Conditionnel

Bonjour,

Une collègue me demande de corriger un e-mail mais je bloque sur une phrase.

Elle a écrit : En revanche, si vous ne pouviez pas vous déplacer, pourriez-vous nous faire parvenir un avis écrit ?

Ne serait-ce pas plutôt  » En revanche, si vous ne pouvEZ pas vous déplacer, pourriez-vous… » ?

Merci d’avance pour votre aide.

Cordialement,

Marine

Marine171086 Membre actif Demandé le 10 novembre 2020 dans Conjugaison
5 réponse(s)
 

Les deux temps sont possibles avec une nuance de sens.

En revanche, si vous ne pouvez pas vous déplacer, pourriez-vous nous faire parvenir un avis écrit ?

En revanche, si vous ne pouviez pas vous déplacer, pourriez-vous nous faire parvenir un avis écrit ?
L’imparfait ici n’a pas sa valeur de temps du passé mais de supposition. Son emploi exprime un degré de doute plus grand.

Tara Grand maître Répondu le 10 novembre 2020

La langue française ne cesse de me surprendre 🙂

Merci beaucoup pour votre aide.

Cordialement,

Marine

Marine171086 Membre actif Répondu le 10 novembre 2020

Je pense comme vous que c’est le présent qui convient quand on donne des instructions.

Vous connaissez les deux constructions classiques :
S’il fait beau, vous sortirez : présent dans la condition + futur dans la conséquence = préparation.
S’il faisait beau, vous sortiriez : imparfait dans la condition + conditionnel dans la conséquence = théorie.

Dans votre courrier, vous parlez à votre client, vous organisez un déplacement, vous donnez des instructions, c’est la construction présent + futur qui est adaptée.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, je vous appellerai. = Voici comment nous ferons demain dans ce cas.
Si vous ne pouviez pas vous déplacer, je vous appellerais. = Voici comment nous ferions si l’hypothèse se présentait un jour.

Votre problème est que la deuxième partie de votre phrase, qui a pourtant un sens de futur, n’est pas conjuguée à l’indicatif futur. Pire, on y trouve un conditionnel, mais ce conditionnel est juste un conditionnel d’injonction polie.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, merci de nous faire parvenir…
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, faites-nous parvenir…
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, vous nous ferez parvenir…
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, pourriez-vous nous faire parvenir…
Si les trois premières formulations vous conviennent, construisez la quatrième avec le même temps, le présent, sans vous laisser influencer par le conditionnel de politesse qui suit.

Adrian Amateur éclairé Répondu le 10 novembre 2020

Je vous remercie pour toutes ces précisions très éclairantes.

En effet, la deuxième partie de la phrase marque une sorte de précaution polie. Mais est-ce pour autant une faute grammaticale ?

Cordialement,

Marine

Marine171086 Membre actif Répondu le 10 novembre 2020

Re Marine,

Le conditionnel de politesse dans la deuxième partie de la phrase est possible dans tous les cas, et n’est pas une faute grammaticale. Mais il ne commande aucunement le mode ou le temps utilisé dans la subordonnée en « si ». C’est le sens de votre courrier qui commande le présent.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer demain, vous nous écrirez.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer demain, pourriez-vous (dans ce cas) nous écrire ?
Ce n’est pas une faute grammaticale d’utiliser l’imparfait dans la condition, mais le sens de votre courrier devient différent, et ce n’est pas le sens que vous souhaitez.
Si un jour vous ne pouviez pas vous déplacer, vous nous écririez.
Si un jour vous ne pouviez pas vous déplacer, pourriez-vous (dans cette hypothèse) nous écrire ?
Non, le conditionnel de politesse dans la conséquence ne doit pas s’accompagner d’un imparfait de politesse dans la condition.
Il est vrai qu’on le trouve de façon erronée dans des courriers utilisant des excès de précautions :
Si vous veniez demain, pourriez-vous vous inscrire ?
Mais des situations plus concrètes montrent que c’est à tort.
On dit :
Si cela vous déplaît, pourriez-vous sortir, Monsieur ?
et non ;
Si cela vous déplaisait, pourriez-vous sortir, Monsieur ?
On n’est pas dans l’hypothèse théorique.
L’imparfait dans la condition n’est une faute par nature, mais donne un sens à la phrase qui n’est pas celui que nous souhaitons ici.

Adrian Amateur éclairé Répondu le 10 novembre 2020
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