Devait ou aurait dû

Bonjour,
Quelle est la différence entre
 » Aujourd’hui on aurait dû y être  »
 » Aujourd’hui on devait y être  »

De plus il me semble que l’on peut dire  » en moment même on devrait y être  »

J’ai également une autre question qui n’a strictement rien avoir
Pouvons-nous utiliser si+pqf= Conditionnel passé pour une action future ?
Exemple
 » si j’avais pris mon billet d’avion il y a 1 mois, je serais parti demain »
Ou
 » Si j’avais invité trop de monde à mes essayages la semaine prochaine , il y aurait eu trop d’avis  »

Merci ! Belle soiree

Alba14 Érudit Demandé le 12 avril 2020 dans Conjugaison

J’ajouterais à cela, que le conditionnel passé sert à exprimer un regret  » passé  » mais ça ne me choque pas de dire dans un dialogue
 »-j’aimerais que tu viennes me voir demain’
– je ne pourrai être là
– dommage, ça m’aurait fait plaisir de te voir  »
Avez-vous une explication qui pourrait m’éclaircir

le 12 avril 2020.

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6 réponse(s)
 

Aujourd’hui on aurait dû y être : le conditionnel passé exprime une action qui n’a pas eu lieu dans le passé ; la suite logique est « et nous n’avons pas fait cela ».
Aujourd’hui on devait y être  : l’imparfait me paraît plus difficile à justifier ; c’est un temps du passé qui exprime une action qui dure dans le passé, une habitude passée ou une description. Une seule possibilité éventuellement, « on devait y être et on y a été ». L’action a eu lieu.   Il faut un peu plus de contexte.

Vos phrases : si+PQP==> conditionnel passé = sont correctes.

joelle Grand maître Répondu le 13 avril 2020

Aujourd’hui on devait y être
Donnons une suite :
Aujourd’hui on devait y être et on y estOn voit alors que les deux faits « devoir » et « être » ne se situent pas dans le même temps.
Si on développe un peu :
On avait bien compris hier qu’on devait y être aujourd’hui et on est bien auprès de lui aujourd’hui.
La première proposition est à l’imparfait, ce qui est normal, puisqu’elle se situe dans le passé, la seconde se situe dans le présent.

L’imparfait n’est pas employé pour une action qui dure mais pour un fait (action, événement, réflexion…) qu’on saisit dans son déroulement. Exemples :
Il regarda par la fenêtre : un éclair zébrait le ciel, éclairant brutalement  le jardin.
Il regarda par la fenêtre : un éclair zébra le ciel, éclairant  brutalement le jardin.

La durée du fait (zébrer) est la même; seul change l’angle de vue. L’imparfait nous place à l’intérieur, le passé simple nous fait voir le fait dans sa globalité, comme un élément d’une succession de faits.

On aurait dû y être, (ce jour-là, mais sans moyen de transport, comment aurions-nous pu faire ?
On est réellement dans le passé ou bien, avec le passé du conditionnel, on considère le fait  comme irrémédiablement raté (c’est un effet de style).
On devrait y être en ce moment : est une simple constatation d’un fait irréel  (que peut-être on regrette)

Tara Grand maître Répondu le 13 avril 2020

Merci de vos réponses.
Si j’ai bien compris il est préférable d’employer le conditionnel pour ce type de phrases ( actuellement on devrait être à Londres mais malheureusement ça a été annulé) c’est une sorte de regret dans le présent ?
De plus lors d’un dialogue, pouvons-nous exprimer un  » futur » avec un conditionnel passé, il me semble que non mais cela ne choque pas de dire
– j’ aimerais que tu viennes demain
– je ne serai pas là
– dommage, ça « m’aurait fait plaisir de te voir »

Encore merci de vos réponses très belle journée

Alba14 Érudit Répondu le 13 avril 2020

Bonjour,

Pour la première question, l’imparfait peut en effet avoir une valeur d’irréel du passé et alors venir concurrencer le conditionnel passé.

On aurait dû être à Londres, mais malheureusement ça a été annulé.
=
On devait être à Londres, mais malheureusement ça a été annulé.

La différence n’est pas de sens, mais de style : avec le conditionnel passé on a possiblement une perception moins « vivante », plus distanciée qu’avec l’imparfait.

Voici des exemples authentiques.

Quant à la valeur « regret », ce n’est pas tant le conditionnel passé qui la donne, que le contexte. Avec un autre contexte, on aurait par exemple une valeur « soulagement » :

Le bâtiment aurait dû être détruit, mais heureusement la décision a été annulée.

 

Pour la deuxième question, oui, ce sont des cas d’irréels du futur. Voir par exemple ici :

Or on peut dire à midi « Si tu étais venu ce soir, je t’aurais emmené au cinéma », ce qu’on ne peut interpréter autrement que comme irréel du futur.

C’est la même chose que pour le dialogue :

(si tu étais venu demain), ça m’aurait fait plaisir de te voir (malheureusement, tu ne viendras pas).

 

phil-en-trope Grand maître Répondu le 13 avril 2020

– j’ aimerais que tu viennes demain
– je ne serai pas là
– dommage, ça « m’aurait fait plaisir de te voir

Le conditionnel a ici une valeur modale et non temporelle.
Dommage, ça me ferait plaisir de te voir : on a une hypothèse, même si elle est niée par le « dommage »
Dommage, ça m’aurait fait plaisir de te voir (si cela avait été possible) : on exprime un irréel avec le conditionnel passé. La valeur d’irréel est plus forte.

Ci-dessous, il est un futur du passé
Un futur simple : Il lui annonça qu’il partirait tôt. (Il lui annonce qu’il partira tôt)
Un futur antérieur : Il l’assura qu’il serait reparti avant que la séance se termine. (Il l’assure qu’il sera reparti avant que la séance se termine).

Tara Grand maître Répondu le 13 avril 2020

Merci beaucoup pour toutes vos réponses très pertinentes et rapides

Alba14 Érudit Répondu le 13 avril 2020

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