faire mine de

Bonjour,

Est-ce que l’expression « faire mine de » a subi un glissement sémantique ? Pour moi, cela veut dire « faire semblant », or je lis de plus en plus souvent « faire mine de » dans le sens de « s’apprêter à faire quelque chose ».

Je vous remercie d’avance de vos réponses.

Orel

Orel Débutant Demandé le 15 août 2019 dans Question de langue
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4 réponse(s)
 

Vous avez raison : faire mine signifie faire semblant. Mais il est vrai que c’est souvent entendu / au sens « littéral » de  » faire comme si », ou exprimer une attitude (par exemple : il a fait mine de partir) en gommant l’intention trompeuse, qui est le propre de la locution.
On retrouve d’ailleurs ce sens dans « faire mine de rien » qui signifie bien que l’on cache quelque chose.

joelle Grand maître Répondu le 15 août 2019
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Bonjour Orel,

Je ne connais pas cette expression dans le sens de « s’apprêter » ; l’Académie française non plus, ni  « Expressions ».
Etes-vous certain que faire mine de  signifie aujourd’hui « s’apprêter » ?  Dans quel registre de langue ? Populaire ?  Familier ?

A l’origine, faire mines, faire la mine signifiait « faire des grimaces, faire la grimace ».

Prince Grand maître Répondu le 15 août 2019

Le TLFi donne ci-après les sens de faire mine de. Il n’y a pas de s’apprêter à l’horizon, mais il est vrai qu’il n’y a pas tout dans les dictionnaires ! 

« Faire mine de + inf. Faire semblant de + inf. Parfois, je faisais mine de me passionner pour une cause étrangère à ma vie la plus quotidienne. Dans le fond pourtant, je n’y participais pas (Camus,Chute, 1956, p.1499).

♦ [Avec ell. de l’inf.] :

5. … je te dis ce ne sera qu’illusion que leurre rien n’est possible qu’un mensonge ils feront mine écoute-moi ce ne sera qu’une apparence ils ne t’aimeront jamais ils ne t’accepteront jamais comme un des leurs… Aragon,Rom. inach., 1956, p.180.
− Rare. Faire mine de + subst. désignant une pers. dans une certaine attitude. Faire semblant d’être. Hélène a dormi ou fait semblant. Je ne sais pourquoi je me crus bêtement obligé de faire mine d’adorateur pendant ce temps(Delacroix,Journal, 1824, p.81). »
le 15 août 2019.
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Bonjour,

Tout d’abord un grand merci à tous les deux pour vos réponses. 🙂

Joelle,  c’est exactement avec ce genre d’exemple que vous donnez (« il a fait mine de partir ») – tout dépend bien sûr de la suite de la phrase –  que j’ai cru constater un glissement sémantique ou, pour être plus exact, une deuxième acception de cette expression, sans pour autant parvenir à savoir si cette deuxième acception était correcte ou s’il s’agissait d’un abus de langage.

Prince,  je vous invite à entrer « fit mine de partir » (sans « il » pour plus d’occurrences, mais avec les guillemets) dans Google et je pense que vous allez faire le même constat que moi.

Orel Débutant Répondu le 16 août 2019

Donc si l’on résume, il faut conserver à « faire mine de… » Le sens de faire semblant donc l’idée de mystification. Mais le glissement de sens (avoir l’air simplement…) que j’ai aussi noté n’est pas bon.

le 16 août 2019.
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Rebonjour Joelle,

À vrai dire, je n’en sais rien… pas plus tard qu’aujourd’hui, je suis tombé sur le passage suivant dans un des romans d’Elizabeth GEORGE :

— Merci d’avoir bien voulu nous recevoir, poursuivit la commissaire Ardery en faisant mine d’entrer.
Ce sans-gêne agaça tellement Rabiah qu’elle fut tentée de les laisser toutes les deux poireauter sur le paillasson.

En l’occurrence, le sens est bien « s’apprêter à », non ?

Orel Débutant Répondu le 18 août 2019
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