Il est + déterminant

Répondu

Bonjour à toutes et tous,

Dans l’enseignement du FLE,  les enseignants apprennent aux élèves que il est et elle est ne sont jamais suivis d’un déterminant et qu’à leur place on utilise c’est + déterminant. Ainsi on dirait normalement, c’est un étudiant, c’est ma soeur, c’est la ville et non il est un étudiant, elle est ma soeur, elle est la ville.

Cependant, hier soir j’ai lu il est mon père  dans un film espagnol sous-titré  en français. Alors, je voudrais vous demander, est-ce qu’il existe des exceptions à cette règles? Si oui, dans quels cas en particule il est préférable d’utiliser il est + déterminant.

Je vous remercie par avance.

ameliorerlefrancais Amateur éclairé Demandé le 9 décembre 2019 dans Question de langue
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Il est mon père – il est un ami proche – elle est la sœur de mon associé – ils sont des parents éloignés….
En réalité, cette affirmation selon laquelle il est et elle est ne sont jamais suivis d’un déterminant et qu’à leur place on utilise c’est + déterminant est fausse.

« C’est » est un présentatif. Il en existe d’autres : il y a – voici/voilà.

En tant que présentatif  seulement on ne peut le remplacer par il est/elle est…
en corrélation avec un relatif (qui – que – dont – …) il sert à mettre en relief un élément de la phrase :
C’est l’homme qui est recherché – c’est elle que nous voulons voir – c’est de moi dont vous parlez ?
Seul, il sert à désigner : C’est lui, je le reconnais.

Ce qui n’empêche pas d’utiliser il est/elle est… dans les autres cas, dans les cas où on ne fait que reprendre un nom déjà présent dans l’énoncé :
Voilà M. XX : il est mon professeur préféré. 
Je t’ai déjà parlé de Marie : elle est la sœur de mon associé.
Je les vois pour la première fois ; ils sont des parents éloignés.
A chaque fois, on a le choix avec le présentatif :
C’est mon professeur préféré. (mais il y a déjà le présentatif ‘voilà)
C’est la sœur de mon associé.
Ce sont des parents éloignés.
Cependant, l’emploi du pronom personnel est parfois d’un langage plus soutenu dans ces cas.

Les cas où « il est » est suivi d’un déterminant abondent :
Don Juan : « il est le plus grand scélérat que la terre ait jamais porté.  » Molière
Cette citation d’une chanson de Jacques Brel est intéressante pour mettre en valeur la différence entre c’est et il/elle est :
« Madeleine, c’est mon horizon, c’est mon Amérique à moi …. » et plus loin : « elle est toute ma vie… »
En passant de c’est à elle on passe d’un présentatif banal au pronom personnel. On gagne en intensité et en force. La femme prend tout l’espace.

Tara Grand maître Répondu le 9 décembre 2019
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