Fonction grammaticale

Quelle est la fonction du groupe « comme une apparition » dans la phrase  » Ce fut comme une apparition. » ?

RAPSO Débutant Demandé le 22 janvier 2021 dans Général

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4 réponse(s)
 

Ce fut comme une apparition (Flaubert quel texte !)
« Apparition » est sujet réel du verbe « être » (« ce » en est le sujet apparent).

Tara Grand maître Répondu le 22 janvier 2021

— Ce fut comme une apparition.
Peut-être existe-t-il un contexte et une interprétation permettant une comparaison entre les deux termes disposés de part et d’autre du verbe « être », mais ce n’est probablement pas le cas ici.
Donc ne cherchons pas une comparaison entre deux propositions dont une elliptique : il agit comme son frère agit, il agit comme son frère, il est comme son frère…
Ici, il ne faut pas lire : [ce] [fut] [comme] [une apparition] (comparaison).
Ni : [ce] [fut comme] [une apparition] (verbe d’état équivalent au verbe sembler).
Mais : [ce] [fut] [comme une apparition] (emploi adjectival de l’adverbe).
Le mot « comme », réputé pourtant adverbe, fait corps ici avec le substantif « apparition » ; nous devons le considérer comme un adjectif invariable dont le sens est de faire porter la modulation de l’impression non pas sur le verbe mais sur le substantif qui suit. Ainsi, « comme une apparition » doit être lu comme « une sorte d’apparition », « une apparition possible », « une quasi-apparition », et à vrai dire le mot « comme » est supprimable, ne participant pas à la syntaxe.
La présence du mot « comme », adjectif invariable (contrairement à « tel » qui s’accorde), ne joue pas sur le genre et le nombre : « comme une apparition » est un syntagme féminin singulier, « comme des apparitions » est un syntagme féminin pluriel.
Analysons donc votre phrase comme on analyserait :
— Ce fut une apparition.

Le syntagme « une apparition » est-il sujet ou attribut du verbe « être » ? On ne peut pas le savoir sans contexte.

Selon vous, l’auteur vient-il de présenter un phénomène et tente-t-il de le définir d’un mot ?
« Ces éclairs, cette silhouette blanche et ce tumulte, fut-ce comme une vraie personne jouant du tambour dans votre chambre ou fut-ce plutôt comme une apparition ?
— Ce fut comme une apparition. »
« Ce » est ici équivalent à « cela », pronom sujet mis pour une situation, un événement, suivi obligatoirement d’un verbe conjugué au singulier, et « comme une apparition » est attribut du sujet.

Selon vous, avec un pluriel suivant le verbe être, l’auteur aurait-il conjugué le verbe au pluriel ?
« Qu’est-il donc arrivé ? Il y eut une grande lumière, ce furent les marteaux de Zoricus qui secouaient votre lit, et puis soudain…
— Exactement ! et puis soudain, ce furent comme des coups frappés à ma porte. »
« Ce » est ici le fondement syntaxique d’une construction impersonnelle, et introduit une chose, une notion. Cette chose est le sujet réel qui emporte la conjugaison au pluriel.
Au singulier, le sujet réel reste sujet réel :
— Ce fut comme une apparition.
et « comme une apparition » est donc sujet réel.

Cette astuce de mettre au pluriel ne fonctionne que si la conjugaison du verbe en dépend. Mais la pratique se perd. Peut-on identifier le sujet réel et son attribut éventuel en voyant si la conjugaison du verbe changerait avec un pluriel ?
1800 : — Les cochons n’étaient pas morts et ce furent comme des cris qui sortirent du four à bois.
2000 : — Les poissons n’étaient pas morts et ce fut comme des cris qui sortirent du micro-ondes.
On accorde de moins en moins selon le sujet réel.
Ce qui nous permet de dater l’invariabilité de l’introducteur présentatif « ce fut », équivalent à « il y eut », à peu près à l’époque de l’invention du micro-ondes.
Ainsi, on écrira préférentiellement :
— ce furent deux cuisseaux d’agneau qui sortirent du four à bois ;
mais :
— ce fut des pâtes qui sortirent du micro-ondes.
On ne comptera cependant pas de faute aux élèves utilisant l’une ou l’autre forme au sujet du robot-broyeur Moulinex, en considérant que les élèves ont eu accès à cette technologie à des dates variées.
Faut-il préciser que l’ironie des quelques lignes précédentes vise à expliquer que vos correcteurs, selon leur âge et leur culture, privilégient tel ou tel accord, que certains se raccrochent à la notion de sujet réel, d’autres au sujet apparent, que certains font un sujet apparent de n’importe quoi même quand il est réel, que d’autres identifient correctement le sujet mais refusent que ce sujet joue sur la conjugaison ? Avez-vous repéré que plutôt que d’avouer s’être plantés sur le sujet, certains disent qu’ils conjuguent selon l’attribut (ce qui est par ailleurs possible) ?

Selon les différentes réponses récentes de Tara, nous sommes même arrivés au stade ou le présentatif ne prend plus ni la marque singulier/pluriel, ni la marque affirmatif/négatif, ni la marque présent/passé, et selon son dernier commentaire à une de mes réponses, il faut dire maintenant non pas :
— ce ne furent pas les Romains qui vainquirent les Gaulois.
mais :
— c’est pas les Romains qui vainquirent les Gaulois.
Elle a en partie raison, mais je la trouve un peu extrémiste. À vous de voir si elle vous semble qualifiée pour identifier le sujet réel de votre phrase sur la base d’une conjugaison selon le genre, le nombre, le temps, et la forme… Car à partir du moment où on décide qu’il y a par principe invariabilité du verbe et que le contexte n’importe pas, quels critères subsistent alors permettant d’identifier la fonction des mots entourant un verbe dans une phrase ?

Adrian Grand maître Répondu le 23 janvier 2021

Je n’ai en effet aucune qualification pour identifier quoi que ce soit, Adrian et je n’en revendique aucune.
Je ne me raccroche non plus à aucune notion et je ne refuse pas la réflexion, vous savez.
Mes analyses sont sans aucun doute imparfaites : je les propose plutôt que je ne désire les imposer. Observer et expliquer la langue est bien plus intéressant qu’édicter des règles et les imposer.
Vos analyses m’intéressent toujours ; je regrette seulement que vous parsemiez parfois vos messages de petites piques qui, à mon sens, sont parfaitement inutiles.
Je vois bien que vous avez une compétence et un savoir supérieurs aux miens en la matière qui nous intéresse ici. Merci de revoir le ton de nos échanges : c’est la réflexion qui m’intéresse, et non quelque forme que ce soit de rivalité.

Pour en revenir au sujet ci-dessus : j’avais bien vu qu’on pouvait hésiter entre attribut et sujet réel , mais j’ai tranché par souci de simplification.
Si ce « Ce fut comme une apparition » est bien la phrase de Flaubert qui annonce la description de Mme A, on a là bien plus qu’un présentatif, ne trouvez-vous pas ? Le « ce fut » équivaut à  : l’arrivée de Mme A fut comme une apparition et donc on peut considérer que « apparition », et même, ainsi que vous le démontrez,  « comme une apparition » est un attribut.

le 23 janvier 2021.

Adrian,

Il me semble que vous gagneriez à être plus concis dans vos réponses. Nous ne sommes pas là pour écrire un traité de grammaire, souvenez-vous…

Votre culture semble très étendue en matière de langue française, mais je n’en sais pas grand chose de plus, car je ne lis plus vos réponses, découragée à l’avance par les explications « roman fleuve » dans lesquelles vous vous perdez un peu d’ailleurs, bien souvent.

Tara écrit « Je n’ai en effet aucune qualification pour identifier quoi que ce soit   » : je ne suis pas du tout d’accord avec ça, Tara l’a bien souvent prouvé, ses connaissances sont impressionnantes.
Et en tout cas, à mon sens, elle est est bien meilleure que vous, pédagogiquement parlant.
Il ne suffit pas d’avoir des connaissances, encore faut-il savoir les transmettre, et se faire comprendre…

De plus, je suis bien de l’avis de Tara, le fait d’égratigner les autres n’est pas au menu, sur ce site, qui n’est pas un forum, je vous le rappelle.
Aussi, il serait reposant pour tout le monde que vous gardiez vos réflexions désagréables pour vous.

CATHY LÉVY Grand maître Répondu le 23 janvier 2021

Merci à chacun de vos éclaircissements sur cette question grammaticale.

RAPSO Débutant Répondu le 23 janvier 2021
Votre réponse
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