Dictionnaire de référence : Académie française, Larousse ou Robert ?

Bonjour à tous, je me suis toujours posé la question de savoir quel était le dictionnaire de référence. La logique serait le dictionnaire de l’Académie française (il est en ligne à présent, cela aide beaucoup), le Petit Robert, et enfin le Larousse (dans cet ordre).
J’attends vos réactions, merci.

Manuel Grand maître Demandé le 16 janvier 2021 dans Question de langue

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5 réponse(s)
 

Je ne fais que repasser ponctuellement par ici (je ne contribue plus vraiment), mais ce sujet fait partie des thèmes sur lesquels je me bats quotidiennement ailleurs.
La langue française — dont une grande partie des locuteurs se situe, et se situera de plus en plus, hors de France — ne saurait admettre « un » ouvrage de référence quelconque. Elle appartient à ses locuteurs, avec  leurs défauts  et leurs qualités.
Tout au plus peut-on constater que certains auteurs exercent plus d’influence dans certains domaines et sont repris dans leur approche spécifique par d’autres auteurs, devenant ainsi des « références » ponctuelles  comme dans tous les domaines du savoir.
En matière de langue française, il y en a des dizaines et tout dépend de ce que vous recherchez (linguistique, étymologie, grammaire, histoire, stylistique, rhétorique, synonymie, prononciation, typographie, etc.) et surtout de ce que vous en ferez.
Dans tous les cas, les meilleurs « dictionnaires » sont ceux qui citent leurs sources, expliquent, confrontent des points de vue et ne moralisent pas en permanence . Un peu l’anti-portrait de celui de l’Académie française…

Maintenant vous savez pourquoi je ne viens plus sur ce site.
Visage faisant un clin d'œil

Chambaron Grand maître Répondu le 16 janvier 2021

Manuel, vous avez conscience de la responsabilité que vous nous demandez de prendre ?  🙂
Votre question revient à nous demander quel est le meilleur  (ou les trois meilleurs, dans l’ordre) dictionnaire de langue générale, unilingue pour le français…   Je vais tout de même vous donner quelques éléments de réponse. Normalement, vu les règlements régissant l’Académie française, ce devrait être la 9e édition du Dictionnaire de l’Académie française  (sur la Toile ;  accès gratuit ; nouvelle présentation supérieure à celle de la 8e éd.). Toutefois, il faut prendre en compte le fait que l’on attend son achèvement…

Tout dépend de la somme (si on se détermine pour un dico non gratuit) que l’on peut consacrer à son acquisition ou à l’abonnement et de ce que l’on attend d’un ouvrage dictionnairique général… A ce dernier  égard, on n’achète pas indifféremment le P.LI. ou le Grand Larousse illustré (ce n’est pas parce que le second est « plus complet » que le premier, contrairement à ce que l’on peut croire…).

Un critère essentiel pour moi est l’actualisation périodique, à des dates pas trop éloignées (quel que soit le support : papier, électronique, cédérom). Par ex. , le dico doit contenir les R.O. de 1990 (dans chaque article, ou, au moins, dans une rubrique à la fin de l’ouvrage).

Vous comprendrez pourquoi il n’est pas possible de préférer  à cet égard le Trésor de la langue française même « informatisé »  (TLFi). N.B. Son  supplément (17e tome) est une base de travail (il est prévu qu’il soit publié à la faveur d’une réédition complète du TLFi).

En revanche, notamment les dictionnaires  usuels le PLI et le Petit Robert remplissent ce critère réédition – elle est annuelle au cas particulier. J’ajoute que ce sont ces  dicos qui servaient de référence pour les fameux Dicos d’Or (1985-2015) de B. Pivot.

Allez ! Je vais me « mouiller » un peu : Sachez qu’outre ces deux dict. usuels, je me sers sur ce site, dans l’ordre, notamment du Dct. de l’Ac. fr., du Grand Robert de la langue française et du TLFi. 

Désormais, c’est à vous de sélectionner un dico compte tenu de ces critères et, éventuellement, d’autres (que mes collègues pourraient vous donner,  ou bien qui peuvent vous être personnels).  🙂

Prince Grand maître Répondu le 16 janvier 2021

Merci Prince pour cette réponse, pas simple je sais. Pour moi le dictionnaire de l’Académie française est en quelque la référence ou plutôt « l’arbitre » de ceux qui actualisent le Larousse ou Petit Robert par exemple. Je pense que tous les dictionnaires regardent ce que dit l’Académie française avant de rédiger leur avis, parfois d’accord ou non.
Merci encore.

Manuel Grand maître Répondu le 16 janvier 2021

Manuel, je ne peux pas vous désapprouver ! La Compagnie est une institution officielle, à la différence des sociétés commerciales qui éditent des dicos de langue gén. 

En ce qui concerne l’actualisation, n’oubliez pas les addenda. 

Ac. fr. :

« Les évolutions rapides de l’usage et, en particulier, le développement sans précédent du vocabulaire des sciences et des techniques, appellent, étant donné l’étalement de la publication du Dictionnaire de l’Académie française (tome 1 en 1992 ; tome 2 en 2000 ; tome 3 en 2011), l’addition de termes qui étaient peu employés au moment de la rédaction des tomes. Ces addenda sont d’ores et déjà consultables sur notre site ; ils figureront également en annexe dans le quatrième tome du Dictionnaire. »

Prince Grand maître Répondu le 16 janvier 2021

Merci de vos réactions. J’avais déjà eu l’occasion de m ‘entretenir avec une personne de l’Académie française, le but de ce dictionnaire est de ne pas aller trop vite, laisser le temps, que ces mots soient bien validés. En gros si vous allez trop vite à accepter les nouveaux mots et des variantes de mots, vous êtes encore dans une sorte de néologisme, « patience » est la clé (clef : toujours l’orthographe de référence malgré l’usage contraire). La peur de changer le langage, que les grands auteurs ne soient plus compris, c’est la crainte de l’Académie française.

Manuel Grand maître Répondu le 17 janvier 2021

L’Académie prétend « enregistrer l’usage » (selon ses nombreuses déclarations) mais distille en permanence des « conseils ». Elle vit sur ce paradoxe qui ne semble pas la gêner mais qui agace le monde universitaire qui passe en vain son temps à proposer des approches différentes ou des améliorations rationnelles.
Pour les graphies, l’affaire des « auteurs non compris » est d’une stupidité rare : touts les auteurs anciens, de Villon à Hugo, sont régulièrement réédités avec des mises-à-jour (orthographiques ou sémantiques) ou des annotations qui les rendent accessibles à tous.
En conclusion : quitte à faire hurler certains, utilisez comme entrée principale (portail) le Wiktionnaire. Non en tant que dictionnaire même, mais comme « ventilateur » vers les différentes sources lexicales, linguistiques, étymologiques, picturales, etc. Cela vous permettra de faire à chaque fois votre propre cuisine en dosant vos centres d’intérêt…

le 17 janvier 2021.
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