H aspiré

Bonjour, je me posais la question de ce « h » dit aspiré alors qu’en fait lorsqu’il peut se prononcer, il est en fait expiré. Quelqu’un aurait-il une explication historique à cette énigme ?

Manuel Grand maître Demandé le 16 mars 2021 dans Question de langue
6 réponse(s)
 

En fait, il ne se prononce pas (aucune consonance pour le mot handicapé – ou habitant – contrairement à l’anglais « hand »), simplement il ne permet ni la liaison ni l’élision.

joelle Grand maître Répondu le 16 mars 2021

Parfois il peut se prononcer, comme dans l’interjection « ha ! », par exemple. Je voulais simplement savoir d’où venait le fait de nommer « aspiré » à la place de « expiré » ?

Manuel Grand maître Répondu le 16 mars 2021

Affaire à suivre… Merci à tous.

Manuel Grand maître Répondu le 16 mars 2021

Vous avez raison Manuel : il n’ y a aucune aspiration !

Le Bon usage :
« L’h aspiré n’est pas étymologique et s’explique par des raisons diverses dans halo harpie hasard haut hernie herse hic hile hors (cfhuguenot huppe , etc. — Dans héros , on attribue souvent(voir déjà Vaugelas, p. 3) la disjonction à la crainte d’une homonymie gênante de °les Ù héros avec les zéros  (zéro a déjà au XVIs. le sens « personne sans valeur », cf. Trésor ). »

Prince Grand maître Répondu le 16 mars 2021

La plupart de ces mots [= mots avec h aspiré] viennent* des langues germaniques : francique, allemand, néerlandais, anglais ; quelques-uns d’autres langues connaissant un aspiré comme son : arabe (hallalharemhenné…), espagnol (habanerahâbleur…) [ Ont cependant un muet : hombre ; hidalgo : voir à la fin de a ], japonais (hara-kiri), etc.

*Sauf héros et héraut.

Prince Grand maître Répondu le 16 mars 2021

Historiquement, la qualification de h aspiré est très ancienne (Moyen Âge) car la question de son écriture s’est posée dès l’apparition du français écrit.
Du latin générique spiro (souffler) ont été tirés les verbes ad-spirer (souffler vers, devenu aspirer), re-spirer (rejeter l’air), in-spirer (souffler dans), con-spirer (souffler ensemble) et ex-spirer (exhaler et mourir).
C’est donc le sens premier qui a été conservé. Lorsqu’on aspire à quelque chose, on regarde vers elle, on « souffle vers elle ». Ce n’est que bien plus tard que aspirer a pris malencontreusement le sens inverse sans que personne n’y veille. Aujourd’hui, le mot se trouve donc utilisé à contre-emploi.

Chambaron Grand maître Répondu le 16 mars 2021
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