Emploi de « être » au passé antérieur ou au plus-que-parfait du subjonctif

Bonjour,

Ma question concerne le choix du passé antérieur ou du plus-que-parfait du subjonctif, à la troisième personne du singulier de l’auxiliaire être.
Pour les phrases suivantes que j’ai lues dans le même livre :

– Il eût été plus judicieux de mentir.
– Le maintien de cette directrice à la tête de l’école eût été préférable.

L’auteur a utilisé le plus-que-parfait du subjonctif alors que j’aurais choisi le passé antérieur « eut été » .

Pourriez-vous m’expliquer le choix du subjonctif pour ces deux phrases ?

Merci à vous.

Pascale

Pascalemarie Débutant Demandé le 26 août 2019 dans Question de langue

Attention, le passé antérieur est un temps de l’indicatif : quand il eut fini son repas, il prit son chapeau et sortit.

le 26 août 2019.

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4 réponse(s)
 

Bonjour,

Dans les deux cas, il faut utiliser le conditionnel passé première forme qui exprime un reproche ou un regret.

Il aurait été plus judicieux de mentir. (reproche)
Le maintien de cette directrice à la tête de l’école aurait été préférable.(regret)

czardas Grand maître Répondu le 26 août 2019

Bonjour Pascalemarie,

Pour utiliser le passé antérieur, il faut un texte au passé simple, une action antérieure à une autre, qu’elle soit terminée, et soit articulée avec une action au temps du récit. Autant dire que c’est rare. Ce temps est l’équivalent d’un passé surcomposé dans un texte au présent parlant du passé :
— Quand il a eu parlé, il s’est incliné. Quand il eut parlé, il s’inclina.

Ici, il n’en est pas question.
Le « eût été » est possible dans vos deux phrases. Ce plus-que-parfait du subjonctif est en effet parfois utilisé comme équivalent du conditionnel passé, souvent sous le nom de « conditionnel passé deuxième forme ».
– Il aurait été plus judicieux de mentir.
– Le maintien de cette directrice à la tête de l’école aurait été préférable.
Si c’est ce sens que vous voulez, le passé antérieur est exclu. On peut simplement hésiter entre les deux formes du conditionnel.

On lit ici ou là que ce sont des équivalents, mais en réalité la deuxième forme est souvent impossible. On ne peut que constater les usages possibles.
* Avec certains verbes, même dans un récit au présent :
— Il pleut, j’eusse préféré du beau temps… oui, mais pas : il pleut, j’eusse dû prendre un parapluie (il faut ici écrire j’aurais dû)
Cette forme dans un récit au présent est donc à limiter à quelques cas de grande subjectivité, et frise souvent l’incorrection sous couvert de style. Mais avec « judicieux » ou « préférable », comme dans vos exemples, c’est possible ; ces phrases sont empruntées mais correctes, le profane y verra de l’élégance, et l’écrivain de la maladresse, les avis sont partagés.
* Dans un contexte passé et uniquement avec une concordance stricte à suivre :
— Comme il pleuvait, il eût été préférable que j’emportasse un parapluie… oui, mais pas : comme il pleuvait, il eût été préférable que j’emporte un parapluie…
* Plutôt à la troisième personne pour éviter les formes en « usse » (ce n’est pas une règle mais un souci de discrétion)

On ne sait pas dans vos phrases si votre récit est au passé simple.
Dans un contexte de passé composé, le conditionnel première forme est nettement meilleur.
— Il a accepté de dire la vérité, alors qu’il aurait été plus judicieux de mentir.
Si en revanche c’est dans un récit au passé simple, le subjonctif plus-que-parfait passe tout seul.
— Il accepta de dire la vérité, alors qu’il eût été plus judicieux de mentir.
En remplaçant « de mentir » par « qu’il mente » ou par « qu’il mentît », le choix est vite fait. « Aurait été » dans le premier cas, et « eût été » dans le » second cas. Il s’agit plus de fluidité que de règles strictes, parce qu’il n’y a pas de règles strictes officielles.

Cette forme ancienne peut être rapprochée du conditionnel passé, mais aussi d’un temps marquant l’hypothèse. Formellement en français moderne, on dit « si je pouvais, je marcherais ». Mais ce vieux subjonctif s’intègre mal au système actuel et est utilisable des deux côtés du « si ». Si j’eusse pu, j’eusse marché : on voit que ce temps peut subsister dans le sens de l’hypothèse (comme l’imparfait) ou de sa conséquence (comme le conditionnel). N’attendez donc pas de réponse stricte, car quand un auteur veut utiliser ce temps, il pourra toujours le justifier s’il imite correctement des usages anciens.

Dans vos phrase à la tonalité moderne, et surtout si le constat est fait au présent, c’est le conditionnel passé première forme qui est le meilleur choix.

Juliette31 Maître Répondu le 26 août 2019

Un grand merci pour vos réponses pointues que j’ai pris le temps de bien lire.

C’est plus clair pour moi maintenant, d’autant que je ne connaissais pas le conditionnel passé deuxième forme.

Il ne me reste plus qu’à travailler sur les réponses que vous m’avez apportées pour me familiariser avec toutes ces nuances.

Bien cordialement,

Pascale

Pascalemarie Débutant Répondu le 26 août 2019

L’auteur a utilisé le conditionnel passé « 2è forme » : il eût été préférable.
Dans la rédaction courante et professionnelle, on peut employer le conditionnel passé : Il aurait été préférable.
Le conditionnel passé exprime une action qui ne s’est pas réalisée dans le passé.

Le subjonctif est le mode qui s’emploie dans les subordonnées et il est formulé avec « que ».
Il faut que tu viennes.
Il fallait qu’il qu’il prît.

Le plus-que-parfait du subj.  « Je pense qu’il eût été préférable » ; ça ressemble mais il faut une subordonnée et la conjonction « que ».
J’espère que c’est assez clair, sinon, vous revenez.

joelle Grand maître Répondu le 26 août 2019

On peut employer le plus-que-parfait du subjonctif sans la conjonction« que»

Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.

le 26 août 2019.

Conditionnel passé à la deuxième forme.

le 26 août 2019.

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