COS et COI : intérêt de la distinction ?

Bonjour,

En mon jeune temps, ne régnaient que les COD et les COI. Il m’a fallu attendre un âge vénérable  et devenir grand-père pour découvrir l’existence d’un nouveau complément du verbe, le complément d’objet second (COS).
Un COS n’étant qu’un COI flanquant un COD, qu’a-t-on gagné à le mettre en valeur ? (Et à l’enseigner en classe).

Merci pour vos lumières.

e_magnin Grand maître Demandé le 10 avril 2019 dans Général

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4 réponse(s)
 

Totalement d’accord avec la question posée sous forme de remarque : le COS ne sert à rien car il ne permet pas ce qui est la finalité de cette règle, à savoir l’accord du participe avec le COD placé avant. La distinction avec le COI est plus pertinente.
En formation d’adultes, j’exclus cette référence au COS et on s’en porte très bien.
La grammaire ! Il y aurait beaucoup à dire…
Mais j’ai appris le COS à l’école et je n’ai jamais bien compris à quoi il servait de le reconnaître,sinon pour avoir une bonne note.

joelle Grand maître Répondu le 10 avril 2019

Ah, joelle, je me sens mieux…
Merci.

le 10 avril 2019.

Bonjour,

Le C.O.I. prend le nom de C.O.S. lorsqu’il est employé dans une phrase où figure déjà un C.O.D. ou un C.O.I.

Voici quelques exemples pour fixer les idées.

1 ─ On attribue ce tableau à Léonard de Vinci.
tableau C.O.D. ; Léonard de Vinci C.O.S.

2─ L’aubergiste nous a servi du jambon de pays.
jambon C.O.D.  ; nous C.O.S.

3─ L’ami à qui j’ai prêté ce disque ne me l’a toujours pas rendu.
disque C.O.D. du verbe prêter ; qui C.O.S  du verbe prêter ; l’ C.O.D. du verbe rendre me C.O.S. du verbe rendre.

4─Je lui ai bien entendu parlé de mes projets.
projets C.O.I. ;  lui C.O.S

czardas Grand maître Répondu le 10 avril 2019

Je sais ce qu’est un COS.
Je voudrais savoir pourquoi on a eu l’idée de créer cette catégorie du  « COI qui ne s’assume plus dès qu’il y un COD ».

Qu’est-ce qu’on y gagne ?
Je le rappelle, je vivais heureux avec mes COD et mes COI.

le 10 avril 2019.

Nous venons de le voir dans des réponses aux dernières questions sur ce site, des analystes vicieux considèrent en effet que puisque dans une forme pronominale, le pronom ‘se’ jouant un rôle de cod, le complément qui suit le verbe n’est donc pas un coi mais un cos (il s’occupe de moi). Mais cela n’apporte rien.

D’ailleurs un cos n’est pas qu’un coi suivant un cod (ce serait inutile mais simple, et il suffirait de dire un cod et un coi), mais c’est aussi parfois aussi un coi suivant un coi.
Je parle de cela à Paul. Je parle à Paul de cela. Les deux compléments sont coi. On parle de quelque chose, on parle à quelqu’un. Quel coi est le premier, lequel est le second ?
Je n’ai jamais trouvé de nécessité grammaticale à séquencer formellement les compléments. Mon prof de 65 ans en cinquième en 1983 tenait pourtant déjà à la différence, ce n’est donc pas une lubie récente, et je pense que c’est lié à un programme de l’Education nationale de ces années-là, c’est-à-dire au vice d’un fonctionnaire, qui s’est transmis, en milieu fermé, de fonctionnaire en fonctionnaire, et non à une précision utile apportée par un grammairien.
Dans « je dis ceci de cela à Paul », on a trois compléments, un direct, et deux indirects. Lequel serait le second ? Lequel serait le tiers ? Et faudrait-il alors nommer le second deuxième ? C’est idiot.
Qu’on puisse trouver une nuance sémantique dans l’ordre des compléments dans la phrase, je peux l’admettre, mais une nuance formelle de construction, je n’y crois pas, y compris dans les formes dérivées avec pronoms (je lui en parle, je lui en ai dit du bien, je le lui ai dit…), l’ordre des pronoms n’obéissant pas à des raisons sémantiques.

Je penche donc comme vous pour une escroquerie ; il nous suffirait d’un exemple pour être convaincu de l’intérêt de la nuance, mais je n’en ai jamais vu. Le cos, c’est « des petits fonctionnaires, pour justifier leur salaire, disent à des petits profs ce qu’ils doivent enseigner pour créer le maximum de dégâts dans les esprits des enfants ». Plus le niveau des profs baisse, plus ils s’en remettent aux fonctionnaires plutôt qu’aux grammairiens. Mais des grammairiens honnêtes devraient réussir à faire la peau à cette notion parasite de complément d’objet second. Il faudrait étudier la chronologie de l’apparition de ce concept dans les grammaires et programmes scolaires pour toucher la motivation de ses défenseurs.

numeric Maître Répondu le 10 avril 2019

Je signe la pétition dès qu’elle sort.

le 10 avril 2019.

Bonsoir,

A mon sens, l’appellation complément d’objet second poursuit le double objectif suivant :
1° dans les très nombreuses phrases à double complément* du type S +V + C.O.D. + C.O.I., cette appellation permet de distinguer le complément d’objet qui peut être considéré comme principal du complément d’objet qui ne l’est pas.La terminologie grammaticale  traduit cela puisque ce CO.I. est qualifié d’objet second ou secondaire et le CO.D. d’objet premier (cf. par. ex. Le Bon usage). Il s’agit donc d’obtenir une meilleure compréhension de la composition phrastique (de la part des élèves par ex.) ; 
2° remplacer la notion de complément d’attribution, sujette à divergences et à critiques, notamment quant à son périmètre.
________________________________________________________
* Verbes ditransitifs ou à double complémentation. 

 

Prince (archive) Débutant Répondu le 10 avril 2019

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