Évolution orthographe entre 1989 et 2017

Bonjour,

En 1989, le texte suivant était-il correct ? (Hormis le sens qui ne l’est pas trop)

« Le vingt-trois juin deux mille sept, une paysagiste s’est laissée conduire par un vélo-taxi qui escroque à un événement en plein-air. C’était un pique-nique qui polluait, où des bouteilles de boissons alcoolisées dont le coût non-réglementaire était supérieur au contenu d’un porte-monnaie, étaient posées pêle-mêles sur la serviette de pic-nic, et où les sandwiches aux girolles et aux oignons avaient un goût répugnant. Après cet événement qui ne provoquait pas l’euphorie, elle eut ressenti des douleurs aiguës durant quelques week-ends à cause de ce dîner agaçant et ne pouvait plus s’asseoir, ni passer la serpillière. Les maxima de douleur avaient lieu lorsqu’elle se baissait pour faire brûler des bûches dans son feu, dont la rongeure des braises faisait peur. Pour se soigner, il y avait deux scenarii possibles : elle végétera mais elle prendra de l’homœopathie ou alors, si elle est une personne qui se lève tard, elle pourra traîner en tee-shirt en regardant des télé-films, comme des thrillers, le son dans des haut-parleurs, le reste de la journée, et guérir entre-temps avec le sommeil. Elle sera peut-être dérangée sans plaisirs, mais avec quelques milliers de pièces, elle pourra louer une île pour contempler des nénuphars, des trucs et des trucs. »

Et celui-ci était-il correct en 2017 ? (Hormis le sens qui ne l’est pas trop)
« Le vingt-trois juin deux-mille-sept, une paysagère s’est laissé conduire par un vélotaxi qui arnaque à un évènement en plein-air. C’était un piquenique pollueur, où des bouteilles de pastis dont le cout non-règlementaire était supérieur au contenu d’un portemonnaie, étaient posées pêlemêles sur la serviette de picnic, et où les sandwichs aux giroles et aux ognons avaient un gout dégueulasse. Après cet évènement non-euphorisant, elle eut ressenti des douleurs aigües durant quelques weekends à cause de ce diner emmerdant et ne pouvait plus s’assoir, ni passer la serpillère. Les maximums de douleur avaient lieu lorsqu’elle se baissait pour faire bruler des buches dans son feu, dont la rongeüre des braises faisait peur. Pour se soigner, il y avait deux scénarios possibles : elle végètera mais elle prendra de l’homéopathie ou alors, si elle est une lève-tard, elle pourra trainer en teeshirt en regardant des téléfilms, comme des thrilleurs, le son dans des hautparleurs, le reste de la journée, et guérir entretemps avec le sommeil. Elle sera peut-être déstabilisée sans plaisirs, mais avec quelques milliers d’euros, elle pourra louer une ile pour contempler des nénufars, des machins et des bidules. »

Merci !

francais Grand maître Demandé le 23 janvier 2021 dans Question de langue

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7 réponse(s)
 

très intéressant, une synthèse assez complète des rectifications de l’orthographe depuis 1990 à étudier de près. Il manque les verbes en eler et eter ( exceptions : appeler et jeter) qui se conjuguent avec è. C’est selon moi, une vraie simplification.
La question peut-être : est-ce que l’objectif de simplification est bien atteint ? il y a débat.

joelle Grand maître Répondu le 24 janvier 2021

Oui, Joëlle.

Bien atteint ? Je ne crois pas, car même les spécialistes de ce site ne connaissent pas tous bien le contenu des R.O. de 1990 ! Il est vrai qu’elles sont « simplement » recommandées !…

Celles de 1976 n’avaient déjà pas été assimilées !

le 24 janvier 2021.

Merci à tous de vous intéresser à mon sujet.

Ma question est de confirmer que le premier texte était correct en 1989, et que le second est correct aujourd’hui mais ne l’était pas en 1989.

« En revanche, les majuscules non accentuées sont toujours considérées comme des fautes d’orthographe : ) »
Était-ce juste à titre de renseignement ou ai-je réalisé cette erreur (je ne la vois pas) ?

Ma question concerne les R.O. de décembre 1990, ainsi que le vocabulaire qui est arrivé en français entre 1989 et 2017. Cette question ne porte pas seulement sur l’accord du PP des verbes pronominaux et les accents : il y a seulement ces tags, car on ne peut en ajouter plus de 5 et que je ne peux pas en créer.

« Il manque les verbes en eler et eter ( exceptions : appeler et jeter) qui se conjuguent avec è. »
Le verbe ‘végètera’/’végétera’ n’en fait-il pas parti ?

« C’est selon moi, une vraie simplification. »
Quel est le sens de cette phrase ?

La question finale de ces textes (qui sont à confirmer) est plutôt : ‘Comment la langue française a-t-elle radicalement changée en moins d’une trentaine d’années ?’.

Merci !

francais Grand maître Répondu le 24 janvier 2021

Ac. fr. :

Le français aujourd’hui. 

N’oubliez pas la féminisation des noms de  métiers, grades, etc. (le guide d’aide est de 1999) et les termes officiels créés ou empruntés par la Commission de terminologie et de néologie (à laquelle j’ai eu le plaisir d’appartenir).

Vous faites un mastère ?

Bonne soirée.

Prince Grand maître Répondu le 24 janvier 2021

Le lien ne fonctionne pas mais, le texte était :
« Au cours des années 1990, un ensemble législatif plus cohérent et plus complet est mis en place. Un nouvel alinéa est ajouté, le 25 juin 1992, à l’article 2 de la Constitution : La langue de la République est le français. Se fondant sur ce principe, la loi du 4 août 1994, dite « loi Toubon », élargit les dispositions de la loi de 1975. Le décret du 3 juillet 1996 institue une nouvelle commission générale de terminologie et de néologie ; il étoffe le dispositif d’enrichissement de la langue française, l’accord de l’Académie française devenant indispensable pour que les termes recommandés soient publiés, avec leurs définitions, au Journal officiel. La magistrature morale de l’Académie se trouve ainsi confirmée par le droit, pour le plus grand bénéfice des instances et organismes impliqués dans la défense de la langue française. La féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres : controverse En 1984, le Premier ministre crée une « commission de terminologie relative au vocabulaire concernant les activités des femmes ». Le décret indique notamment que « la féminisation des noms de professions et de titres vise à combler certaines lacunes de l’usage de la langue française dans ce domaine et à apporter une légitimation des fonctions sociales et des professions exercées par les femmes ». L’Académie française, qui n’avait pas été consultée, fait part de ses réserves dans une déclaration préparée par Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss. Elle dénonce en particulier le contresens linguistique sur lequel repose l’entreprise : il convient de rappeler que le masculin est en français le genre non marqué et peut de ce fait désigner indifféremment les hommes et les femmes ; en revanche, le féminin est appelé plus pertinemment le genre marqué, et « la marque est privative. Elle affecte le terme marqué d’une limitation dont l’autre seul est exempt. À la différence du genre non marqué, le genre marqué, appliqué aux êtres animés, institue entre les deux sexes une ségrégation. » Aussi la féminisation risque-t-elle d’aboutir à un résultat inverse de celui qu’on escomptait, et d’établir, dans la langue elle-même, une discrimination entre les hommes et les femmes. L’Académie conteste enfin le principe même d’une intervention gouvernementale sur l’usage, jugeant qu’une telle démarche risque « de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier ». Une circulaire du Premier ministre recommanda, en 1986, de procéder à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres dans les textes officiels et dans l’administration. Elle ne fut guère appliquée. Puis, en 1997, certains ministres du gouvernement préconisèrent pour leur compte la forme féminisée « la ministre », ce qui provoqua une nouvelle réaction des académiciens. Dans une circulaire du 6 mars 1998, le Premier ministre constata le peu d’effet du texte de 1986, mais recommanda à nouveau la féminisation « dès lors qu’il s’agit de termes dont le féminin est par ailleurs d’usage courant ». Il chargea la commission générale de terminologie et de néologie de « faire le point sur la question ». Le rapport de la commission a été remis au Premier ministre en octobre 1998. Il rappelle qu’une intervention gouvernementale sur l’usage se heurterait très vite à des obstacles d’ordre juridique et pratique, et qu’on peut douter, de toute façon, qu’elle soit suivie d’effet. Il établit une nette différence entre les métiers d’une part (où les formes féminines sont depuis toujours en usage et ne posent pas de problème particulier), et les fonctions, grades ou titres d’autre part, qui doivent être clairement distingués de la personne. La fonction ne peut être identifiée à la personne qui l’occupe, le titre à la personne qui le porte, etc. ; pour cette raison, l’utilisation ou l’invention de formes féminines n’est pas souhaitable. »

Pour la féminisation : Ce n’est pas depuis 2019 ? (Voir https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9A3205#zoneOrtho et https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9M2261#zoneOrtho par exemple) Y a-t-il une règle générale (-e ? -ice ?) ?

Pour les termes officiels créés ou empruntés par la Commission de terminologie et de néologie, vous parler de ces mots (à partir de la page 52) : https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/164000218.pdf#page=52 ?

« Vous faites un mastère ? »
Non, pas du tout, je suis bien plus jeune.

le 24 janvier 2021.

Majuscules accentuées : je parlais de votre titre où le E majuscule d' »évolution » n’est pas accentué.
Malheureusement je m’aperçois que nous ne pouvons plus le faire sur ce site, alors que c’était possible encore récemment. (encore un caprice informatique ?)
Même si l’on écrit « DEJA » il ne nous est plus proposé la correction avec les accents…
Quelqu’un a-t-il un truc qui fonctionne pour accentuer le E ?

CATHY LÉVY Grand maître Répondu le 31 janvier 2021

Merci. Je ne l’avais pas remarqué !

Voici quelques astuces pour accentuer les majuscules :
– les lettres Â Ê Û Î Ô Ä Ë Ü Ï Ö se font directement sur le clavier (accent circonflexe ou tréma puis la lettre majuscule comme « touche ^ puis Maj+A ») ;
– ajouter une extension de navigateur comme « LanguageTool » ;
– faire un copier-coller des lettres accentuées suivantes : Ç Ä Å É Æ Ö Ü Á Â À Ã Ð Ê Ë È Í Î Ï Ì Ó Ô Ò Õ Ú Û Ù Ý ;
– utiliser des Alt codes (appuyer sur la touche Alt du clavier puis entrer un code sur le pavé numérique) :
*Ç se fait avec Alt+128
*Ä se fait avec Alt+142
*Å se fait avec Alt+143
*É se fait avec Alt+144
*Æ se fait avec Alt+146
*Ö se fait avec Alt+153
*Ü se fait avec Alt+154
*Á se fait avec Alt+181
*Â se fait avec Alt+182
*À se fait avec Alt+183
*Ã se fait avec Alt+199
*Ð se fait avec Alt+209
*Ê se fait avec Alt+210
*Ë se fait avec Alt+211
*È se fait avec Alt+212
*Í se fait avec Alt+214
*Î se fait avec Alt+215
*Ï se fait avec Alt+216
*Ì se fait avec Alt+222
*Ó se fait avec Alt+224
*Ô se fait avec Alt+226
*Ò se fait avec Alt+227
*Õ se fait avec Alt+229
*Ú se fait avec Alt+233
*Û se fait avec Alt+234
*Ù se fait avec Alt+235
*Ý se fait avec Alt+237

Voilà si ça peut être utile !!

Et si quelqu’un veut bien répondre à ma question initiale ou aux suivantes, merci !

le 31 janvier 2021.

Merci Français mais ça ne fonctionne pas non plus ici.

le 1 février 2021.

Ah, si ! Dans mon titre, j’ai écrit É avec Alt+144 (je viens de faire pareil ici)…

le 1 février 2021.

Quelle est votre question au juste ?
C’est un vaste débat, qui fait couler beaucoup d’encre depuis que la langue française existe, vous n’obtiendrez pas de réponse, et vous trouverez autant d’avis que d’individus.
En revanche, les majuscules non accentuées sont toujours considérées comme des fautes d’orthographe : )

CATHY LÉVY Grand maître Répondu le 24 janvier 2021

Français,

Vous écrivez « Et si quelqu’un veut bien répondre à ma question initiale ou aux suivantes, merci ! »

Dans votre commentaire à la réponse de Prince, vous donnez un texte passionnant qui justement répond largement à votre question, et explique comment la langue a évolué depuis 1990.
Comme je vous l’ai dit dans ma première réponse, le débat est sans fin, et je me permets juste de préciser que ce ne sont pas des recommandations de la part de l’Académie mais une tolérance.
Le texte que vous citez montre d’ailleurs assez clairement à quel point l’Académie s’est opposée à ces modifications ! Les hommes politiques ne sont pas compétents en la matière, me semble-t-il, et n’ont pas autorité pour ordonner l’emploi de ces règles réformées.

Personnellement, en tant qu’enseignante, rédactrice et correctrice, je continue à m’en tenir aux règles d’orthographe traditionnelles, et ça me permet d’être comprise de tout le monde, et de ne pas être soupçonnée de faire des erreurs.
Je suis loin d’être la seule dans ce cas, nombre de mes collègues n’appliquent pas les règles réformées, pour une bonne raison : il est encore plus difficile d’oublier les préceptes que nous avions appris, et de réapprendre de nouvelles règles qui ne sont pas approuvées et sèment le doute plus qu’autre chose.
En ce qui me concerne, le texte n°2 me fait très mal aux yeux et la langue, et je ne le considère pas comme correct.

CATHY LÉVY Grand maître Répondu le 1 février 2021

Bonjour,
Tout d’abord, le texte que j’ai donné est une ré-écriture (réécriture) de celui de Prince sur son lien en bleu (car celui-ci était mal configuré) pour ceux qui souhaitent le consulter sans passer par le code source de la page.

Par « Et si quelqu’un veut bien répondre à ma question initiale ou aux suivantes, merci ! », je souhaitais parler de ces questions :
Aurais-je mal compris l’une des règles de 1990, d’après mon texte ?
Pour la féminisation des métiers, grades, … : Ne serais-ce pas depuis 2019 et non 1999 ? (Voir https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9A3205#zoneOrtho et https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9M2261#zoneOrtho par exemple) Et y a-t-il une règle générale pour ces féminisations (-e ? -ice ?) ?
Pour la mention de Joelle suivante : « Il manque les verbes en eler et eter ( exceptions : appeler et jeter) qui se conjuguent avec è. », le verbe ‘végètera’/’végétera’ n’en fait-il pas partie ?
Pour les termes officiels créés ou empruntés par la Commission de terminologie et de néologie dont Prince parle, sont-ce ces mots (à partir de la page 52) : https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/164000218.pdf#page=52 ?

Ensuite, je ne savais même pas que c’était un débat (Quelle est la question au juste ?) et je comprends tout à fait que certains soient pour et d’autres contre (comme vous) ces rectifications orthographiques.
Ce texte montre que l’Académie française s’est opposé à la féminisation des métiers, grades, …, et non à la R.O, (même s’il me semble avoir lu quelque part que c’était aussi un petit peu le cas).

« Les hommes politiques ne sont pas compétents en la matière, me semble-t-il, et n’ont pas autorité pour ordonner l’emploi de ces règles réformées. »
Je comprends aussi tout à fait votre point de vue. Mais j’ai aussi une autre question : quoique je ne sois pas contre les Immortels et que je les respecte, ne faudrait-il pas qu’ils soient linguistes pour pouvoir réformer des règles et ordonner l’emploi de ces règles réformées ? (Attention, je reprécise ici pour que personne n’imagine que je ne les respecte pas : je comprends tout à fait leur nomination et leurs actions : je me pose juste une question.)

« de nouvelles règles qui ne sont pas approuvées »
Ces rectifications orthographiques ne sont pas approuvées ? Par qui ne le sont-elles pas ?

Et un grand merci pour votre avis et vos réponses !

le 2 février 2021.

Bonjour,

J’observe que 1989 est juste avant 1990… Votre souci concerne-t-il (notamment ?) les R.O. de décembre 1990 ?
Porte-t-il uniquement sur l’accord du PP des verbes pronominaux et les accents (cf. vos indications) ?

Bon après-midi.

Prince Grand maître Répondu le 24 janvier 2021
Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.