je ne (retomberai) jamais, même si je (refais)… : temps verbaux ?

Grand bonjour, merci d’être là.

Je ne suis pas sûre de moi dans l’utilisation des temps verbaux de cette phrase :
(contexte : une personne explique à un enfant qu’il va retomber s’il continue à faire de l’équitation)
–> Il s’en alla en se disant : « c’est faux, je ne retomberai jamais, même si je refais du cheval »

Merci pour votre temps

questionorthographe Membre actif Demandé le 26 décembre 2020 dans Conjugaison
2 réponse(s)
 

C’est faux, je ne retomberai jamais, même si je refais du cheval .
Comme le dit Joëlle, l’emploi des temps est correct.

Elle le serait aussi, avec une nuance différente , avec l’emploi d’un imparfait hypothétique en subordonnée :
C’est faux, je ne retomberai jamais, même si je refaisais du cheval .
En ce cas, l’imparfait n’a pas de valeur temporelle. On dit qu’il a une valeur modale (ici l’expression d’une éventualité hypothétique  moins certaine qu’avec le présent )

Tara Grand maître Répondu le 26 décembre 2020

L’imparfait n’a pas de valeur temporelle (exprimant le passé) dans votre proposition, c’est vrai, de même que le présent n’a pas de valeur temporelle (exprimant le présent) dans la phrase initiale.
Le présent « je refais » a en effet également une valeur modale, et l’action de refaire se situe d’ailleurs dans le futur.
Vous contestez souvent l’alternative classique :
— Si je refais… je tomberai
— Si je refaisais… je tomberais
Votre proposition consiste juste à déroger à la règle pour écrire :
— Si je refaisais… je tomberai. Si j’avais des sous, j’achèterai des bonbons.
Pourquoi cette phrase mélangeant deux systèmes vous paraît-elle correcte, et quelle nuance y trouvez-vous ? La valeur modale des temps est déjà à la base des deux possibilités classiques.

le 26 décembre 2020.

J’y vois un degré différent de certitude. Une certitude plus grande avec le futur
S’il le voulait  il deviendra célèbre
s’il le voulait il deviendrait célèbre

A tort ou à raison, j’éprouve parfois le besoin de prendre des libertés avec la règle établie sur la concordance des temps.
Voici ce qu’en dit  Jacques Desrosiers (Quelques remarques sur la concordance des temps) :
Premier point à retenir : la concordance des temps n’est pas un mécanisme rigide. Grevisse insistait déjà là-dessus dans le Bon usage en 1975 :
« Il faut se garder d’appliquer sans discernement des règles mécaniques qui indiqueraient une correspondance toujours obligatoire entre le temps de la principale et celui de la subordonnée. »
Ainsi les « règles » ne doivent pas empêcher le rédacteur ou le traducteur d’utiliser son jugement. Les grammairiens aiment citer la boutade du linguiste Ferdinand Brunot :
« Le chapitre de la concordance des temps se résume en une ligne : il n’y en a pas. »

Plus importante encore est la phrase précédant celle-là : « Ce n’est pas le temps principal qui amène le temps de la subordonnée, c’est le sens. »
[…]les règles obéissent au sens. Voilà d’ailleurs pourquoi il y a tant d’« infractions » à la concordance[…]
La marge de manœuvre de celui qui écrit est donc appréciable. Et qu’on n’aille pas se réclamer des classiques! Les plus grands auteurs se sont permis des libertés remarquables, comme La Fontaine :
« Après qu’il eut brouté, trotté, fait tous ses tours,
Jeannot Lapin retourne aux souterrains séjours.
Il n’est pas nécessaire d’être aussi audacieux, mais mieux vaut garder la langue vivante que de s’encorseter dans des règles inutilement contraignantes.

le 28 décembre 2020.

Ils sortiront s’il faisait beau.
D’accord, j’abandonne, continuez à enseigner cela.

le 28 décembre 2020.

Je reconnais que mon point de vue est contestable, et ne passe pas avec toutes les phrases et notamment si le sujet n’est pas le même dans les deux propositions.
Mais la phrase suivante, par exemple, qui ne respecte pas la règle, me semble acceptable :
Si seulement il se mettait à faire des efforts il est sûr de réussir.

Je pense aussi qu’il vaut mieux passer sous silence ce type d’entorses faites à cette règle pour ne pas semer le trouble. Vous avez raison : je vais cesser d’enseigner cela.

le 28 décembre 2020.

C’est faux, je ne retomberai jamais, même si je refais du cheval .

==> C’est juste, car pour la condition exprimée avec « si » au présent ( si je refais), on utilise le futur (retomberai).

joelle Grand maître Répondu le 26 décembre 2020
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