Donateur mais ordonnateur

Répondu

Bonjour,

Je voudrais savoir s’il existe une règle pour la présence de deux ou un seul n avec le suffixe -ateur.

Par exemple, le verbe donner donne donateur (avec un seul n).
Le verbe ordonner donne ordonnateur (avec deux n).

Je me pose la question vis-à-vis du terme sanctionnateur. Un néologisme, certes, mais assez fréquent en droit. Un ou deux n ?

Merci d’avance.

Renaud1974 Érudit Demandé le 15 juillet 2016 dans Question de langue

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Bonjour,

Je n’ai pas encore trouvé d’explication étymologique sur la différence de traitement entre donner et donateur, en revanche, « sanctionnateur » n’est pas un néologisme puisqu’on le trouve dans le Littré :  « adj. m : Qui sanctionne.Pouvoir sanctionnateur, [Journ. officiel, 6 avril 1870, p. 611, 6e col.] »

Ce serait plutôt un mot vieilli et, en effet,  surtout utilisé en droit. D’après le CNTRL : Sanctionnateur, -trice, adj.,vieilli. Qui sanctionne. Pouvoir sanctionnateur. (Dict. xixes.). Burlamaqui, Pufendorf et autres auteurs avouent qu’on ne peut guère donner au droit international sanctionnateur le nom de droit, dans l’exacte précision des termes (Proudhon,Guerre et paix, 1861, p. 107).

Vous pouvez donc l’écrire sans hésitation avec deux « n » je pense !

Evinrude Grand maître Répondu le 15 juillet 2016

Remarque pertinente !

Bien qu’issu du latin donator, le mot a d’abord été francisé en donnateur  (attestation de 1320 selon le CNRTL) avant de reperdre la consonne doublée., sans raison visible, et de figurer ainsi dans les premiers dictionnaires (déjà en 1606 chez Nicot). Vu de notre époque, il s’agit clairement d’une anomalie qu’auraient pu corriger les rectifications de 1990. Un oubli peut-être, mais ce n’est pas le seul. À témoin cette citation d’un dictionnaire analogique que j’utilise régulièrement car très différent des dictionnaires purement alphabétiques :
« Clédat 1930 p. 74, à propos de  la contradiction entre donation et donner, honorer et honneur, sonore et sonner  : ,,il reste à consacrer dans l’écriture l’unité rétablie de ces familles de mots« . »

À défaut d’une opinion de linguiste reconnu, je hasarderais l’idée personnelle suivante : le monde du droit occupe dans la langue une place à part et déroge à maints  usages ou règles du français courant ou même littéraire. La raison en est sans doute la nécessité propre et interne  de maintenir un jargon spécifique au long des siècles qui n’existait pas pour d’autres domaines. On trouve donc, de manière éparse et parfois folklorique, des mots, tournures, acceptions qui n’ont plus cours que dans le monde juridique et choquent un peu le sens commun de nos contemporains.

Un article ayant été consacré par le blogue du Projet Voltaire aux questions de doublements de consonnes, (http://www.projet-voltaire.fr/blog/origines/doubles-consonnes-origine-sens-orthographe-2), je pose la question et vous pourrez y suivre les réponses.

Chambaron Grand maître Répondu le 15 juillet 2016
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Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.