Il vit la montagne de lettres rapportée / rapportées par le facteur.

Bonjour,

J’hésite entre deux accords, bien que j’ai l’impression que les deux puissent être utilisés.
Pouvez-vous me dire, s’il vous plait, si l’un des deux vous paraît le plus juste ?

– Il vit la montagne de lettres rapportée par le facteur.
– Il vit la montagne de lettres rapportées par le facteur.

J’ai l’impression que le facteur a plutôt rapporté « les lettres » que « la montagne de lettres », alors je choisirais plutôt la seconde… et vous ?

Merci beaucoup

Questionmerci Membre actif Demandé le 23 décembre 2020 dans Accords
5 réponse(s)
 

Joëlle, on est d’accord puisque ma position est  aussi PLUTÔT le singulier.

Prince Grand maître Répondu le 24 décembre 2020

Votre question ne porte pas sur les noms collectifs : un groupe de spectateurs est ou sont arrivé(s), une montagne de lettres est ou sont arrivée(s). Vous savez qu’on dit « la montagne de lettres, il la voit », et non « la montagne de lettres, il les voit ». Il n’y a pas ici ce type de choix à faire, permettant d’insister sur la montagne ou sur les lettres.

L’imbrication.

Votre question porte d’abord sur la place de l’adjectif dans une imbrication : [un pot de fleurs] rouge, ou un pot de [fleurs rouges] ?
Globalement, c’est une question de sens, sens souvent imposé :
— des [queues de poisson] panées (on découpe le poisson puis on pane les queues)
— des boîtes de [poisson pané] (on pane le poisson puis on le met en boîte)

Dans votre exemple :
— Il voit une montagne de lettres empilées (que j’ai empilées ce matin) = j’ai empilé des lettres et non une montagne.
— Il voit une montagne de lettres érigée (que j’ai érigée ce matin) = j’ai érigé une montagne et non des lettres.
— Il voit une montagne de lettres reçue(s) (que j’ai reçue(s) ce matin) = j’ai reçu une montagne de lettres, ou des lettres, c’est au choix de l’auteur, selon l’imbrication voulue : une [montagne de lettres] reçue, une montagne de [lettres reçues].
Les participes passés ci-dessus (empilé, érigé, reçu) sont comme des adjectifs qualificatifs (supprimables), ou intégrés à des relatives explicatives (supprimables ou séparables par une virgule).

La détermination.

Si cette phrase pose un problème, c’est parce que la question du sens ne suffit pas à trancher, il faut aussi compter avec la syntaxe. Il faut examiner la question des articles définis et des participes passés explicatifs ou déterminatifs, car dans votre texte, il n’y a pas l’équivalent d’une relative explicative, comme ci-dessus, mais l’équivalent d’une relative déterminative, ce qui change les possibilités d’accord.
On peut dire « Il voit des lettres ». On ne dit normalement pas dans une histoire, quand on n’en n’a pas encore parlé, « Il voit les lettres ». Les lettres ? quelles lettres ? On n’utilise l’article défini pour une chose que si cette chose est déterminée, c’est pourquoi on dit par exemple « il voit les lettres que le facteur a apportées ce matin ». Un participe passé remplace la relative avec le même sens et la même fonction syntaxique : « il voit les lettres apportées ce matin par le facteur ».
— Une lettre, que j’ai reçue ce matin, traîne sur la table. On peut mettre la relative entre virgules, c’est une explicative.
— La lettre que j’ai reçue ce matin traîne sur la table. On ne peut pas mettre la relative entre virgules, c’est une déterminative.
On voit que quand on met un article défini, c’est une déterminative qui suit, et que cette déterminative s’applique obligatoirement au mot qui a l’article défini.
Ici, vous voulez une précision déterminative, il faut identifier le mot sur lequel elle porte.
Comme vous n’avez pas mis d’article défini à « lettres », la précision déterminative ne peut pas s’appliquer à « lettres », et s’applique forcément à « montagne ».
Si vous souhaitez que la déterminative s’applique aux lettres, il vous suffit de mettre un article défini à « lettres ».

Les quatre possibilités.

* pas d’article défini du tout = accord selon le sens, selon l’intention de l’auteur :
– Il vit une montagne de lettres que le facteur avait apportée (apportée par le facteur).
– Il vit une montagne de lettres que le facteur avait apportées (apportées par le facteur).
* article défini + pas d’article défini :
– Il vit la montagne de lettres que le facteur avait apportée (apportée par le facteur).
* article défini + article défini :
– Il vit la montagne des lettres que le facteur avait apportées (apportées par le facteur).

Adrian Grand maître Répondu le 24 décembre 2020

Il me revient une règle : avec le déterminant défini « la montagne », il faut plutôt le singulier==>apportée et non rapportée (pas de retour).

joelle Grand maître Répondu le 23 décembre 2020

Merci 🙏 c’est modifié : Il vit la montagne de lettres apportée par le facteur.

Questionmerci Membre actif Répondu le 24 décembre 2020

Bonsoir,

Ce sont les lettres qui ont été apportées. Je partage donc plutôt  votre façon de voir.
Toutefois, si l’on veut mettre l’accent sur la grande quantité, le gros volume de lettres, le singulier devient opportun.

Prince Grand maître Répondu le 23 décembre 2020
Votre réponse
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