faire mine de

Bonjour,

Est-ce que l’expression « faire mine de » a subi un glissement sémantique ? Pour moi, cela veut dire « faire semblant », or je lis de plus en plus souvent « faire mine de » dans le sens de « s’apprêter à faire quelque chose ».

Je vous remercie d’avance de vos réponses.

Orel

Orel Débutant Demandé 3 jours auparavant dans Question de langue
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3 réponse(s)
 

Vous avez raison : faire mine signifie faire semblant. Mais il est vrai que c’est souvent entendu / au sens « littéral » de  » faire comme si », ou exprimer une attitude (par exemple : il a fait mine de partir) en gommant l’intention trompeuse, qui est le propre de la locution.
On retrouve d’ailleurs ce sens dans « faire mine de rien » qui signifie bien que l’on cache quelque chose.

joelle Grand maître Répondu 3 jours auparavant
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Bonjour Orel,

Je ne connais pas cette expression dans le sens de « s’apprêter » ; l’Académie française non plus, ni  « Expressions ».
Etes-vous certain que faire mine de  signifie aujourd’hui « s’apprêter » ?  Dans quel registre de langue ? Populaire ?  Familier ?

A l’origine, faire mines, faire la mine signifiait « faire des grimaces, faire la grimace ».

Prince Grand maître Répondu 2 jours auparavant

Le TLFi donne ci-après les sens de faire mine de. Il n’y a pas de s’apprêter à l’horizon, mais il est vrai qu’il n’y a pas tout dans les dictionnaires ! 

« Faire mine de + inf. Faire semblant de + inf. Parfois, je faisais mine de me passionner pour une cause étrangère à ma vie la plus quotidienne. Dans le fond pourtant, je n’y participais pas (Camus,Chute, 1956, p.1499).

♦ [Avec ell. de l’inf.] :

5. … je te dis ce ne sera qu’illusion que leurre rien n’est possible qu’un mensonge ils feront mine écoute-moi ce ne sera qu’une apparence ils ne t’aimeront jamais ils ne t’accepteront jamais comme un des leurs… Aragon,Rom. inach., 1956, p.180.
− Rare. Faire mine de + subst. désignant une pers. dans une certaine attitude. Faire semblant d’être. Hélène a dormi ou fait semblant. Je ne sais pourquoi je me crus bêtement obligé de faire mine d’adorateur pendant ce temps(Delacroix,Journal, 1824, p.81). »
2 jours auparavant.
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Bonjour,

Tout d’abord un grand merci à tous les deux pour vos réponses. 🙂

Joelle,  c’est exactement avec ce genre d’exemple que vous donnez (« il a fait mine de partir ») – tout dépend bien sûr de la suite de la phrase –  que j’ai cru constater un glissement sémantique ou, pour être plus exact, une deuxième acception de cette expression, sans pour autant parvenir à savoir si cette deuxième acception était correcte ou s’il s’agissait d’un abus de langage.

Prince,  je vous invite à entrer « fit mine de partir » (sans « il » pour plus d’occurrences, mais avec les guillemets) dans Google et je pense que vous allez faire le même constat que moi.

Orel Débutant Répondu 2 jours auparavant

Donc si l’on résume, il faut conserver à « faire mine de… » Le sens de faire semblant donc l’idée de mystification. Mais le glissement de sens (avoir l’air simplement…) que j’ai aussi noté n’est pas bon.

1 jour auparavant.
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