Le fait que + indicatif ou soucis

Bonjour

Je vois affirmer les deux versions donc est-ce que quelqu’un peut fournir une source fiable sur ce point ?
Dans la phrase « le fait que tu es là » j’ai envie d’utiliser l’indicatif même si le subjonctif est très largement utilisé mais à mon sens correspond à un abus d’usage de celui-ci.
Il n’y a pas de doute sur le fait que la personne soit là ce qui justifie pour moi l’indicatif, contrairement à la même phrase dans le futur « le fait que tu sois là demain ».

Julio Débutant Demandé 23 heures auparavant dans Conjugaison

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1 réponse(s)
 

Eh bien voyez-vous, le choix du mode n’est pas si simple que cela.
Si on décrète que le subjonctif est le mode du doute, alors oui, le fait que ne pouvant introduire un doute le fait que tu es là me comble de joie est la seule solution.
Seulement voilà,il n’est pas dit du tout que le subjonctif exprime (toujours) un doute. Ce qu’exprime le subjonctif, c’est la virtualité. C’est pourquoi nous entendons fréquemment : le fait que tu sois là… etc. le francophone ne s’y trompe pas, le subjonctif est correct lui aussi.
Explication   (je vais essayer car expliquer les raisons de l’emploi du subjonctif n’est pas toujours facile) :
Le subjonctif exprime le virtuel, l’abstraction.
Soit la phrase : Le fait que tu sois là est une chose assez étonnante finalement.
La proposition qui inclut le subjonctif est sujet du verbe de la principale : le fait est envisagé pour l’élaboration d’une réflexion. Quand une proposition est le sujet de la phrase, son verbe se met au subjonctif : que tu t’en ailles sans un mot est d’une grande impolitesse.
Le fait 1 n’est pas mis en doute un instant. Il est seulement considéré comme participant à une réflexion et pas présenté comme la constatation d’une réalité comme dans : tu t’en vas sans un mot !  – le fait que tu es là me réconforte (ici aucune « spéculation » intellectuelle)
C’est « l’angle » de vue qui détermine le choix.

Il faut quitter l’idée que le subjonctif exprime le doute. C’est globalement faux.
Beaucoup d’énoncé permettent de choisir entre indicatif et subjonctif.
L’indicatif est le mode du réel, on peut dire que le subjonctif est , le mode du virtuel (de ce qui est conjecturé) , et le conditionnel le mode de l’irréel .

Tara Grand maître Répondu 22 heures auparavant

En fait, ce que vous présentez se caractérise aussi par la notion plus primaire de dépendance ou d’hypothèse qui figure dans le mot même de subjonctif (latin sub-jungo = attacher par en-dessous). En latin, il englobait aussi le conditionnel qui n’existait pas comme tel.
On peut donc bien distinguer :
– Le fait est que tu es là et c’est une bonne chose. (indépendance)
– Le fait que tu sois là est une bonne chose. (subordination)
Apparemment, les grammairiens se sont usés depuis des siècles à gérer la compréhension du mode subjonctif qui reste assez mystérieux.
Dans tous les cas, le binôme réel-irréel n’aide pas à choisir mais il a focalisé l’attention à une époque (fin XXe siècle) à la suite de certains travaux (notamment Le Subjonctif imparfait, mode de l’irréel en 1947).

20 heures auparavant.

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