faute de grammaire. Les tournures populaires porteuses de sens ne s’affranchissent jamais de la grammaire.
C’est une erreur de débutant d’estimer que « ce n’est pas mal » est une phrase grammaticalement correcte mais dépourvue de sens, et que « c’est pas mal » est une phrase qui a du sens mais s’affranchit des règles grammaticales.
De la priorité que vous donnez au sens, vous tirez le principe qu’il est possible de s’affranchir de règles grammaticales. Mais il n’existe pas de phrase portant un sens sans logique grammaticale. Quand il ne s’agit pas de la construction la plus attendue, c’est qu’il y a une autre logique, et que la question est de trouver cette logique pour la valider ou non.

La question précédant la vôtre concerne l’usage de la virgule avant la locution « ainsi que ». Il suffirait de lui répondre que « ainsi que » met en rapport des propositions, non pas des substantifs. Pour coordonner des substantifs, le mot normal est « et ». Que si on articule des propositions, on met généralement une virgule avant « ainsi que », mais que si on décide pour faire élégant que « ainsi que » est la huitième conjonction et qu’elle peut se placer sans inconvénient entre deux substantifs, alors on ne met pas de virgule. Là, la faute qu’entrevoit le questionneur n’est pas liée à la ponctuation mais à son erreur sur la fonction grammaticale de « ainsi que ». Certains lui répondront sur le rythme de la phrase, d’autres avec la règle « toujours une virgule avant ainsi que »… quand son erreur a juste consisté à vouloir utiliser un mot qui fait riche là où il n’a rien à faire. C’est bien un problème de grammaire qui est sous-jacent à son problème de ponctuation. Le tout était de l’identifier. Les difficultés exposées sont toujours grammaticales.

La question précédente est : « on va travailler tranquille(s) ». L’un répond « ça n’a aucun sens ». Vous répondriez peut-être que puisqu’on comprend, c’est que ça a un sens, et que la preuve est ainsi faite que la syntaxe n’importe pas. Un autre contributeur répond par exemple que l’adjectif est utilisé ici comme un adverbe, que cette utilisation est attestée par le Grevisse, et que voilà, ça explique tout, et qu’on ne pourrait accepter le pluriel qu’encadré de virgules pour qu’il puisse être un adjectif et s’appliquer au sujet. Un autre répondra qu’il conviendrait d’écrire en un soutenu langage « nous étions heureux en cette tranquille journée d’entamer notre rude labeur ». Un autre encore répondra qu’une circulaire ministérielle a entériné la préconisation de la commission RGF32-45 consistant à n’utiliser des adjectifs qu’associés à des substantifs. Le problème est qu’un seul d’entre eux répond à la question, mais avec trop de précautions pour assurer sa crédibilité.

Plutôt mourir que vivre sans grammaire.

David91 Érudit Répondu le 21 septembre 2018

Trois citations

David91 Érudit Répondu le 21 septembre 2018

On sait bien David que tout parler a quelque part ses règles, y compris le mugissement des vaches, même si les linguistes ne se sont pas penchés dessus. Il me semble que l’auteur de ce texte se demande s’il y a des  correcteurs spécialisés en parler des vaches, et moi je me demande s’il n’y a pas de fautes dans son texte.

Brad Grand maître Répondu le 21 septembre 2018

Il n’y a pas de contradictions dans ces trois phrases. Quand tu raisonnes, tu fais dans l’à-peu-près. Je reconnais toutefois  que tu maitrises parfaitement ta langue, que tu es  tout à fait capable d’écrire une lettre à ta maman pour lui donner de tes nouvelles  et que tu n’as pas besoin d’émailler tes réponses  d’expressions  ampoulées pour faire illusion. Quand tu en mets, elles te siéent bien parce qu’on sait qu’on n’a pas affaire à un petit rigolo qui joue au savant et que ce n’est pas  pour épater les cruches et les oies blanches.  Vois-tu, quand on n’en a pas, on n’en a pas, ça ne sert à rien d’en étaler, car plus on cherche à en étaler, plus devient visible la misère de la tête et apparait la vacuité du vide. Heureusement que les « poseurs » de questions ne sont pas aussi naifs qu’on le pense, ils font juste semblant.
Dis-moi, est-ce toi l’aigri fielleux  jaloux qui s’étouffe à me mettre des  -1 chaque fois que j’écris un mot ?  Non, je plaisante bien sûr.
Sincèrement, sans plaisanter et sans ironie, je reconnais et salue tes mérites et ton savoir vrai.
Cela dit, tu n’as pas encore corrigé le texte d’en haut.

Brad Grand maître Répondu le 22 septembre 2018

Pourriez-vous relire les règles de ce site telles qu’elles sont précisées dans la charte.
Ce n’est pas une question mais une demande polie.

le 22 septembre 2018.

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