Des compléments d’objet non-essentiels ?

Bonjour,

Ma question est la suivante : comment appelle-t-on ces compléments qui peuvent s’insérer dans une phrase et prendre la forme d’un COI ou d’un COD, à la différence près qu’on peut les retirer de la phrase sans en changer le sens de façon drastique, chose non-réalisable avec des compléments d’objet canoniques ?
Des exemples :
« Il me faut partir. »
« Son petit chien lui était si cher…. »

Quelle serait donc la fonction des mots en italique ?

Dasmaka Amateur éclairé Demandé le 21 septembre 2026 dans Question de langue

Pour vous améliorer en orthographe, testez les modules d’entraînement du Projet Voltaire :

3 réponse(s)
 

Il me faut partir – 
Son petit chien lui était si cher

Dans la première phrase on a affaire à une forme impersonnelle « me »  est  le sujet réel (il  le sujet grammatical)
Il me faut partir a le sens de : je dois partir ( –> il faut moi partir)
Pour la seconde, « lui » est simplement complément d’objet indirect : le chien est cher (important) pour lui.
Dans les deux cas, du reste, on ne peut enlever le pronom sans changer de sens, même si l’énoncé reste lisible :
Il faut partir- son petit chien est si cher : ici même l’adjectif prend un autre sens.

Mais pouvoir être retiré sans que la phrase soit impossible  n’est pas une particularité du complément indirect :
Je [lui] apporte une tasse de thé – cette personne [me plaît] beaucoup

Tara Grand maître Répondu le 22 septembre 2026

Merci pour votre réponse.
Vous montrez bien qu’il ne se suffit pas à lui seul, mais la suppression reste un critère d’identification fiable pour les compléments d’objet, non ?

Et je pense qu’il y a de meilleurs exemples à trouver que ceux que j’ai donnés, avec des pronoms qu’on pourrait retirer sans changer le sens de l’énoncé.
Prenons ce nouveau cas : « Cette petite embarcation me semble abandonnée. » Ici, le pronom ajoute une nuance quant à la perspective du locuteur, mais je ne trouve pas qu’il influence vraiment le sens global de la phrase.  Pourtant, je le qualifierais sûrement de COI si je tombais dessus par hasard.  Après bien sûr, l’effaçabilité n’est pas un critère absolu.

le 22 septembre 2026.

Les manipulations des énoncés sont souvent intéressantes mais il faut bien comprendre que la suppression d’un élément entraîne toujours un changement de sens.
Quand vous enlevez le COI dans la phrase : cette petite embarcation (me) semble abandonnée, le sens est modifié, même s’il vous paraît très proche de la formulation précédente.
Ce qu’il advient parfois,  c’est que la phrase n’est alors plus grammaticale.
Exemple  je porte ma valise jusqu’à la gare > Je porte jusqu’à la gare n’est pas grammatical. Le verbe a « besoin » d’un COD.
Ou encore : demain je vais à l’école > demain je vais* est agrammatical.
Le verbe a besoin d’un complément de lieu.
Ces compléments sont dits essentiels.
Mais attention : certains verbes transitifs (qui demandent un COD) permettent l’élision de ce COD.
Exemple : Tu me déranges : je mange. Le COD n’est pas exprimé mais il existe obligatoirement. Simplement, le locuteur n’a pas envie, besoin, de l’exprimer.

Le COD est en effet un complément essentiel de certains verbes, qu’il soit ou non exprimé ou sous-entendu.
D’autres compléments sont essentiels à certains verbes (ex : aller + CDL

le 23 septembre 2026.

Je ne suis pas sûr qu’il y ait un mot quelconque pour ce type de spécificité.
Dit autrement, il n’existe des appellations techniques que pour les fonctions des éléments effectivement exprimés dans une phrase. Ce n’est pas une caractéristique significative que de pouvoir être utilisé ou non dans une phrase, 
On peut éventuellement penser au terme très général d’amovible qu’on emploie par exemple pour une incise, mot ou groupe de mots entre virgules ou entre parenthèses qu’on peut retirer sans affecter le sens.

Chambaron Grand maître Répondu le 22 septembre 2026

Son petit chien lui était si cher….
Complément de l’attribut, et non COD. Il est essentiel, puisque dans ce sens-là, quelque chose/qq est cher à quelqu’un.

Cette petite embarcation me semble abandonnée
Le complément de l’attribut (et non d’objet direct) est sémantiquement essentiel : quelque chose semble X (obligatoirement) à quelqu’un, mais il ne l’est pas syntaxiquement. En son absence on réfère à une personne indéterminée (un on), tandis que sa présence implique directement la personne désignée :

– Cette maison semble abandonnée.
– Elle te semble abandonnée, à moi, elle semble tout à fait habitée.

Voici des exemples de compléments non essentiels :
Je lui ai préparé un bon repas (datif d’intérêt).
Je te lui ai préparé un bon repas (datif éthique).

marcel1 Grand maître Répondu le 23 septembre 2026

Pour ne plus vous poser cette question ni tant d'autres,
découvrez les modules d’entraînement en orthographe et en expression du Projet Voltaire :

Votre réponse
Question orthographe est un service proposé par Woonoz, l'éditeur du Projet Voltaire et du Certificat Voltaire.