J’aimerais savoir à quoi ou ce à quoi

Bonjour à tous!
Je me casse la tête sur la phrase « J’aimerais savoir CE à quoi il faut s’attendre » ou bien « J’aimerais savoir A quoi il faut s’attendre ». Je me penche plutôt vers la deuxième version mais en vérifiant mes réponses à l’exercice sur les pronoms relatifs  dans le corrigé de l’Ecole Nationale de français, j’ai vu la première version qui me gêne un peu…  Pourriez-vous m’aider svp!!! Merci d’avance!

Dmitri Débutant Demandé le 21 décembre 2020 dans Général
4 réponse(s)
 

J’aimerais savoir ce à quoi il faut s’attendre.
quoi est (pronom relatif) COI du verbe s’attendre introduit auprès de lui par la préposition « à ».

Si on ramène la phrase complexe à deux phrases indépendantes :
1J’aimerais savoir ce  (= cela). Ce est COD de « savoir »
2 Il faut s’attendre à ce (= cela). Ce est COI de « s’attendre »
Dans la phrase complexe le pronom relatif « quoi » , tout en reliant les deux propositions reprend le premier « ce » (celui de la phrase 1.

C’est pourquoi il faut laisser « ce » dans la phrase complexe (il appartient à la première proposition alors que « quoi appartient à la deuxième proposition)

Tara Grand maître Répondu le 21 décembre 2020

Bonjour, la réponse d’Adrian est pertinente, c’est en quelque sorte de l’hypercorrection ou forme « supposée correcte », juste pour le besoin d’une bonne réponse dans une épreuve, le problème est que parfois il faut mettre cette réponse pour faire plaisir au jury, avoir sa « bonne » réponse.
Tout comme cette opposition entre l’indicatif et le subjonctif où les deux réponses sont correctes « graphiquement », le problème du français et de toujours vouloir « une » bonne réponse et non plusieurs qui seraient tout-à-fait correctes. Je pense que certaines questions ne devraient pas être posées dans des exercices de la langue française car le correcteur lui-même n’a pas « la » bonne réponse
Manuel

Manuel Grand maître Répondu le 22 décembre 2020

Je suis parfaitement d’accord avec vous Manuel.
De façon générale, il ne faut pas perdre de vue qu’on n’est pas obligé de passer sous les fourches caudines  une grammaire normative. Il est parfois plus sage et plus intéressant d’observer comment fonctionne la langue qui se pratique plutôt que d’imposer des règles.
Par exemple, on lit des affirmations définitives et fausses sur la concordance des temps., qui retirent de la langue, parfois certaines nuances, parfois même la possibilité d’exprimer un sens spécifique.
.

le 23 décembre 2020.

Merci beaucoup, Tara! C’est légèrement compliqué pour moi (je suis d’origine russe), mais ça y est, j’ai compris. D’ailleurs, cela me rassure car dans toutes les autres phrases de l’exercice cette construction ne me gênait pas. En plus, ce serait vraiment impensable que l’Ecole Nationale de Français du Québec fasse des fautes dans le corrigé des exercices!

Dmitri Débutant Répondu le 21 décembre 2020

Oui.  Je me permets de vous féliciter pour votre très bon français !

le 21 décembre 2020.

– tu t’impatientes de savoir à quoi j’en veux venir (Rousseau)
– elle voulait savoir à quoi il passait sa vie (Voltaire)
– sous prétexte de savoir à quoi leur dévouement pouvait être utile (Balzac)
– il aurait dû savoir à quoi s’en tenir (Proust)
En tant qu’interrogation indirecte (ou va-t-il, je demande où il va ; à quoi cela sert-il, je demande à quoi cela sert), c’est à dire si la question porte sur le verbe transitif indirect, on ne met jamais le pronom « ce ».

Le pronom « ce » sert à donner une valeur de syntagme nominal au complément : ce à quoi je pense est…, la chose à laquelle je pense est… En tant que COD, c’est donc le sens « savoir une chose » : je sais ce à quoi tu penses, je connais la chose à laquelle tu penses. En français de chez moi, on ne parle pas comme ça.

Avec une analyse rapide, on peut considérer que le verbe « savoir » introduit soit un syntagme nominal, soit une interrogation indirecte.

Si « savoir » peut être syntaxiquement remplacé par « connaître », il faut un COD ayant valeur de syntagme nominal, comme un substantif, une proposition, un infinitif.
C’est une construction que je lis dans les vieux livres : je sais un endroit où l’été dure toujours.
C’est une construction très fréquente en Belgique : je sais mon chemin.
Je ne connais rien au français du Québec, mais il est possible qu’il se rapproche du français de Belgique ou du vieux français de France, privilégiant le COD syntagme nominal.

Si par contre « savoir » peut être syntaxiquement remplacé par « demander », et introduit donc une interrogation indirecte, on ne met pas le pronom. Je me demande à quoi tu penses, je ne sais pas à quoi tu penses, je sais à quoi tu penses.

Dans mon français personnel, et chez tous les gens que je croise dans la vie courante, c’est une interrogation indirecte, donc sans « ce ». Tu sais à quoi je pense (et non : tu sais ce à quoi je pense), tu sais à qui je pense (et non : tu sais la personne à qui je pense).

Écrire « je sais ce à quoi il pense » sonne pour moi comme une construction soit belge soit faussement littéraire calquée sur « je sais sa pensée », et est donc dans mon approche personnelle très artificiel bien que correct, car c’est le sens « savoir une chose ». Dans mon milieu, il y a au moins 95% de gens qui diront « j’aimerais savoir à quoi il faut s’attendre » plutôt que « j’aimerais savoir ce à quoi il faut s’attendre ».
Il n’est jamais bon d’utiliser une construction rare au prétexte d’une prétendue correction, de la défendre contre l’usage, en arguant qu’elle est syntaxiquement valide en ancien français.

C’est évidemment différent si on parle comme ça au Québec.

Adrian Grand maître Répondu le 21 décembre 2020

Oui, vous avez encore une fois raison Adrian :   « ce » devant « à quoi » ressemble bien à  une hypercorrection.
On dit : je sais qui va venir –  je sais quoi acheter – je sais à quoi m’attendre  – je sais où aller – je sais de quoi tu parles
Je sais ce dont tu parles est donc aussi une hypercorrection.

le 23 décembre 2020.
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Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.